Vertig (French Edition)
7 - Ava
7
Ava
Comme tous les dimanches matin, je vais courir jusqu’à ce que mes muscles crient au supplice. Je longe le chemin qui borde le fleuve et ne rebrousse chemin que lorsque je me sens purifiée de la soirée de la veille, tout alcool éliminé de mon corps. Le calme des lieux à cette heure m’aide à tourner la page : je croise de temps à autre une poignée de pêcheurs ou des promeneurs de chiens, c’est tout. Un brouillard dense flotte sur les eaux brunâtres, si bien que je n’y vois pas à trois mètres.
Je laisse mon esprit vagabonder et repense à ma conquête d’hier soir. D’habitude, l’apparence de ces hommes se floute dans mon esprit dès que je sors de L’Absinthe ou de leur appartement. Il m’arrive d’en recroiser à la boîte de nuit, mais si eux me reconnaissent, je suis, pour ma part, frappée d’une amnésie totale sur nos ébats.
Pourquoi est-ce que je me souviens de Smiley ? Je revois son visage, ses yeux emplis de tristesse. Forcément, ça me change des regards libidineux et des mains au cul. Peut-être est-ce son désir de se perdre dans l’autre qui trouve une résonance en moi. Il m’a semblé qu’il cherchait à étouffer une douleur… ou alors, je délire complètement, et c’est le signe qu’il faut que j’arrête de draguer des mecs en boîte ! Mais il y a eu aussi sa manière de me demander mon prénom au moment de mon départ…
J’accélère. N’importe quoi ! Je m’en balance, de ce type. Dégage de ma tête ! J’ai obtenu ce que je souhaitais, je dois passer à autre chose à présent.
La purée de pois s’épaissit, ma foulée s’allonge, et à courir comme une dératée sans réfléchir, je ne vois pas le bâton abandonné au milieu du sentier. Mon pied gauche bute dessus, et je m’étale de tout mon long dans les cailloux. L’avant-bras avec lequel j’amortis ma chute est méchamment éraflé.
Fin de la course. De toute façon, il fallait écourter, j’ai ce rendez-vous que Betty a organisé hier et je n’aime pas être en retard.
Je quitte le sentier pour rejoindre le parking où est garée ma voiture. En passant, j’attrape un chiffon propre dans le coffre. Pas envie de pisser le sang sur mon parquet neuf.
J’ouvre mon agence avec ma clé et tombe aussitôt sur Betty, plantée derrière la porte.
– Bonjour, Ava ! Belle journée, n’est-ce pas ? me lance-t-elle avec son éternelle jovialité, en dépit du temps maussade.
Nous devions nous retrouver pour parler de la décoration des lieux : je sais qu’elle veut me convaincre d’accrocher des tableaux aux murs. L’entretien est une diversion bienvenue.
– Tu as du désinfectant ? lui demandé-je.
Elle grimace en découvrant ma blessure.
– Tu ne t’es pas ratée ! Je te l’ai toujours dit : le sport, c’est dangereux ! Attends ici, j’ai ce qu’il faut.
Betty trottine vers une salle de rangement dissimulée par des plantes qu’elle a installées la semaine dernière. Petit à petit, elle essaye de rendre l’agence plus cosy, je l’ai bien remarqué. Si je n’y prends pas garde, il y aura bientôt des petits cœurs sur les poignées de porte.
Elle revient avec une trousse à pharmacie. Sa robe rétro jaune citron me brûle la rétine. Qu’il pleuve ou qu’il vente, on dirait que Betty débarque tout juste de la Côte d’Azur des années cinquante. Elle ne porte que des tenues vintage et circule en Vespa rose. Enthousiaste, gourmande, avenante, elle est mon antithèse. À mes côtés depuis la création de VertiG il y a six ans, je crois que je peux la qualifier d’amie, et elle devrait être canonisée pour ça. Mis à part en matière de décoration intérieure où elle a des goûts déplorables, je lui fais entièrement confiance, et c’est pourquoi elle est devenue mon associée l’année dernière.
– Tiens, dit-elle en me tendant une trousse de secours rose fuchsia. J’ai pensé à des reproductions de Klee ou peut-être Kandinsky…
– Des lithographies, Betty, ou des photos en noir et blanc, mais pas de trucs criards.
– Tout de suite les grands mots, soupire-t-elle. De la vie, c’est ce que je veux apporter à cet endroit ! Rends-toi présentable, on en reparle après !
J’opine, même si pour moi, c’est tout vu. Pas. De. Couleur. On fabrique pas des cupcakes ici, merde !
À l’étage, je prends une douche brûlante, puis je couvre la plaie comme je peux avec des pansements trop petits. Après un passage sur la balance, j’enfile un tailleur-pantalon avec un chemisier crème et me maquille sobrement. Pour parfaire mon apparence, je noue mes longs cheveux en chignon.
8 h 50. Je demande à Betty de me monter un thé vert, puis je chausse mes lunettes et me plonge dans le document qui me présente brièvement le candidat que je vais recevoir. Je ne possède que peu d’informations sur lui : son nom, son âge, une courte description physique et, enfin, l’impression générale de Maud, l’une de mes recruteuses. Elle est forcément subjective, mais avec le temps, j’ai appris à me fier à l’avis de ma collaboratrice.
– Et une boisson insipide, une ! fait Betty en posant une tasse sur mon bureau. Tu ne préférerais pas un bon chocolat chaud, plutôt ?
– Non.
– Mon samedi s’est très bien déroulé, c’est gentil de demander, merci, Ava !
À elle non plus, je ne demande jamais comment elle va, et elle aime ironiser à ce sujet.
– J’ai commencé mes leçons de poterie et j’ai réalisé un superbe vase qui siérait bien sur ta console ! m’apprend-elle.
Elle éclate de rire face à ma mine déconfite, puis me propose :
– On mange ensemble à midi ?
– Non. Je vais chez Inès.
– Tu as 28 ans, Ava. Tu n’es pas obligée de passer tous tes repas dominicaux chez môman !
– Merci pour le thé, Betty, dis-je pour couper court à cette discussion que je ne veux pas avoir.
En quittant la pièce, mon associée regarde sa montre vert pomme.
– Il est neuf heures. Je vais le bouffer, le nouveau.
Sa remarque m’arrache un sourire. Betty est la gentillesse incarnée, mais le manque de ponctualité la hérisse.
Une dizaine de minutes plus tard, la sonnerie retentit. Quelques mots échangés entre mon assistante et le retardataire, puis leurs pas sur les marches métalliques menant à la mezzanine me parviennent.
Ma porte s’ouvre.
– Oliver Astier, annonce Betty d’une voix glaciale.
Je me lève et tends une main au nouvel arrivant. C’est un charmant brun au visage espiègle et doux.
Il me faut quelques secondes pour l’accepter, mais il n’y a aucun doute possible.
C’est Smiley.
Main dans la main, nous nous observons un bref instant. J’attends une étincelle de reconnaissance dans ses yeux qui ne vient pas.
– Ava Langlois, me présenté-je alors en m’éclaircissant la voix. Vous désirez une boisson ?
Smiley s’assoit, se relève aussitôt.
– Oui, d’accord. Un café, s’il vous plaît.
Je me tourne vers mon assistante.
– Et un autre thé pour moi, Betty.
Je n’ai pas terminé le précédent, mais je comble comme je peux. Je suis ébranlée de tomber sur ma conquête d’hier soir et j’ai horreur de ça.
– Excusez-moi de vous dire ça, mais elle me terrifie, chuchote Oliver en désignant du pouce l’endroit où se trouvait mon assistante une seconde auparavant.
Sa voix me ramène aussitôt à ce qu’il m’a lancé alors que je quittais la courette de L’Absinthe.
Attends ! Comment tu t’appelles ?
– Ne vous en faites pas pour elle, le rassuré-je, sans préciser que Betty serait capable de mettre du laxatif dans son breuvage pour le punir de ses quelques minutes de retard. C’est moi qui dirige ici.
– Le dinosaure blond platine me fait plus peur que vous. Ça doit être le contraste, comme un adorable bambin qui vous sauterait à la gorge, plaisante Oliver.
Manque de bol, les remarques sur le physique des gens me révulsent. Ce qui me fournit un excellent motif pour ne pas mener cet entretien à son terme. Je pose mes deux paumes sur le bureau et me redresse.
– Monsieur Astier, notre collaboration ne va pas être possible. Navrée de vous avoir fait venir pour rien.
Il écarquille ses billes noisette.
– Déjà ? Pourquoi ? Parce que je vous ai dit que vous ne m’effrayez pas ?
– Dans mon entreprise, on ne se moque pas des autres en toute impunité.
Toute mon adolescence, j’ai subi des railleries venant de types pas très malins ; aujourd’hui, je ne les tolère plus. Et le goujat d’hier a largement rempli mon quota de connards à supporter pour le mois ! Ce qui m’étonne, c’est que je ressens une pointe de déception en réalisant que Smiley est à classer dans cette catégorie.
– Quoi ? bafouille-t-il en suivant mon regard posé sur Betty qui prépare les boissons à l’étage du dessous. Ah ! d’accord, je comprends la méprise. Je ne traitais pas votre assistante de dinosaure parce qu’elle est plantureuse, je pensais plutôt au côté féroce.
Il lève les mains en signe de paix, un sourire flottant sur ses lèvres.
– Je m’excuse. Vraiment. Jamais je ne me permettrais ce genre de commentaires !
– C’est préférable, monsieur Astier, dis-je en décidant, pour je ne sais quelle obscure raison, de lui accorder le bénéfice du doute. Si vous travaillez pour VertiG, vous serez amené à satisfaire des clientes d’âge, de morphologie et de niveau social divers. Par conséquent, les a priori sont prohibés.
– Je vous garantis que je suis quelqu’un de très sympathique. Les gens m’apprécient, d’habitude…
Ses sourcils se froncent tandis qu’il me dévisage.
– Pardon, mais on se connaît, non ?
– Non, tranché-je, catégorique.
Betty entre à point nommé. Elle dépose un plateau sur la console proche de la porte et envoie une œillade meurtrière à Smiley avant de ressortir.
– Monsieur Astier… commencé-je.
– Oliver.
– Pas de familiarité.
Pourtant, il ne s’en rend pas compte, l’autre aveugle, mais niveau intimité, on a déjà largement dépassé le stade des prénoms.
Je poursuis :
– Je vais vous poser des questions et, si votre profil correspond, je répondrai aux vôtres. Je sais que Maud ne vous a rien divulgué sur la nature de l’emploi pour lequel vous êtes ici en vous donnant notre carte, et que cela peut vous frustrer, mais si vous avez décidé de venir au rendez-vous, cela signifie que la curiosité l’a emporté. Ou que vous avez besoin d’argent.
Oliver me sourit en hochant la tête.
– Bien, dis-je en attrapant un stylo. Définissez-vous en un mot.
Il se passe la main dans les cheveux, et son odeur citronnée me parvient. Des images de la veille surgissent dans mon esprit. Son souffle dans mon cou, ses lèvres charnues, ses mains…
Ressaisis-toi, merde !
Je désamorce ces pensées en appuyant plusieurs fois sur le mécanisme du stylo.
– Un mot ? Difficile.
– « Difficile » ? fais-je en arquant un sourcil.
– Non, non ! Je dirais « marrant ». « Rigolo », quoi.
Inhabituel. Les candidats ont tendance à choisir une qualité qui les valorise : motivé, ponctuel, efficace… Je note la réponse d’Oliver dans mes fiches, ainsi que mon opinion à chaud.
– « Rigolo » ? Plutôt qui amuse les autres ou qu’on ne peut pas prendre au sérieux ?
– Les deux. Ça vous dérange, si je me lève ?
Je le toise sévèrement, mais lui fais signe qu’il peut. Il boit une gorgée de café, puis se met à arpenter mon bureau. Il saisit un presse-papier qu’il retourne en tous sens avant de passer le doigt sur la tranche des livres de la bibliothèque.
– Voulez-vous bien cesser de tout tripoter ? lui lancé-je.
– Pardon. C’est une manie que j’ai, mais ne vous inquiétez pas, je ne casse jamais rien. Je suis très habile de mes mains. En voilà un bon adjectif, j’aurais dû choisir celui-là ! Pardon, on s’est mal compris encore une fois. J’aime l’humour et faire rire mon entourage ; je ne me prends pas la tête, mais on peut compter sur moi. Je suis fiable.
Je me contente d’un « hum » pour qu’il marine. Son malaise me réjouit. Tout à l’heure, j’ai eu peur de me retrouver en position de faiblesse face à lui, mais ce n’est clairement pas le cas.
– Justement, que diraient vos proches à votre sujet ? continué-je à l’interroger.
– Il faudrait le leur demander, je suppose.
– Ce sera fait dans un second temps. Pour le moment, je m’adresse à vous.
Son angoisse monte d’un cran. Évidemment, je le baratine. Comme si je n’avais que ça à faire !
– Mes potes me qualifieraient de branleur, ma sœur de fainéant, et ma mère de choupinou, je présume.
J’ai envie de rire, mais je ne ferai pas ce plaisir à mon candidat. Je plonge mon nez dans son dossier, comme si j’étais à la recherche d’une information capitale.
– Et votre père ? le questionné-je.
Silence. Quand je lève les yeux de mes papiers, je constate que les coins de la bouche d’Oliver se sont affaissés.
Sujet sensible…
– Donnez-vous à des associations caritatives ? enchaîné-je sans attendre sa réponse.
Il s’esclaffe, surpris, en se grattant le menton.
– Vous ne devriez pas plutôt me demander un CV ? Que je n’ai pas, soit dit en passant. Je ne savais pas s’il en fallait un ou pas… Et pour en revenir à la question, je répondrais : oui, souvent.
Je ne réponds pas. Le silence pousse toujours à en rajouter.
– J’ai également été pompier volontaire et j’accueille des chiens guides, ça compte ?
J’ignore l’interrogation de Smiley et gribouille sur ma feuille.
– Mes copains m’appellent pour leurs déménagements, poursuit-il,
et je réalise un Salvatore’s Legacy 1 du feu de Dieu. Vous connaissez ? C’est un cocktail hors de prix, absolument délicieux, mais je ne le prépare pas avec les ingrédients d’origine, pour des raisons évidentes.
Il marque une pause, puis s’enquiert soudain :
– Ça ne vous arrive jamais de sourire ?
– Si. La dernière fois, c’était en 2012, je dois même avoir une photo qui traîne. Continuons.
La prochaine question sur ma liste est superflue, mais il n’a pas besoin de le savoir.
– Êtes-vous hétérosexuel ?
– Absolument. Il vous faut mon livre d’or ? Une enquête de satisfaction ?
Quel con ! Il semble s’amuser comme un petit fou. Je ne lève pas les yeux au ciel, ce serait lui faire trop d’honneur. Il a repris du poil de la bête, j’ai du mal à réaliser qu’il s’agit du même gars qu’à L’Absinthe . Ou alors, il a un frère jumeau. Quoi qu’il en soit, le contraste est saisissant et me déstabilise, mais je ne dois pas lui laisser croire qu’il dirige cet entretien. D’ailleurs, dois-je le mener à son terme ? Probablement, oui. Cet homme est confiant, drôle, gentil, séduisant… Je trouverais sans mal des contrats pour lui. Me voilà prise à mon propre piège !
– Pourquoi, vous avez tout ça sur vous ? répliqué-je d’un ton sec.
Il éclate de rire en secouant la tête.
– Je suis navré. Ne pas connaître la teneur de ce boulot me perturbe et je raconte n’importe quoi. Je suis conscient que je ne vous offre pas la meilleure image de moi.
– C’était un échantillon de votre humour ?
– Non, pas vraiment. Si on est amenés à se revoir un jour, je vous jure que vous me trouverez amusant.
Je ne relève pas. Il m’énerve. Et à la fois, j’ai envie de continuer notre petite joute verbale. Même si ça m’arrange, ça m’agace qu’il ne me reconnaisse pas. L’ambivalence de ce que je ressens me trouble au plus haut point.
– Êtes-vous en couple ? demandé-je.
– C’est important ?
– Répondez à la question, monsieur Astier.
Je suis curieuse de connaître sa situation. Étant donné notre récent échange de fluides, s’il sort avec une fille, ce serait révélateur du type d’homme qu’il est.
– Non. Célibataire, depuis plusieurs mois, et personne en vue. Vous pouvez le noter, me dit-il en mimant de sa main quelqu’un qui écrit.
Je sens que je vais perfectionner mon regard blasé au contact de cet énergumène. Je ne touche pas à mon stylo.
Au fond, je ne suis pas étonnée qu’il ne fréquente personne, cela colle avec la personnalité que j’entraperçois. Je pense que ce qui est arrivé hier soir n’est vraiment pas son genre.
– Vous travaillez ?
– Non, pas pour le moment.
Il termine son café et se lève à nouveau, recommence à tripoter les bibelots. Chemise blanche, chino beige, baskets marron, bracelets en cuir ; j’aime son style casual. Est-ce que je viens de mater ses fesses, là ? Absolument.
Le bruit des pages du livre d’art qu’il feuillette me ramène à l’entretien.
– Les missions que nous sommes susceptibles de vous proposer chez VertiG sont ponctuelles, aussi est-il préférable d’avoir un salaire à côté, lui expliqué-je. Certains contrats sont lucratifs, d’autres moins. N’envisagez pas de vivre uniquement sur ce revenu.
Je le vois s’intéresser soudain au contenu d’une coupelle en porcelaine verte. Je n’ai pas le temps de l’interrompre avant qu’il déroule devant lui un mètre ruban. La lueur coquine dans ses yeux ne m’échappe pas, et le pire, c’est que je rougis.
– J’ai peur de vous demander à quoi ça sert, me taquine-t-il.
Mes joues brûlent, et ça m’exaspère qu’il pense que c’est à cause de ses sous-entendus.
– Ce n’est pas pour les postulants. Je vous prie de le ranger.
Quelle idée de garder ce truc ici ! Il devrait être planqué dans mon vestiaire, avec ma balance, puisque je l’utilise pour mesurer la circonférence de mes cuisses et de mes mollets. Et de mes bras.
Eh oui, je suis une pauvre tarée qui vérifie chaque matin (et le dimanche soir en prime) qu’elle n’a pas grossi.
Smiley jubile, comme un enfant qui découvre un nouveau jouet.
– Comme vous évoquiez des clientes, des contrats, ma vie amoureuse, je me disais…
– Je sais exactement ce que vous vous imaginiez, mais travailler ici n’implique pas un sexe de vingt-cinq centimètres ou des abdos en béton.
Il feint le soulagement.
– Ouf ! Pour être franc avec vous, si au niveau des muscles je me défends pas mal, en ce qui concerne le reste…
Il grimace.
– Je me souviens m’être mesuré avec des potes au lycée, et je tourne plutôt autour de…
– Merci, monsieur Astier, je le coupe. Cette information n’est pas pertinente !
Je remarque qu’il joue les modestes. Si ma mémoire est bonne, il n’a pas à se plaindre.
– Vous êtes donc disponible ? lui demandé-je.
– Oui.
Je prends plus de notes que ne le nécessite ce simple renseignement, mais j’ai besoin de me ressaisir. Oliver me perturbe. Son physique me séduit, c’est évident, sinon je ne l’aurais pas dragué à la boîte. Et le fossé qui sépare l’homme terrassé d’hier de celui d’aujourd’hui, drôle et agréable, m’interpelle. Sa décontraction devrait me filer des boutons ; d’habitude, les mecs comme lui, je les éjecte fissa.
Alors, pourquoi est-ce que cette fois, je n’y parviens pas ?
1. Cocktail le plus cher au monde en 2012, car il était préparé avec le plus ancien
cognac existant.
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