Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

active 16th century Louis Meigret · Chapitre 40 sur 87

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Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

D, th, & t.

Je treuve encor' que nous abusons de ce g en tous vocables, esquelz nous le faisons final comme ung, chacung, besoing. Car je ne voy point que les François ayent aucune prolation finissant en g. Au fort si vous en trouvez c'est la rayson que vous l'escriviez ainsi, sinon, c'est abus de l'escrire.

 

D, th, & t.

Venons maintenant au reste des consonantes selon qu'elles ont entre elles quelque convenance de voix, & prenons celles dont les Grecz font leur tierce conjugaison, comme D, θ, T, que nous, & les Latins figurons par d, th, & t: lesquelles ne sont entre elles differentes que de prolation plus forte, ou plus remise: & se forment toutes d'ung hurtement de langue aux premieres dens de dessus, fort en th, moindre au t, & foible au d.

 

Advenir. Ad.

Or quant à l'usage je ne treuve point la puissance du d, avoir esté corrompue: mais il me semble que nous en abusons en superfluité, & mesmement es vocables tyrez de la langue Latine, comme en advenir, admonestement, advisé, & finablement en tous noms, & verbes Latins composez avecq' la preposition ad: combien qu'au demourant nous le luy ayons osté, quant il est simple, comme quant nous escrivons, d'icy à peu de jours j'yray à la romaigne, nous n'escrivons point de d avecq' a, combien qu'il soit tyré du mesme ad, dont est tyré admonestement, & adversaire, & n'est non plus de mention du d, es ungs qu'es autres, parquoy il est superflu.

 

Abus du t, pour s.

Quant au t, je treuve que nous l'avons corrompu luy faisans faire l'office de s.