21 cles pour activer la transformation numerique de votre entreprise
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Innovation
Clé « Innovation » nº 1
OPEN INNOVATION OU
INNOVATION OUVERTE
#R&D #Crowsdsourcing
L’open innovation, littéralement « innovation ouverte » ou « distribuée »,
consiste pour une entreprise à partager ses besoins en innovation avec les
foules (crowdsourcing, c’est crowd pour la foule et sourcing pour la
ressource). L’innovateur, c’est l’utilisateur qui peut être à chaque bout de la
planète et qui expérimente au quotidien l’usage de votre produit ou service.
Il est à même de vous aider à faire progresser dans votre démarche de
recherche & développement – par sa critique constructive et bienveillante et
sa contribution, si elle est bien canalisée. Ce mode d’innovation postule
qu’il est plus efficace et rapide pour une entreprise de ne plus se fonder
uniquement sur sa propre R&D pour innover, mais de s’ouvrir et de se
connecter sur l’intelligence collective. Cette approche est un moyen gratuit
(ou en tout cas moins coûteux en frais fixes) pour améliorer ou externaliser
des fonctions que l’entreprise assurait en interne par le passé. Les
contributeurs ne sont pas toujours à la recherche de rémunération, mais
plutôt de formes de reconnaissance, comme la citation par la marque ou
l’invitation à des colloques.
L’innovation ouverte pourrait sembler incompatible avec une économie de
marché qui valorise brevets et licences. Elle bouscule la règle du secret de
fabrique qui avait fait la fortune de nos grands-parents hier. Car jusqu’aux
années 1960-1970, leurs entreprises évoluaient dans un monde
d’innovations fermées, développées en interne, souvent dans le secret, et
mises en œuvre au sein de l’entreprise. Ce secret de fabrication faisait
souvent le bonheur pérenne de la famille fondatrice et les entreprises
faisaient peu d’efforts pour assimiler des innovations venant de l’extérieur (on se souvient du service consommateurs de votre marque de petit
déjeuner : contre trois timbres, il vous était permis d’espérer une réponse à
votre requête – sous quatre semaines…). Aujourd’hui, à l’heure où le Web
propage les secrets à la vitesse de l’électricité et de la lumière, l’open
innovation nous dit plutôt, avec Procter, Linux et Tesla comme chefs de
file : « Ton secret, plus tu le partages, plus tu le propages et plus tu
t’enrichis. »
L’innovation ouverte pourrait sembler incompatible avec une
économie de marché qui valorise brevets et licences. Elle
bouscule la règle du secret de fabrique.
Le processus se construit en temps réel grâce à des plateformes mutualisées
d’innovation et à des outils d’échanges de type Give and Get
(Donner/recevoir).
Give : chacun apporte sa part de solution à la résolution d’un
problème.
Get : les apports les plus contributifs sont rémunérés ou honorés.
Certains prix (allant jusqu’à 1 million de dollars – délivré par InnoCentive)
consistent à inviter les « esprits créatifs » à résoudre le mieux et le plus vite
possible les problèmes les plus graves de l’humanité. Il peut s’agir de
problèmes de biodiversité, de pollution, de climat, de santé
environnementale, d’alimentation, de développement ou encore
d’éducation… Il est demandé aux chercheurs récompensés de publier leurs
résultats sous une licence perpétuelle, libre et gratuite. En échange, des
bourses scientifiques leur sont offertes.
Cette approche permet de mettre en œuvre des démarches basées sur le
partage éthique et libre des savoirs et savoir-faire, avec notamment
l’utilisation de licences libres dans un esprit dit Odosos, c’est-à-dire Open
Data, Open Source, Open Standards.
Sources
Crowdsourced Innovation de Catherina Van Delden (Taschenbuch), Innosabi Publishing, 2014
Connect & Develop de Procter & Gamble sur le site PG Connect + Develop
Usage dans l’entreprise
Nous vous invitons dans un premier temps à penser votre offre du point de
vue de l’expérience qu’elle délivre – en vous asseyant mentalement à côté
des utilisateurs de vos produits. Regardez-les agir, vivre, grandir ; écoutez-
les bien : ils sont la première source d’innovation pour votre business. Dans
cette étape, nous vous invitons à mettre en place un système de veille en
mode « user ou consumer centric » (centré sur l’utilisateur et sur la façon
dont il « consomme » votre produit) qui vous permet d’avoir une écoute
continue de votre marché. Le marché comprend les clients, les influenceurs,
les concurrents directs et indirects et même les nouvelles startups qui
peuvent proposer des produits de substitution.
Dans un second temps, mettez en place l’open innovation : invitez les
consommateurs les plus engagés à devenir vos partenaires de cocréation au
cœur de votre processus d’innovation. Ils deviendront vos conseillers
précieux en matière d’usages. En quête d’une expérience unique et inédite,
ils sont capables mieux que quiconque de détecter les sources de progrès et
d’innovation. Partie prenante, ils deviendront source de création de valeurs
et d’avantages compétitifs. Traitez cette contribution et cet échange avec
respect, dans la durée : sachez remercier chaque contributeur, souvent plus
sensible à la reconnaissance qu’à la rémunération. N’oubliez pas d’associer
à vos remerciements tous les contributeurs, même ceux qui n’ont pas
abouti.
Explorez enfin la collaboration ouverte recherche-entreprise, par exemple
au travers de partenariats publics-privés. Les laboratoires de recherche
peuvent apporter des compétences complémentaires aux industriels sous
forme de prestations de services, de missions de conseil ou de
collaborations sur la recherche. Intéressez-vous pour finir aux événements
orientés vers l’innovation ouverte, comme les hackathons (cf. #hackathon).
L’une des pistes de croissance prometteuses pour l’entreprise consiste à
ajouter des options et des services additionnels à son produit de base. Pour
augmenter la valeur d’usage ou d’expérience du produit. C’est ce qu’on appelle l’économie des bouquets ; cette vision ouvre la voie vers des
innovations incrémentales infinies (on utilise aussi le néologisme
« servicisation »). Imaginez un bouquet d’options et de services incorporés
nativement dans votre produit : par exemple une carte SIM, un
accéléromètre et un GPS reliés au déclenchement de votre airbag, qui
permet au SAMU de déceler à distance un accident et d’intervenir
immédiatement (awaken.fr). Vous augmentez considérablement la valeur de
service de votre produit, et donc la valeur de votre marque. C’est en mettant
à contribution des utilisateurs, avec l’innovation ouverte, que vous allez
découvrir ces besoins et être le plus pertinent dans votre réponse à ceux-ci.
La démarche « bottom-up » consiste précisément à partir des usages et des
expériences et à remonter vers l’outil de production, pour innover.
Réflexion personnelle
Dans l’économie matérielle (fondée sur une logique de reproduction, et dont les
actifs stratégiques sont les machines et les usines), le produit était la résultante
d’un procédé associant matières premières et savoir-faire : le marketing et la
communication ajoutaient sur le produit fini leur couche de vernis final en y
incorporant design, sensorialité, image – pour valoriser et vendre le produit en le
rendant distinctif et attractif. Le modèle économique qui succède progressivement
à cette économie est l’« économie de l’immatériel » (fondée sur une logique
d’innovation, et dont les actifs stratégiques sont les brevets, les marques, les
systèmes d’information, les hommes…). Ici, le marketing s’attache à servir et à
magnifier l’expérience client, en augmentant la valeur d’usage et de partage.
Nous dépassons le cadre de l’utilisation du produit (output) pour aller vers la
valeur globale perçue (outcome) : le bien commun, un progrès pour l’humanité…
Certains acteurs prennent en compte son impact écologique sur le monde, en
rajoutant aux 4P du marketing-mix, un 5 e P : « people et planète ». Et, plus
récemment, le marketing a intégré « le projet de la marque pour le monde » :
« purpose » – le fameux 6 e P.
En effet en définissant une finalité qui a un impact positif sur le monde, l’entreprise
peut s’ouvrir et s’enrichir par les contributions de particuliers ou d’entreprises qui
partagent cette même vision ou préoccupation. On parle aujourd’hui de « purpose
management » quand l’entreprise, la marque et la marque employeur sont
centrées sur cette vision.
Aller plus loin
Avec Philippe Moati, vous entrerez de plain-pied dans L’Économie des bouquets : les
marchés de solutions dans le nouveau capitalisme, Éditions de l’Aube, 2008. Vous
comprendrez mieux comment utiliser l’innovation pour augmenter la valeur de
services et d’usages de vos produits.
Liste des sources et des liens actualisée :
21cles.fr/open-innovation
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