21 cles pour activer la transformation numerique de votre entreprise

Gilles Auberger, Thierry Meynle, Jeremy Gregoire, Salah-Eddine Benzakour · Chapitre 5 sur 34

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21 cles pour activer la transformation numerique de votre entreprise

21 Clés pour manager aujourd’hui

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Contexte

 

 

Clé nº 1

 

TRANSFORMATION NUMÉRIQUE

 

#Stratégie #Technologie #Ubérisation

 

La transformation numérique est le processus par lequel passe une

entreprise du XXe siècle – qui a un modèle économique éprouvé et qui

existait avant l’arrivée d’Internet – afin d’intégrer des technologies digitales

récentes :

 

dans ses fonctions vitales (commercialisation, recherche et

développement, production) ;

dans son offre elle-même (objet connecté ou service hybride).

 

La finalité de la transformation digitale est de :

 

pérenniser l’activité de l’entreprise tout en gérant le « choc du

digital » ;

lui donner des avantages concurrentiels qui lui permettent d’accélérer

sa croissance ;

« scaler » sa réussite (donner une croissance exponentielle),

idéalement sans limites : c’est ainsi qu’Uber a été valorisé

« potentiellement » à plusieurs centaines de milliards de dollars en

2016.

 

Nous avons tous à l’esprit les exemples des secteurs massivement

numérisés : l’hôtellerie avec Booking, et puis Airbnb, le commerce avec

Amazon et Alibaba, la musique avec Deezer et Spotify, le voyage avec

Kayak… D’une façon ou d’une autre, toutes les entreprises sont déjà ou

seront touchées par la transformation numérique ; parmi elles et aux avant-

postes :

 

industriels : PMI, ETI et grands groupes (usines 4.0) ;

grands médias : journaux et magazines papier, chaînes de télévision,

radios (dématérialisation) ;

distributeurs (désintermédiation) ;

sociétés de services (délocalisation) ;

acteurs historiques et métiers anciennement réglementés de type :

banque, assurance, opérateur téléphonique, expert-comptable, notaires

ou avocats… (déréglementation).

 

Si la transformation numérique des entreprises du XXe siècle est inéluctable,

elle n’en est pas moins freinée par la difficulté des dirigeants et d’une

grande partie de leurs collaborateurs à sortir des schémas de

fonctionnement très verticaux : structures pyramidales, autorités

hiérarchiques, informations en mode « top-down ».

 

D’une façon ou d’une autre, toutes les entreprises sont déjà ou

seront touchées par la transformation numérique.

 

Des réflexes qui sont souvent issus de l’héritage des modèles de l’économie

prospère des Trente Glorieuses, et qui se manifestaient de façon efficace et

profitable avant l’avènement d’Internet. Les nouvelles relations de

collaboration et de cocréation favorisées par le digital sont plus faciles dès

lors que l’entreprise fonctionne en « bottom-up » (responsabilisation de

chaque échelon depuis le plus petit niveau hiérarchique) ou avec une

organisation très horizontale ou circulaire.

 

À noter, le numérique est une technologie de rupture qui permet d’apporter

à l’entreprise à la fois :

 

une meilleure qualité perçue proposée aux clients/utilisateurs ; en

permettant de créer des produits « à options », très singularisables (la

personnalisation développe les ventes). L’emblème de cette génération

de produits, c’est l’iPhone – un produit fini, mais non achevé : en y

incorporant vos applications, vos données, photos et adresses, une part

de vous… vous inscrivez votre personnalité, votre sensibilité, et vous

le parachevez. Ce qui en soi peut être vécu déjà comme un

accomplissement ;

une accélération du processus de production et de distribution, qui

permet un délai de mise sur le marché (time-to-market) plus court ; à

l’exemple du lancement de la voiture électrique Tesla Model X – sans

publicité et sans concessionnaires ;

des gains de productivité qui rendent les prix de vente plus attractifs et

augmentent la compétitivité : grâce à l’usage des robots, des

imprimantes 3D, des outils de travail collaboratifs… ce sont autant

d’exemples d’outils ou de démarches qui permettent d’augmenter la

productivité et, par conséquent, de réduire le prix de revient en

améliorant la marge ;

des processus d’innovation ouverte, collaboratifs, qui apportent plus

d’intelligence et de diversité à l’entreprise ; de manière exponentielle.

Chacun connaît aujourd’hui un produit qui a bénéficié de la

contribution des foules (on parle souvent de crowdsourcing ou

d’innovation ouverte) pour progresser : la Ford Focus avait été

dévoilée dix-huit mois avant le Mondial de l’auto 2012 pour profiter

des contributions des 150 premiers bêta-testeurs (clients bienveillants

en phase de test), là où par le passé les derniers réglages se faisaient

dans le secret absolu – jusqu’au jour J de la présentation au Salon !

 

Pour atteindre tout cela, il ne s’agit pas seulement d’utiliser de nouveaux

supports (cloud, ERP, médias sociaux, site e-commerce, CRM,

crowdsourcing…), mais de repenser tout le fonctionnement de l’entreprise,

ou parfois même de faire pivoter (voir « pivot » dans le glossaire) le

business modèle, en essayant d’intégrer la puissance du digital là où cela

permet de gagner en productivité interne ou en satisfaction client. Cette

intelligence, c’est le rôle que joue cette nouvelle fonction support dans

l’entreprise, portée par le CDO (Chief Digital Officer), en charge de la

transformation digitale, une vision et une responsabilité qu’il anime au sein

du CODIR.

 

Sources

Microsoft Ideas : http://ideas.microsoft.fr.

Valentine Ferréol, « Transformation numérique : pourquoi (et comment) les

entreprises doivent accélérer », www.usine-digitale.fr

Conférence Accor/Airbnb sur la transformation sur YouTube Usage dans l’entreprise

 

Pour mettre en place une stratégie de transformation numérique, l’entreprise

doit tout d’abord établir la liste classée par priorité des problèmes internes

qui limitent sa productivité. Puis définir les solutions que peuvent apporter

les outils digitaux.

 

Le choix d’une solution par rapport à une autre résulte de l’arbitrage entre

l’effort nécessaire pour l’acquérir (coûts d’utilisation, formation des

collaborateurs…) et la valeur ajoutée business qu’elle peut apporter. La

création de valeur va s’évaluer sur plusieurs critères : la capacité d’attirer et

de fidéliser davantage de clients, la possibilité de profiter d’une meilleure

vision de l’entreprise et son environnement et de prendre les bonnes

décisions, l’augmentation de la productivité des hommes et des machines

et, finalement, la capacité à proposer un meilleur produit, plus performant

ou plus personnalisable. Ou simplement une expérience client plus forte,

plus confortable et agréable.

 

Réflexion personnelle

 

Il est quasiment impossible aujourd’hui pour une entreprise de se passer des

outils numériques, d’autant qu’ils ouvrent de nouvelles opportunités : passer des

outils classiques déconnectés du réseau Internet – comme les anciennes

générations du système IBM AS 400 avec leurs réseau propriétaire et logiciels

métiers – vers des solutions basées sur le cloud et le mobile apportant de

nouveaux usages. Les informations et les logiciels pour les traiter sont dans un

serveur distant accessible via Internet – cloud, SAAS –, ce qui ouvre de nouvelles

possibilités. On peut envisager facilement l’accès aux informations en mode

nomade avec un mobile ou une tablette, et surtout la collaboration sur les mêmes

informations ou fichiers en temps réel (le collaboratif). Passer de la logique

« envoyer par mail » à « partager dans le cloud » et d’une structure hiérarchique

pyramidale à une structure en réseau, grâce aux liens directs que crée le digital.

Cette nouvelle étape ouvre le potentiel des entreprises du XXe siècle – habituées

à un fonctionnement en silos avec des processus qui impliquent des validations

humaines – vers des gains de productivité considérables, et même des

opportunités de développement qui n’étaient tout simplement pas envisageables

sans le digital.

Cela dit, il est naturel de voir la transformation digitale soulever ici et là des

résistances, comme pour tout changement : elles sont davantage liées à la peur

de perdre le pouvoir. Notons ici que le pouvoir dans les organisations a été

longtemps relié à la détention d’informations, et de savoir, le digital rend

l’information accessible librement et diffuse ce savoir plus rapidement. D’où aussi

l’importance de travailler sur les potentialités de l’Homme avec des techniques de

coaching, formation et communication interpersonnelles pour :

accompagner les parties prenantes de l’entreprise au changement, de préférence avec des compétences externes qui apportent une richesse, une légitimité et un propos différent, très complémentaire ;

éduquer les dirigeants aux techniques de prise de parole, afin de diffuser le message de la transformation numérique de façon stimulante et non anxiogène.

Pour faire des savoir-être un élément différenciant, lorsque les savoir et les savoir-

faire deviennent facilement réplicables.

 

Aller plus loin

Jeff Jarvis – dans son livre La Méthode Google. Que ferait Google à votre place ?

Éditions Télémaque, 2009 – décrit un certain nombre de modèles de transformations

numériques ; il met très bien en avant le concept de plateforme et décrit l’un des

impacts visibles : l’ubérisation.

 

Liste des sources et des liens actualisée :

21cles.fr/transformation-numerique

 

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