Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise
Aymoient venoient.
Les quelles letres se treuvent entrelassées en la tierce personne du plurier des verbes du preterit imperfect, comme en aymoient, venoient, disoient: es quelz si nous lisons la derniere syllabe entiere comme la rayson de l'escriture le requiert, je vous laisse à penser de quelle mauvaise grace sera la prononciation: & s'il fault comme la raison le veult que nous lisions moient en aimoient, tout ainsi que nous le faisons en moien. Or pour remedier à cecy, & que nostre escriture soit plus courte & plus lisable, il nous fault recorir à la prononciation ainsi qu'ung peinctre recourt au vif ou à l'ordonnance qu'il suyt pour corriger son pourtraict.
Oé.
De vray il me semble que nous ne proferons à parler proprement en françois que la diphthongue oé avecq' le t, en queue, laquelle j'entens estre de l'o & é ouvert long: de sorte que ceste derniere syllabe n'est en rien differente de celle de la tierce personne du singulier, sinon d'autant que l'e du plurier demande plus longue prononciation, que celuy du singulier: