Commandant en chef - Tome 2

Tom Clancy · Chapitre 20 sur 41

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Commandant en chef - Tome 2

Chapitre 61

61

 

 

VALERI VOLODINE regarda l’hélicoptère emmenant Tatiana Molchanova s’envoler de sa pelouse et disparaître dans le ciel nocturne piqueté de bourrasques de neige pour regagner Moscou.

Elle venait de lui transmettre le message de Jack Ryan. Elle l’avait livré d’une voix lente, chevrotant de nervosité.

Putain de salope. Il avait vu l’entretien à la télévision : Ryan lui avait cloué le bec lors de l’interview ; sur la fin, elle avait paru quasiment en état de choc, malgré quelques piques destinées à le déstabiliser. Et maintenant, elle me sert les conneries du président américain ? Manifestement, si Ryan se sentait en mesure de faire une proposition aussi culottée, c’était uniquement parce que la femme devant lui s’était liquéfiée sous ses yeux.

Volodine veillerait à ce que Molchanova soit remplacée sur Canal 7. Avant la fin du mois, elle allait se retrouver correspondante « faits divers » à Grozny.

Il n’avait pas réagi ouvertement à l’insulte quand elle lui avait transmis le message du président américain lui demandant de commencer par se comporter en vrai chef d’État. Non, il la remercia simplement avant de la congédier, masquant sa fureur.

À présent, Volodine allait lui montrer comment se comportait un véritable chef d’État.

La porte de son bureau s’ouvrit et il devina la présence de sa secrétaire. Elle se tenait immobile et silencieuse, attendant qu’on la remarque, sachant trop bien que son président regardait par la fenêtre quand il désirait ruminer en paix.

« Qu’y a-t-il ? demanda Volodine.

– Je suis désolée, monsieur. Le directeur Grankine est ici pour son rendez-vous. »

Volodine ne se retourna pas. Il se contenta d’un bref hochement de tête avant de répondre. « Faites-le entrer. »

Grankine était déjà installé devant son bureau quand le président russe se retourna enfin pour l’accueillir. Volodine se rassit, tendit la main vers sa tasse de thé, but une gorgée, sans jamais cesser de dévisager son directeur du Conseil de sécurité.

Mikhaïl Grankine était visiblement nerveux.

« Quelles nouvelles ? demanda Volodine.

– L’OTAN ne déploiera pas de troupes en Lituanie sauf violation attestée de l’article 5. »

Volodine hocha la tête.

« Ils savent que la Lituanie est sans défense, ce qui veut dire qu’ils savent pertinemment que lorsqu’une violation de l’article 5 sera devenue manifeste, il sera pour eux trop tard pour réagir. C’est ce que je dis depuis le début. Nos pressions les ont convaincus qu’ils ne veulent surtout pas se mouiller dans une guerre avec la Russie. On n’a plus qu’à se baisser pour récupérer la Lituanie. »

Mikhaïl Grankine resta impavide mais il acquiesça lentement.

« Le président américain accepte-t-il le sommet ? »

Volodine hocha la tête.

« M’a juste bredouillé une histoire incohérente de passage obligatoire par les canaux nécessaires. » Volodine brassa l’air de la main, comme si cet aspect essentiel de leur plan n’était qu’une broutille, comme s’il n’avait soudain plus d’importance. « Oublions le sommet. Nous nous emparerons de la Lituanie en quelques coups de feu. Ce sera encore plus facile qu’avec la Géorgie.

– Donc, nous entamons la phase suivante ?

– La phase finale de l’opération Hiver baltique 16 va commencer immédiatement. »

Grankine acquiesça. Puis : « La collision aérienne n’aura été qu’une complication inutile, crut-il bon d’observer. On aurait pu s’en passer. »

Volodine secoua la tête, exprimant ouvertement, fait rare, une authentique frustration. « Mon seul regret est que cet enculé de pilote de l’Iliouchine ne soit pas encore en vie, que je le fasse fusiller. À l’échelle de l’histoire, ce n’est qu’un non-événement. Une complication, certes, mais toutes les opérations aériennes que nous avons conduites l’an dernier ont au moins rempli leur objectif : on craint la Russie et, par conséquent, on la respecte. Un seul incident négatif n’est qu’un bien faible prix à payer en contrepartie de la puissance que nous en avons retirée. » Il agita de nouveau la main. « Quoi qu’il en soit, à cette même heure la semaine prochaine, plus personne ne parlera d’un accident d’Airbus au-dessus de la Baltique, je peux te l’assurer. »

Grankine s’éclaircit la voix, il hésitait. Volodine vit bien qu’il voulait dire quelque chose, mais craignait que le moment ne soit mal choisi.

« Qu’y a-t-il, Micha ?

– L’un de mes meilleurs hommes. Vladimir Kozlov. Il est en mission spéciale pour la présidence depuis déjà un mois.

– Tiens donc ? Oui… je crois bien avoir entendu quelque chose à ce sujet… »

Grankine se racla de nouveau la gorge. « Eh bien, avec l’opération de Bruxelles qui tourne à plein régime, l’Hiver baltique qui démarre… je m’attends à une augmentation imminente de nos besoins en capacités de renseignement. J’ai vraiment besoin de récupérer Kozlov.

– Tu as d’autres agents au Conseil de sécurité.

– Tout à fait, monsieur le président. Mais nous avons dû compartimenter les principaux aspects de notre plan, tenir les informations hors d’atteinte du FSB comme du GRU. Morozov est à Bruxelles. Mon agent Kozlov devient désormais crucial pour d’autres aspects de l’opération. »

Volodine hocha la tête.

« Kozlov sera ton homme quand je te le rendrai. Pour l’instant, il est à moi. Tu devras te passer de lui. »

Grankine n’insista pas. Il posa les mains sur les accoudoirs de son fauteuil.

« Dans ce cas, si vous voulez bien m’excuser, je m’en vais passer des coups de fil aux personnels indispensables pour entamer les opérations. »

Volodine acquiesça, Grankine sortit, puis le président retourna poursuivre ses ruminations devant la fenêtre. La chute de neige s’était légèrement accentuée.

Il cessa de penser à l’opération en mer Baltique pour réfléchir à celle qui se déroulait aux Antilles. Ce matin, il avait reçu de Kozlov un texto très bref lui indiquant que tout se déroulait conformément au plan. L’homme ne donnait aucun détail mais Volodine n’en demandait pas et n’en avait pas non plus l’utilité. Tout ce qu’il avait besoin de savoir, c’était que d’ici deux ou trois semaines, sa fortune serait définitivement à l’abri de toutes les menaces intérieures et invisibles pour toutes les menaces extérieures.

Il espérait ne pas avoir à toucher à ce magot avant longtemps, mais il savait que ses actes allaient faire de lui soit un héros de la Fédération de Russie, soit le criminel le plus recherché de la planète.

Et il savait aussi qu’il devait se préparer à jouer les deux rôles.

C’est dans un hôpital du centre de Vilnius que Peter Branyon avait reçu les premiers soins, pour sa blessure par balle à l’épaule et ses côtes cassées, puis on l’avait transféré par avion vers la base aérienne de Ramstein, dans l’ex-Allemagne de l’Est, à bord d’un Learjet de l’Agence, trente-six heures après la tentative d’enlèvement.

Ding supposa que le chef d’antenne de la CIA était resté H.S. depuis l’incident mais quand, avec Dom, ils parcoururent les dernières photos que Mary Pat Foley leur avait demandé de prendre, Ding découvrit que Branyon avait été très affairé, continuant de travailler par téléphone jusqu’au moment où on l’avait anesthésié en vue de l’opération pour traiter sa fracture de la clavicule.

Le mobile de Ding sonna à dix-neuf heures, alors qu’ils étaient sur la nationale pour regagner Vilnius. Il regarda l’écran et découvrit un numéro lituanien qu’il ne reconnut pas.

« Allô, oui ? »

Son correspondant s’exprimait en anglais avec un accent lituanien.

« Monsieur Chavez. Je m’appelle Linus Sabonis. Je suis le directeur du Service de sécurité de l’État. »

Chavez comprit qu’il recevait un appel de l’équivalent lituanien du directeur de la CIA. « Comment puis-je vous aider, monsieur ? »

Après un bref silence, la voix répondit : « Je pense qu’on devrait se voir. »

Chavez, Caruso et Linus Sabonis se rencontrèrent dans une chambre de l’hôtel Kempinski, sur la place de la Cathédrale. Sabonis avait une douzaine de gardes du corps armés, aussi Chavez et Caruso furent-ils surpris quand ils ne furent ni fouillés, ni passés au détecteur, ni invités à franchir un quelconque portique de sécurité avant de se retrouver assis devant le patron de l’espionnage lituanien. Ils entrèrent simplement dans la chambre, serrèrent la main des quelques personnes présentes et s’assirent.

« Mon ami Peter Branyon m’a dit ce que vous avez fait. » Sabonis haussa les épaules. « Mais presque rien sur votre identité réelle, hormis que vous n’appartenez pas vraiment à son organisation. »

Les Américains s’abstinrent de réagir.

Sabonis poursuivit : « Je vous remercie pour tout ce que vous avez déjà fait pour mon pays, mais j’aimerais vous demander autre chose encore.

– Nous serons heureux de vous aider dans toute la mesure du possible, dit Chavez.

– Nous savons que nous avons ici plus de cent éléments russes, agents ou informateurs… et je parle uniquement de Vilnius, même pas du reste du territoire. Des hommes du FSB et de leurs informateurs opérant dans la capitale. Ils ont un excellent service exclusivement dévolu à la surveillance des fonctionnaires de l’ambassade, comme moi, mais aussi des agents de la CIA, du MI6 et des autres pays favorables à notre cause. C’est bel et bien leur rôle principal sur notre sol : neutraliser l’opposition. Nous contraindre de ce fait à nous focaliser sur les seules missions de contre-surveillance. »

Dom intervint :

« Vous êtes en train de nous dire que vous vous retrouvez bloqués, mais que la situation est à leur avantage parce qu’ils peuvent simplement se contenter d’attendre une invasion, et à ce moment rafler tous les espions identifiés comme ennemis.

– C’est exactement cela, confirma Sabonis. À l’exception d’une intéressante ridule dans la mer étale du statu quo : la présence d’un autre groupe d’opposants, ici même dans la capitale. Mes hommes ont tenté de les localiser et de cerner leurs activités. Manifestement, ils sont pro-Russes mais ce ne sont pas des Russes et ils ne viennent pas non plus d’une autre ambassade.

– Comment avez-vous eu connaissance de leur existence ?

– Nous avons entendu des rumeurs, tant dans les villes frontières qu’ici même dans la capitale. Ce ne sont pas de Petits Hommes verts – qui en fait appartiennent à l’armée russe. Non, il s’agit d’une sorte de force téléguidée de l’étranger.

– Comme les gars auxquels nous nous sommes frottés hier soir ?

– Exactement comme ces hommes dont vous parlez, confirma Linus Sabonis. Je me demande si vous ne seriez pas les deux seuls dans notre camp à les avoir rencontrés pour de bon.

– Une idée de ce qu’ils viennent faire ici ? demanda Dom.

– J’aurais tendance à croire qu’on nous les a servis sur un plateau parce que le FSB sait fort bien qu’on a eu vent de leur existence. Cette autre force est maintenue dans la capitale, prête à se manifester en soutien de l’invasion. De quelle manière et à quel titre, je l’ignore.

– En tout cas, ils étaient bougrement bien entraînés, observa Ding. J’étais convaincu qu’ils étaient des sortes de Spetsnaz jusqu’à ce que Branyon nous soutienne qu’ils ne sont même pas russes. J’en viens à supposer qu’ils sont là pour perturber tout effort de défense : assassinats politiques, actes terroristes. Sans oublier les enlèvements : ils ont prouvé leurs aptitudes de ce côté. Vous avez des problèmes, monsieur le directeur.

– Raison pour laquelle je désirais vous parler. J’aimerais que vous trouviez un moyen de faire sortir ces hommes de l’ombre. Juste assez pour les identifier. Si vous réussissez à démontrer la présence d’un nouvel acteur, nous pourrons le révéler aux médias internationaux. Et peut-être faire pression sur le pays d’où viennent ces forces pour qu’il les retire.

– Pigé, dit Chavez. Vous voulez nous utiliser comme appâts. »

Sabonis haussa les épaules.

« Il y a quelque intérêt par ici à ne pas être connu de l’adversaire. Mon idée première était d’agir sans vous demander la permission. Puisque les Russes me connaissent, il m’aurait suffi de vous rejoindre dans un café et de m’y asseoir pour attirer sur vous les yeux du FSB. Dès lors, on vous aurait rangé dans l’opposition. »

Dom appréciait modérément l’idée émise par ce type les contraignant à jouer les appâts. Il contra :

« Et la seule raison qui vous en a empêché est que vous ne saviez pas si cela aurait suffi à amener les agents du FSB déjà connus de vous à nous coller aux basques, plutôt que ces autres types.

– Pour tout dire, oui. La situation de mon pays est désespérée, vous l’imaginez sans peine. Ma seule intention est ici de défendre les intérêts lituaniens. » Il se pencha vers l’Américain. « Mais maintenant que je vous ai expliqué comment je comptais vous utiliser, vous serez sans doute intéressés d’apprendre que j’ai un plan pour vous permettre d’attirer la curiosité de l’unité qui convient. Toujours à seule fin de la faire sortir de l’ombre.

– Comment ?

– Depuis la fusillade à la frontière, un groupe d’hommes s’est posté en surveillance autour de l’immeuble de Peter Branyon. Nous en avons été informés par un voisin qui a bien insisté sur le fait que ces individus parlaient une langue différente du russe. Je ne peux que supposer qu’ils ont découvert l’adresse personnelle de Branyon lors de son enlèvement. Un jeu de clés, un ticket de caisse, le reçu d’un pressing, quelque chose sur lui. Ils ne sont pas du FSB, ça nous en sommes certains, parce qu’ils n’ont aucune relation avec les agents russes déjà identifiés dans la capitale et, par ailleurs, le FSB ne peut pas bouger en ce moment.

« Notre idée première était de demander à la police locale de les appréhender pour vérifier leur identité, voire de les interroger, et puis je me suis dit que s’ils étaient ici, ils devaient forcément avoir des papiers en règle et une couverture solide pour justifier leur présence sur notre sol. Non, nous devions les pincer en flagrant délit… un truc qui nous permettrait de faire pression sur eux.

– Encore une fois, vous voulez nous utiliser pour les prendre au piège. »

Sabonis acquiesça. « Si vous vous rendiez tous les deux chez Branyon et forciez l’entrée de son appartement, révélant de fait que vous cherchiez à y recueillir des informations ou préparer un coup, alors il serait possible de vous identifier comme les deux individus impliqués dans la fusillade à la frontière. À ce moment, je ne peux que supposer que vous seriez filés par cette fameuse force auxiliaire. Ils voudront savoir qui vous êtes. Après tout, c’est parce qu’ils ignoraient votre existence que cinq d’entre eux sont morts, l’autre jour.

– Et quand ces types se mettront à nous suivre, termina pour lui Dom, vos hommes interviendront pour les neutraliser. »

Le directeur Sabonis alluma une cigarette. Les hommes du Campus n’avaient jusqu’ici toujours pas rencontré un seul Lituanien qui ne fume pas. Il remarqua : « Si c’était aussi simple, c’est en effet ce que nous ferions. Mais comme je l’ai dit, c’est tout mon personnel qui est filé. Si mes hommes se portent à votre secours, vous attirerez illico vous aussi l’attention du FSB. »

Cette fois Dom n’aimait plus du tout le tour que prenait cette conversation.

« Bref, vous voulez que nous nous dévoilions à un groupe de malfaiteurs que vous n’avez pas réussi à identifier et puis… quoi donc ? Qu’on les élimine à votre place ?

– Non, bien sûr que non, protesta Sabonis en secouant la tête. Vous servez juste de carottes. Vous n’aurez qu’à recourir à d’autres membres de votre organisation pour jouer les bâtons. »

Dom, qui s’était jusqu’ici tenu assis au bord du divan, se laissa choir contre le dossier et détourna les yeux pour masquer sa frustration.

Chavez se contenta d’un sourire. « À toutes fins utiles, directeur Sabonis, je tiens à vous signaler que les deux types présentement assis devant vous représentent l’ensemble des capacités opérationnelles de notre organisation. »

Le patron du renseignement lituanien soupira, sans plus. Puis il se tourna vers l’un de ses collaborateurs et s’adressa à lui, en lituanien bien sûr, avant de reporter son attention sur les deux Américains.

« Si vous parvenez à amener ces types à vous suivre, nous pouvons établir un barrage routier. Le FSB n’est pas sur les talons de chaque policier de cette ville. »

Coup d’œil de Caruso à Chavez.

« Les types de notre fusillade à la frontière, c’étaient des pros. Sans aucune pitié… votre barrage de police, ils vous le massacreront en un rien de temps.

– Absolument, renchérit Chavez. Ils n’hésitent pas à tuer et ils ont été parfaitement entraînés à le faire. »

Sabonis agita les mains en signe de protestation.

« Je ne vous parle pas d’agents qui dressent des contraventions. Je peux obtenir des hommes de l’ARAS, l’unité antiterroriste du ministère de l’Intérieur. Ils ne sont pas bons aux tâches de surveillance, on n’y peut rien, mais ce sont des clients sérieux pour ce qui est de défourailler. Si vous leur amenez ces mystérieux intrus, ils seront tout à fait capables de les arrêter… ou de faire le nécessaire pour éliminer la menace. »

Chavez hocha la tête.

« J’ignore quel choix nous avons, ou plutôt quel choix a la Lituanie. Quelle que soit la mission de cette force dans votre pays, en éliminer tout ou partie vaut bien le risque encouru. »

Cette fois, ce fut au tour de Dom Caruso d’intervenir.

« Si on s’en charge pour vous, j’estime que la moindre des choses serait de nous fournir des armes. »

Sabonis opina.

« Aucun problème de ce côté. Vous pourrez choisir parmi ce dont dispose l’ARAS. » Il se leva. De toute évidence, d’autres rendez-vous l’attendaient. « Très bien. Je vous laisse avec mon assistant pour peaufiner les détails de l’opération. Je vous remercie pour le service que vous rendez à la Lituanie. J’espère, quand cette crise sera derrière nous, que vous pourrez revenir chez nous, voir comme notre pays est beau et paisible. »

Les trois hommes se serrèrent la main et les agents du Campus exprimèrent leur vœu de revenir un jour, même si l’un comme l’autre se demandaient si cette ville n’était pas à quelques jours de se retrouver derrière le nouveau rideau de fer.

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