21 cles pour activer la transformation numerique de votre entreprise

Gilles Auberger, Thierry Meynle, Jeremy Gregoire, Salah-Eddine Benzakour · Chapitre 29 sur 34

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21 cles pour activer la transformation numerique de votre entreprise

Clé « Innovation » n° 4 Crowdfunding

Innovation

 

 

Clé « Innovation » nº 4

 

CROWDFUNDING

 

#Financement #Création entreprise #Capital-risque

 

Le crowdfunding, approche de financement « par les foules », vise à obtenir

le financement d’un projet en faisant appel à des contributeurs via les

réseaux sociaux et les plateformes spécialisées. Le cumul des dons, prêts ou

financements apportés par ces personnes permettra de financer un projet, à

condition que le total des promesses soit supérieur au seuil de financement

que vous devez préciser au départ et qui assurera sa viabilité. Le concept

n’est pas nouveau : les associations caritatives ont toujours procédé de cette

manière, en faisant appel à la générosité des gens pour récolter des fonds.

 

La Toile n’est qu’un accélérateur et facilitateur de ce processus. Souvent

aussi (ou d’abord !) auprès des proches – de la famille puis des amis de la

famille, ensuite des amis et amis d’amis, puis enfin du grand cercle que

constituent vos réseaux sociaux ou associatifs.

 

Le crowdfunding s’est démocratisé grâce à Internet, plus particulièrement

grâce aux réseaux sociaux qui permettent de solliciter et d’atteindre un

grand nombre de personnes très rapidement et avec un investissement

faible. Il suffit d’une grande idée et d’une petite vidéo suffisamment

pertinente… Et c’est toujours plus efficace lorsque le prototype alpha (le

premier prototype, suffisamment convaincant pour illustrer le film) ou la

pré-série attestent de façon vivante de la pertinence d’un tel projet.

 

La moyenne des financements sur KissKissBankBank est de 60 euros par

contributeur, avec environ 100 contributeurs par projet. Mais il y a parfois

des exceptions et des succès extraordinaires (pebble.com, baubax.com),

avec des montants collectés jusqu’à 12 millions de dollars – pour un

financement escompté de 200 000 dollars !). Si un grand nombre

d’associations humanitaires utilise les techniques classiques et emploient des bénévoles, parfois même des salariés, pour récolter les dons ou

promesses, il ne faut pas pour autant croire que le crowdfunding se passe de

toute forme de main-d’œuvre. Il requiert en fait des compétences en matière

de community management, d’e-marketing, d’événementiel – car la finalité

de ces plateformes est d’attirer les foules mobilisées pour un projet – il faut

aux porteurs de projets des talents tant d’innovateurs que de

démonstrateurs !

 

Le crowdfunding est aussi pour l’entrepreneur un bon moyen de

tester la réceptivité de la clientèle pour un nouveau concept.

 

Dans quels cas le crowdfunding peut-il être utilisé ? Pour répondre à un

besoin d’argent pour une cause ou un lancement de produit qui peut susciter

un intérêt du public. Pour un particulier, une association, une entreprise ou

une startup. L’un des premiers exemples en France est le label participatif

My Major Company, qui permet aux internautes de financer (avec quelques

euros minimum) la production d’un disque ou d’un concert de l’artiste de

leur choix. Par exemple, le groupe Radiohead a levé en 2008 plus d’argent

que l’ensemble de tous ses albums vendus chez les disquaires, en proposant

une souscription de 6 dollars pour son nouvel album In Rainbows…

démontrant ainsi que le téléchargement libre n’est pas condamné à être un

chargement gratuit, et qu’il répond à de nouvelles règles et aspirations du

public…

 

Le crowdfunding est aussi pour l’entrepreneur un bon moyen de tester la

réceptivité de la clientèle pour un nouveau concept (surtout dans un

processus en mode Lean Startup, où la validation de chaque étape est une

clé de la réussite), et de communiquer sur une innovation. Le risque et les

besoins pour ce type de levée sont maîtrisés.

 

Attention, les intermédiaires sont des super-plateformes qui sont surtout des

super-tuyaux : vous devez grâce à votre réseau et vos connaissances attirer

des visiteurs, et idéalement les premiers financeurs si vous voulez que votre

projet réussisse.

 

Source

Julien Lesueur, « Crowdfunding : quels avantages pour un entrepreneur ? » L’Express.

 

Usage dans l’entreprise

 

Il existe plusieurs façons d’utiliser le crowdfunding en entreprise.

 

Veille et innovation : le crowdfunding est une source d’information et

d’inspiration pour faire un inventaire des idées nouvelles

d’innovations. C’est également une source d’intelligence économique

et de veille stratégique : très en amont des lancements, vous suivez sur

ces sites participatifs les évolutions en cours sur votre marché,

l’arrivée d’un nouveau concept.

Test et validation : plutôt que de compter sur le circuit classique du

financement (banques, aides de l’État et d’organisations, associés…),

testez le crowdfunding pour le lancement de l’un de vos produits.

Proposez une idée à l’état de prototype pour évaluer l’intérêt du public

avant d’investir pour lancer sa production. Certaines entreprises

obtiennent des fonds très supérieurs à ce dont elles ont besoin pour

lancer la production : elles sont ainsi certaines de l’intérêt de leur

produit pour le marché, mais aussi confiantes du bien-fondé de leur

investissement !

 

Réflexion personnelle

 

Veille stratégique, mais surtout levée de fonds hors des circuits conventionnels –

ou en amont du financement par les banques, pour fournir, par exemple, la part

de fonds propres en garantie –, le crowdfunding est assurément une tendance

durable à explorer. Nous vous invitons à découvrir des plateformes comme

KissKissBankBank, Ulule, Kickstarter ou encore Indiegogo… Il existe aussi des

plateformes régionales comme Freelendease en Alsace.

C’est une alternative intéressante, car elle permet de tester et valider de

nouveaux produits et de les lancer uniquement si les acheteurs sont au rendez-

vous, tout en bénéficiant d’avis (bêta-testeurs publics) « en situation », objectifs et

précieux. Les risques sont ainsi limités : ce fonctionnement remplace

avantageusement l’étude de marché, beaucoup plus longue à réaliser et surtout

moins garante d’un résultat commercial.

Certains sites permettent d’aller encore plus loin dans l’utilisation du

crowdfunding : les internautes peuvent réserver et payer le produit avant même

sa sortie. Cela signifie qu’à l’issue de cette confrontation (qui dure 30 jours, 45

jours, 60 jours, au choix) l’entreprise, en plus d’être certaine du succès de son

produit, est assurée d’écouler ses premières marchandises, voire de financer ses

frais de lancement pour les grandes séries, et sécuriser son point mort. Elle peut

lancer sa production, souvent d’ailleurs sous-traitée ou co-traitée, en coûts

variables dans le cas de startup.

Attention : s’il vous est possible d’utiliser le crowdfunding pour la veille, vos

concurrents le font aussi. Vous n’avez aucun moyen de protéger votre innovation :

vous êtes obligé de la divulguer publiquement, au risque d’informer la

concurrence. Vous devrez faire la différence par votre vitesse de déploiement

(scalabilité), la qualité d’exécution, le savoir-être et la relation humaine.

 

Aller plus loin

Rendez-vous sur Kiss Kiss Bank Bank – premier site de crowdfunding français.

Regardez aussi quel site correspond au profil de votre projet : la tendance est au

crowdfunding spécialisé. De plus en plus de portails spécialisés voient le jour :

rendez-vous sur l’annuaire Good Morning Crowdfunding.

Participez à une conférence sur l’optimisation du recours à une plateforme de

crowdfunding (par exemple Adrien Aumont de KissKissBankBank).

 

Liste de sources et des liens actualisée :

21cles.fr/crowdfunding

 

OceanofPDF.com