21 cles pour activer la transformation numerique de votre entreprise

Gilles Auberger, Thierry Meynle, Jeremy Gregoire, Salah-Eddine Benzakour · Chapitre 6 sur 34

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21 cles pour activer la transformation numerique de votre entreprise

Clé n° 2 Entreprise 4.0/Industrie 4.0

Contexte

 

 

Clé nº 2

 

ENTREPRISE 4.0/INDUSTRIE 4.0

 

#Stratégie #Transformation numérique

 

« Entreprise 4.0 » est un terme, en devenir, qui désigne les entreprises qui

ont réussi leur transformation numérique de bout en bout – si tant est qu’on

puisse parler d’achèvement dans un monde digital en mutation et pas encore

vraiment stabilisé – et qui se sont appropriées les clés exposées dans cet

ouvrage. Le secteur de l’industrie est en première ligne de cette

transformation qui mène, par exemple, aux usines connectées et plus

intelligentes. Nous sommes au cœur de la quatrième révolution industrielle,

consacrée au numérique ; c’est cela, l’« industrie 4.0 ».

 

Regardez de plus près les projets industriels de nos voisins allemands,

souvent précurseurs sur le sujet, et vous verrez qu’une vague de fond est

lancée. Elle va révolutionner toutes les entreprises industrielles. Très

concrètement, l’industrie est en train de se réinventer par sa transformation

numérique profonde.

 

« Industrie du futur » en France, « usine 4.0 » en Allemagne, peu importe

son nom, la révolution numérique nous propose la transformation de nos

sociétés et de nos process comme de nos économies.

 

C’est en fait le résultat de la convergence de deux tendances

technologiques :

 

dématérialisation massive d’un nombre croissant de nos activités

(relations humaines, innovation, processus, produits, etc.) ;

interconnexion de tout avec tout (objets, machines, hommes).

 

Avec, comme conséquences directes :

 

le raccourcissement du temps – jusqu’à l’instantanéité ;

le rétrécissement des distances ;

la croissance étourdissante du volume de données transportées sur les

réseaux.

 

Il découle de cette convergence un nouveau business modèle, qui fait

basculer notre modèle classique de vente d’un bien vers celui de la

facturation de son usage ou d’une expérience, ou encore de la vente de la

performance apportée par cet usage. Nous passons d’un modèle

économique industriel vers celui d’une économie de la fonctionnalité. Il se

traduit par une inclinaison de plus en plus forte à vendre un produit surtout

en tant que support pour des consommables ou des services à forte valeur

ajoutée !

 

Un nouveau business modèle, qui fait basculer notre modèle

classique de vente d’un bien vers celui de la facturation de son

usage.

 

On a forcément à l’esprit l’exemple hyper rentable des imprimantes bon

marché et de leurs coûteuses cartouches d’encre, et le fabuleux business des

capsules de café de Nespresso…

 

De nouvelles technologies de rupture arrivent à maturité – avec des

dénominations auxquelles il va falloir peu à peu s’habituer : la « fabrication

additive » ou « impression 3D » ; l’Internet des objets et l’interconnexion

de tout avec tout, la réalité augmentée ; le Big Data et l’analytics ; la

mobilité (technologie et applications) ; le cloud computing ; la robotique

collaborative… Avec elles apparaissent clairement de nouveaux leviers

pour innover : en premier lieu l’accélération de la mise au point des

nouveaux produits par une implication très forte du client ; également, de

nouvelles formes et de nouveaux outils de collaboration ; la création de

produits connectés ; l’optimisation de la production…

 

Cette révolution numérique bouscule le modèle d’affaires de l’entrepreneur.

Elle met au défi ses compétences et ses investissements. Elle l’oblige à

revoir sa manière de travailler, de produire et de vendre. Elle contraint à

faire du client le point focal (user centric) de toutes ses activités. En résumé, elle pousse à innover à peu près sur tous les plans. C’est bien une

révolution et non une simple évolution : la révolution « entreprise 4.0 »

 

Sources

Site Syntec numérique et de l’alliance industrie du futur, www.syntec-

numerique.fr.

 

Usages dans l’entreprise

 

Ils sont très nombreux, pour ne pas dire infinis.

 

Prenons la fabrication additive, appelée également « impression 3D », dans

la famille des machines à commande numérique. Elle permet aujourd’hui à

un service de maintenance de produire immédiatement une pièce unitaire de

remplacement sur un équipement, en cas de panne, pour ne plus subir le

délai de livraison d’un fournisseur. Cette même technologie permet de

fabriquer « simplement » un prototype, à partir d’un plan, avec des pièces

très complexes à usiner, et de vérifier in situ sa pertinence. On imagine

assez facilement le gain de place et de trésorerie, de temps de transfert

aussi, pour la gestion d’un stock de pièces de rechange, désormais en

mémoire dans votre imprimante…

 

Les objets connectés permettent aujourd’hui aux producteurs de moteurs

d’avion de vendre l’usage qui est fait d’un moteur avec toute la

maintenance prédictive – organisée par les informations transmises

automatiquement – et non plus le moteur en tant que tel et son contrat de

maintenance traditionnel. Dans le monde agricole, désormais, il existe des

équipements connectés pour l’épandage de produits phytosanitaires, qui

permettent en fonction de la localisation GPS du tracteur et d’une analyse

des sols par satellite de délivrer la bonne dose sur la parcelle…

 

En matière de sécurité dans un environnement dangereux, le fait de

connecter les hommes permet à une machine, à un équipement dangereux

de transmettre une alerte, ou de ne pas se mettre en route pour protéger

l’humain à proximité.

Au cœur des ateliers, la connexion des machines capte les événements en

temps réel et mesure la performance (le taux de rendement synthétique) en

temps réel. Cela permet d’informer l’opérateur pour agir immédiatement.

 

Réflexion personnelle

 

Cette usine du futur qui se dessine passe par une transformation profonde et aura

un coût. Cela prendra du temps, et la mise à niveau de nos industries se fera sur

plusieurs années.

Un point essentiel doit retenir toutes les attentions : le client. Qu’il soit

consommateur final, client professionnel, client utilisateur, ou même collaborateur

(votre premier « client »), il doit être au centre de toutes les attentions de

l’entreprise. Mieux informé, plus exigeant, il doit être écouté, sollicité et impliqué

au plus tôt dans toute démarche de définition des produits et des services.

Nous sommes persuadés que la coconstruction est un des piliers également de

cette transformation. Mieux collaborer grâce au numérique au-delà des outils

classiques de PLM et de CAO, avec de vraies plateformes de gestion de projet

(comme le BIM) dans le domaine de la construction immobilière pour échanger,

partager l’information et les plannings, le suivi des demandes. Tout cela contribue

à mener des projets de manière itérative et collaborative et dans une approche en

mode agile, issue du monde du développement logiciel.

 

Aller plus loin

Le site de L’Usine nouvelle – www.usinenouvelle.com – propose de nombreux

articles intéressants sur cette thématique. Et si vous êtes intéressé, celui du

ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique –

www.data.gouv.fr/fr/organizations/ministere-de-l-economie-de-l-industrie-et-du-

numerique – propose des articles complets détaillant les 9 solutions pour une

nouvelle France industrielle. Vous y trouverez également les solutions de

financement de cette transformation.

À faire très vite : l’autodiagnostic de la maturité numérique, un questionnaire ludique

sur www.diag-numerique.fr.

 

Liste des sources et des liens actualisée :

21cles.fr/entreprise4point0

 

OceanofPDF.com