21 cles pour activer la transformation numerique de votre entreprise

Gilles Auberger, Thierry Meynle, Jeremy Gregoire, Salah-Eddine Benzakour · Chapitre 25 sur 34

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21 cles pour activer la transformation numerique de votre entreprise

Clé n° 21 MOOC

Production

 

 

Clé nº 21

 

MOOC

 

#Formation #Formation continue #Gestion du savoir

 

Le terme MOOC (Massive Open Online Course) désigne un cours, un

module de formation en ligne ouverte à tous, dont l’objectif est d’être

massivement diffusé.

 

Le développement de cette nouvelle forme d’apprentissage a été

grandement facilité par l’apparition des nouvelles technologies numériques.

Comme l’a décrit Jeremy Rifkin, certains pourront voir dans l’approche des

MOOC un cas concret d’ubérisation de l’éducation. Pour paraphraser

Maurice Lévy : quand tu es prof, que tu te réveilles un matin et que tu

t’aperçois que l’ordinateur a remplacé ton cours magistral – qui te

permettait d’exister – et diffuse maintenant des « ressources éducatives

libres », co-construites en partie avec des élèves…

 

Précisons qu’il s’agit de véritables formations en ligne d’un genre nouveau,

basées sur un mode de « pédagogie libre », et qui peuvent être suivies

pendant plusieurs jours, voire plusieurs mois. C’est très différent des petits

tutoriels qu’on peut trouver sur le Web sur à peu près n’importe quel thème,

ou bien aussi des Webdocumentaires, ou des sessions de formation à

distance réalisées en mode « visioconférence » ou « Webinar ». Il s’agit de

former un grand nombre de personnes, généralement isolées, avec des

motivations très diverses, en les faisant travailler de façon autonome, sans

un professeur qui corrige leurs copies et distribue les notes. Le concept de

départ était destiné à satisfaire des causes de société : pallier la baisse

régulière du nombre de diplômés aux États-Unis (il y manquera 8 millions

de personnes qualifiées d’ici à 2020), apporter l’éducation là où elle est

aujourd’hui inaccessible pour des motifs logistiques, économiques, ou

culturels.

De là l’exigence sur les niveaux de pédagogie et de qualité du support de

formation devient bien plus élevée que le cours traditionnel en salle de

classe.

 

Le phénomène MOOC a un avenir réel et proche, car il tient

compte d’un monde en mouvement, où la volonté de

comprendre est vitale, universelle.

 

La création d’un MOOC nécessite beaucoup de réflexion préalable, de

travail et de moyens financiers. Selon l’évaluation du portail numérique du

ministère de l’Éducation nationale, la mise en place d’un MOOC de six

semaines nécessiterait 1 200 heures de travail et son coût final de

production se situerait dans une fourchette haute de 80 000 à 100 000 euros.

Se pose alors la question du modèle économique du MOOC. Si les

universités savent rentabiliser le coût de production de leurs MOOC par les

économies d’échelle liées à une diffusion réellement massive – avec

plusieurs milliers d’élèves qui utiliseront moins de salles de classe et de

ressources – le business modèle de cette « industrie » est beaucoup plus

aléatoire pour les plateformes qui proposent des formations en accès libre.

Des solutions de financement commencent à émerger pour que ce modèle

innovant puisse se développer : rendre les MOOC partiellement payants,

monétiser les certifications, nouer des partenariats avec les entreprises… En

parallèle, un nouveau concept, le SPOC (Small Private Online Course –

créé par Armando Fox, professeur à l’université de Berkeley), se développe

rapidement et constitue une alternative plus légère et plus accessible, ou un

complément plus souple aux MOOC : il utilise généralement des

vidéocasts, des modules d’e-learning ou des fiches e-reading, des séquences

de classe virtuelle, des consignes pour exercer des activités expérientielles.

 

Si le monde anglophone présente une taille critique suffisante pour

l’éclosion et la rentabilisation de plateformes mondiales rassemblant –

comme Coursera.org, edX, Udacity – plusieurs millions d’utilisateurs

potentiels, le monde francophone n’est plus en reste, avec quelque 274

millions de personnes concernées : on pourra citer ici la plateforme FUN

(France Université Numérique – www.fun-mooc.fr) ainsi que la très médiatique Cécile Dejoux qui porte le concept en France et s’investit

beaucoup pour le développement de MOOC destinés aux entreprises.

 

En conclusion, le phénomène MOOC a un réel et très proche avenir, car il

tient compte d’un monde en mouvement, où la volonté de comprendre est à

la fois vitale, universelle, et la capacité d’apprendre extrêmement différente

entre les individus.

 

Sources

Yves Epelboin, Déployer le numérique dans l’enseignement supérieur,

MOOC, à la recherche d’un business modèle, (rapport), www.sup-

numerique.gouv.fr.

Christian Depover, « Quels modèles économiques et pédagogiques pour les

MOOC ? », https://dms.revues.org.

 

Usage dans l’entreprise

 

L’usage des MOOC en entreprise est très récent. Les RH (ressources

humaines) ont vu une réponse pertinente à la nécessité de partager un socle

commun de savoir-faire, de savoir-être et de culture d’entreprise, et en

réponse aussi au besoin d’évolution des compétences des salariés.

 

Management, entrepreneuriat, langues, programmation informatique et

langages Web, nouvelles technologies, économie, médecine, droit,

neurosciences, objets connectés… mais aussi comportements et savoir-être,

autant de domaines pour lesquels vous pourrez trouver des ressources en

ligne – et en quantité exponentielle. Surtout, ne limitez pas vos recherches

aux MOOC gratuits : vous trouverez peut-être la formation qui correspond à

vos attentes moyennant le versement de quelques dizaines d’euros.

Permettre à un salarié de se former, c’est lui permettre d’évoluer et de rester

en mouvement, acteur dans un monde qui bouge.

 

Pourquoi ne pas créer vos propres MOOC, afin de diffuser votre savoir ?

Les plateformes spécialisées existent et peuvent vraiment vous aider.

 

Réflexion personnelle

Aujourd’hui, nous utilisons tous des tutoriels sur Internet pour répondre à nos

questions, très ponctuelles, d’ordre professionnel ou privé. Avec le risque des

dérives potentielles évidentes de ce système qui n’est soumis qu’à très peu de

contrôles si ce n’est ceux des communautés d’internautes.

Les MOOC, qui bénéficient de contrôles plus poussés de leur contenu, devraient

présenter de meilleures garanties.

À l’heure où le savoir est accessible de partout et pour tous, ce qui compte

aujourd’hui, c’est de faire savoir, faire comprendre, apprendre à apprendre… et là

le MOOC apporte des réponses. Il permet à l’homme de concentrer son énergie :

pour le formateur : pour ne laisser personne au bord du chemin ; pour le collaborateur : à focaliser son attention en fonction de sa sensibilité. Le MOOC est un chemin innovant vers une approche pédagogique personnalisée, à partir d’une plateforme commune. Il devrait ouvrir de nouvelles voies à des processus d’apprentissage singularisés, par le ludique (serious game) ou par la lecture immersive, mélangeant textes, slides, commentaires et vidéos cliquables. Mais aussi partage de commentaires, débat.

Nous vous conseillons de rester connecté à cette tendance profonde !

 

Aller plus loin

Bien entendu, le meilleur moyen de bien comprendre ce concept est de vous inscrire

et de suivre vous-même un MOOC.

Vous trouverez de nombreux ouvrages et articles traitant du concept du MOOC :

Clément Lhommeau, MOOC. L’apprentissage à l’épreuve du numérique, FYP, 2014 ;

Eyitayo Jesuloba, Comment utiliser la puissance des MOOC (Livre blanc),

http://livresgratuits.info/books/free-moocs ;

Quentin Delpech et Marième Diagne, « MOOC, l’âge de maturité ? Modèles économiques et évolutions pédagogiques », France Stratégie,

www.strategie.gouv.fr.

 

Liste des sources et des liens actualisée :

21cles.fr/mooc

 

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