21 cles pour activer la transformation numerique de votre entreprise
Clé n° 12 Freemium
Relation clients
Clé nº 12
FREEMIUM
#Prix #Marketing opérationnel
Le concept de « freemium » est la contraction des mots « free » et
« premium ». Il a été présenté par Chris Anderson, rédacteur en chef de
Wired, dans son ouvrage intitulé Free: The Future of A Radical Price. Il y
expose sa vision de la gratuité et de l’émergence des modèles économiques
basés sur une offre dite de « freemium ». Ce modèle vise à offrir à une
majorité l’accès à un service « de base » gratuitement et à proposer à ces
mêmes clients l’option de services « premiumisés », comportant des
services à forte valeur ajoutée (des playlists de DJ pros chez Deezer, par
exemple) en mode payant.
L’un des trois enjeux dans le Web est de capter l’adresse e-mail d’un
prospect : ici l’inscription d’un nouvel utilisateur sur le site Web qui
propose une offre en mode freemium ne coûte pas grand-chose et peut
rapporter beaucoup à terme. C’est le pari que prend Chris Anderson.
Les deux autres enjeux sur le Web sont de capter l’empreinte de la carte de
paiement d’un client et d’obtenir des recommandations de clients auprès de
leurs amis. Aussi surprenant que cela puisse vous paraître, il n’y a pas
d’autres enjeux stratégiques, tangibles ou mesurables !
Dans Free !, Chris Anderson explore en profondeur le concept de gratuité,
un concept qui, selon lui, pèsera bientôt plus de 300 milliards de dollars.
Pourquoi un tel succès ? Parce que la gratuité est, selon Chris Anderson, un
« concept à la fois familier et profondément mystérieux ». Il revisite
d’ailleurs toute l’histoire de la gratuité en y explorant toutes ses facettes et
ses codes afin de nous amener au présent. Puis il nous décrit un futur dans
lequel le modèle « freemium » devrait connaître une vraie explosion. « Freemium – gratuit pour celui qui reçoit, mais pas vraiment gratuit pour
tous. » Selon Jacques Attali, la tendance chez le consommateur va
s’orienter vers l’accès à la gratuité des biens superflus. Il sera bientôt
naturel d’obtenir gratuitement tout ce qui n’est pas vital : musique, cinéma,
téléphonie… suivront la voie ouverte il y a cinquante ans par la télévision et
la radio.
La gratuité est, selon Chris Anderson, un « concept à la fois
familier et profondément mystérieux ».
Quelques exemples connus de solutions développées à partir d’un
lancement en mode freemium sont : Mindmeister, Skype, Dropbox,
Evernote ou encore Dofus, un jeu de rôle en ligne multijoueur pratiqué par
des millions de joueurs, développé et édité par la société française Ankama.
On peut s’inscrire à Dofus et y jouer gratuitement ; au bout d’un moment,
pour progresser dans le jeu il n’y a pas d’autre moyen que d’acheter des
outils complémentaires payants, qui permettent de passer les nouvelles
étapes plus vite. Ce que finissent par faire la plupart des joueurs qui
n’abandonnent pas.
Sources
Chris Anderson, Free ! Comment marche l’économie du gratuit, Flammarion, coll. « Champs », 2014.
Marc Rees, « Attali : “Plus personne n’acceptera de payer, malgré Hadopi” »,
www.nextinpact.com.
Usage dans l’entreprise
Si le modèle freemium a au départ été utilisé principalement dans les TIC, il
s’étend aujourd’hui aux entreprises industrielles. Essayez de proposer des
produits ou des services gratuitement pour tester vos marchés. Il peut s’agir
d’échantillons pour essayer des nouveaux produits ou services. Et si vous
vendez des voitures, proposez par exemple une location gratuite sur deux
jours pour permettre à vos clients de les tester.
Attention : ne confondez pas « matériel promotionnel » et « freemium ».
Avec freemium, nous ne parlons pas des goodies sans rapport avec votre
activité (stylos, porte-clés…). Il s’agit de proposer gratuitement une part
significative de votre produit ou service. L’établissement bancaire Hello
Bank! l’a par exemple mis en place en offrant l’ouverture de compte ainsi
qu’une carte de paiement, chacune de manière gratuite.
À vous d’évaluer la proposition que vous pouvez faire à vos prospects de
manière à les attirer dans un premier temps, avant de les transformer en
clients.
Réflexion personnelle
Avec le développement rapide d’Internet, les consommateurs se sont habitués à
l’accès gratuit comme à l’accès libre. La difficulté consiste maintenant à être
différenciant grâce à votre offre freemium quand il s’agit de proposer une solution
numérique. D’où l’importance de travailler sur l’interface et l’expérience utilisateur
(UX/UI) et sur la manière de s’adapter à cette tendance dans le monde physique.
Pendant un temps, cela a été surtout pratiqué en offrant des échantillons. Mais
c’est devenu aujourd’hui souvent insuffisant. Il faut maintenant proposer de vrais
produits et services gratuits, au cœur de l’activité de l’entreprise. Rappelons que
la logique de « don et contre-don » est l’une des clés de la philosophie 2.0.
Le gratuit devient un business modèle à part entière : on propose quelque chose
de gratuit pour attirer le client, on profite de son essai pour collecter une somme
d’informations le concernant, corrélées à son expérience avec le produit et à ses
attentes ; puis on le transforme en acheteur en lui faisant payer le produit
« augmenté ». L’essai doit donner envie au client d’aller plus loin : il ne faut pas
offrir gratuitement le meilleur du produit, mais en donner un aperçu créant juste ce
qu’il faut de frustration et de désir.
C’est un concept simple à comprendre, mais qui demande un peu de sensibilité
dans sa mise en place. Nous vous invitons à faire un test en le limitant dans un
premier temps à un nombre de pièces ou à une durée déterminée.
Aller plus loin
Dans la vidéo The Danger of Freemium (YouTube), Ben Chestrut, le PDG de
MailChimp, platefome d’e-mailing, témoigne des limites du modèle de déploiement
« freemium » qu’il a lui-même expérimenté. Une étude de cas à consulter pour ne
pas tomber dans les travers de ce nouveau business modèle.
Liste des sources et des liens actualisée :
21cles.fr/freemium
OceanofPDF.com