21 cles pour activer la transformation numerique de votre entreprise
Clé n° 21 MOOC
Production
Clé nº 21
MOOC
#Formation #Formation continue #Gestion du savoir
Le terme MOOC (Massive Open Online Course) désigne un cours, un
module de formation en ligne ouverte à tous, dont l’objectif est d’être
massivement diffusé.
Le développement de cette nouvelle forme d’apprentissage a été
grandement facilité par l’apparition des nouvelles technologies numériques.
Comme l’a décrit Jeremy Rifkin, certains pourront voir dans l’approche des
MOOC un cas concret d’ubérisation de l’éducation. Pour paraphraser
Maurice Lévy : quand tu es prof, que tu te réveilles un matin et que tu
t’aperçois que l’ordinateur a remplacé ton cours magistral – qui te
permettait d’exister – et diffuse maintenant des « ressources éducatives
libres », co-construites en partie avec des élèves…
Précisons qu’il s’agit de véritables formations en ligne d’un genre nouveau,
basées sur un mode de « pédagogie libre », et qui peuvent être suivies
pendant plusieurs jours, voire plusieurs mois. C’est très différent des petits
tutoriels qu’on peut trouver sur le Web sur à peu près n’importe quel thème,
ou bien aussi des Webdocumentaires, ou des sessions de formation à
distance réalisées en mode « visioconférence » ou « Webinar ». Il s’agit de
former un grand nombre de personnes, généralement isolées, avec des
motivations très diverses, en les faisant travailler de façon autonome, sans
un professeur qui corrige leurs copies et distribue les notes. Le concept de
départ était destiné à satisfaire des causes de société : pallier la baisse
régulière du nombre de diplômés aux États-Unis (il y manquera 8 millions
de personnes qualifiées d’ici à 2020), apporter l’éducation là où elle est
aujourd’hui inaccessible pour des motifs logistiques, économiques, ou
culturels.
De là l’exigence sur les niveaux de pédagogie et de qualité du support de
formation devient bien plus élevée que le cours traditionnel en salle de
classe.
Le phénomène MOOC a un avenir réel et proche, car il tient
compte d’un monde en mouvement, où la volonté de
comprendre est vitale, universelle.
La création d’un MOOC nécessite beaucoup de réflexion préalable, de
travail et de moyens financiers. Selon l’évaluation du portail numérique du
ministère de l’Éducation nationale, la mise en place d’un MOOC de six
semaines nécessiterait 1 200 heures de travail et son coût final de
production se situerait dans une fourchette haute de 80 000 à 100 000 euros.
Se pose alors la question du modèle économique du MOOC. Si les
universités savent rentabiliser le coût de production de leurs MOOC par les
économies d’échelle liées à une diffusion réellement massive – avec
plusieurs milliers d’élèves qui utiliseront moins de salles de classe et de
ressources – le business modèle de cette « industrie » est beaucoup plus
aléatoire pour les plateformes qui proposent des formations en accès libre.
Des solutions de financement commencent à émerger pour que ce modèle
innovant puisse se développer : rendre les MOOC partiellement payants,
monétiser les certifications, nouer des partenariats avec les entreprises… En
parallèle, un nouveau concept, le SPOC (Small Private Online Course –
créé par Armando Fox, professeur à l’université de Berkeley), se développe
rapidement et constitue une alternative plus légère et plus accessible, ou un
complément plus souple aux MOOC : il utilise généralement des
vidéocasts, des modules d’e-learning ou des fiches e-reading, des séquences
de classe virtuelle, des consignes pour exercer des activités expérientielles.
Si le monde anglophone présente une taille critique suffisante pour
l’éclosion et la rentabilisation de plateformes mondiales rassemblant –
comme Coursera.org, edX, Udacity – plusieurs millions d’utilisateurs
potentiels, le monde francophone n’est plus en reste, avec quelque 274
millions de personnes concernées : on pourra citer ici la plateforme FUN
(France Université Numérique – www.fun-mooc.fr) ainsi que la très médiatique Cécile Dejoux qui porte le concept en France et s’investit
beaucoup pour le développement de MOOC destinés aux entreprises.
En conclusion, le phénomène MOOC a un réel et très proche avenir, car il
tient compte d’un monde en mouvement, où la volonté de comprendre est à
la fois vitale, universelle, et la capacité d’apprendre extrêmement différente
entre les individus.
Sources
Yves Epelboin, Déployer le numérique dans l’enseignement supérieur,
MOOC, à la recherche d’un business modèle, (rapport), www.sup-
numerique.gouv.fr.
Christian Depover, « Quels modèles économiques et pédagogiques pour les
MOOC ? », https://dms.revues.org.
Usage dans l’entreprise
L’usage des MOOC en entreprise est très récent. Les RH (ressources
humaines) ont vu une réponse pertinente à la nécessité de partager un socle
commun de savoir-faire, de savoir-être et de culture d’entreprise, et en
réponse aussi au besoin d’évolution des compétences des salariés.
Management, entrepreneuriat, langues, programmation informatique et
langages Web, nouvelles technologies, économie, médecine, droit,
neurosciences, objets connectés… mais aussi comportements et savoir-être,
autant de domaines pour lesquels vous pourrez trouver des ressources en
ligne – et en quantité exponentielle. Surtout, ne limitez pas vos recherches
aux MOOC gratuits : vous trouverez peut-être la formation qui correspond à
vos attentes moyennant le versement de quelques dizaines d’euros.
Permettre à un salarié de se former, c’est lui permettre d’évoluer et de rester
en mouvement, acteur dans un monde qui bouge.
Pourquoi ne pas créer vos propres MOOC, afin de diffuser votre savoir ?
Les plateformes spécialisées existent et peuvent vraiment vous aider.
Réflexion personnelle
Aujourd’hui, nous utilisons tous des tutoriels sur Internet pour répondre à nos
questions, très ponctuelles, d’ordre professionnel ou privé. Avec le risque des
dérives potentielles évidentes de ce système qui n’est soumis qu’à très peu de
contrôles si ce n’est ceux des communautés d’internautes.
Les MOOC, qui bénéficient de contrôles plus poussés de leur contenu, devraient
présenter de meilleures garanties.
À l’heure où le savoir est accessible de partout et pour tous, ce qui compte
aujourd’hui, c’est de faire savoir, faire comprendre, apprendre à apprendre… et là
le MOOC apporte des réponses. Il permet à l’homme de concentrer son énergie :
pour le formateur : pour ne laisser personne au bord du chemin ; pour le collaborateur : à focaliser son attention en fonction de sa sensibilité. Le MOOC est un chemin innovant vers une approche pédagogique personnalisée, à partir d’une plateforme commune. Il devrait ouvrir de nouvelles voies à des processus d’apprentissage singularisés, par le ludique (serious game) ou par la lecture immersive, mélangeant textes, slides, commentaires et vidéos cliquables. Mais aussi partage de commentaires, débat.
Nous vous conseillons de rester connecté à cette tendance profonde !
Aller plus loin
Bien entendu, le meilleur moyen de bien comprendre ce concept est de vous inscrire
et de suivre vous-même un MOOC.
Vous trouverez de nombreux ouvrages et articles traitant du concept du MOOC :
Clément Lhommeau, MOOC. L’apprentissage à l’épreuve du numérique, FYP, 2014 ;
Eyitayo Jesuloba, Comment utiliser la puissance des MOOC (Livre blanc),
http://livresgratuits.info/books/free-moocs ;
Quentin Delpech et Marième Diagne, « MOOC, l’âge de maturité ? Modèles économiques et évolutions pédagogiques », France Stratégie,
www.strategie.gouv.fr.
Liste des sources et des liens actualisée :
21cles.fr/mooc
OceanofPDF.com