Commandant en chef - Tome 2
Chapitre 64
64
LA SALLE DE CONFÉRENCES du PC de crise était bondée. Les fonctionnaires de la Sécurité nationale directement rattachés au gouvernement étaient assis autour de la table et derrière eux, conseillers et officiers de l’armée s’alignaient contre les murs. Six autres hommes et femmes occupaient les angles.
Jack Ryan contempla la nombreuse assistance et se dit qu’il devrait être le président ayant réussi à faire réaménager la pièce. Ce n’était pas parce que les problèmes internationaux avaient pris une telle ampleur que les lieux dépassaient leur capacité d’accueil depuis sa construction en 1961 ; c’était plutôt que la quantité d’informations qui s’y déversait était devenue plus difficile à gérer. Il fallait plus de personnel, plus d’experts dans chaque discipline, plus d’écrans et plus de place pour les présentations visuelles que lors de crises analogues survenues quelque vingt ou trente ans plus tôt.
Ryan se retrouvait avec trente personnes devant lui et il se faisait l’effet de l’arrière d’une équipe de foot trop nombreuse et trop indisciplinée essayant de jouer dans un stade bien trop petit.
C’était une sensation paralysante.
La parole était au ministre de la Défense ; assis à la gauche de Ryan, Bob Burgess était en train de s’adresser à lui mais en veillant à parler assez fort pour être entendu de toute la salle.
« Les Russes prétendent que le pétrolier naviguait dans les eaux de leur enclave de Kaliningrad et qu’il aurait refusé de répondre à leurs sommations par radio. »
Ryan considéra la carte affichée sur le moniteur à l’autre bout de la salle. C’était le seul écran visible pour lui, avec cette foule le long des murs.
« Que disent les Russes des intentions qu’ils prêtaient au navire coulé ?
– Ils parlent de terrorisme. Ils prétendent avoir craint une nouvelle attaque, cette fois contre leurs forces basées à Kaliningrad, dans le prolongement de l’attentat de Vilnius.
– C’est crétin.
– Le message est à usage interne, précisa Mary Pat. Volodine est sur le sentier de la guerre, il le sait et il martèle à ses concitoyens le sempiternel message nationaliste “Nous sommes attaqués”, déjà employé l’an dernier. Mais aujourd’hui, il renforce cette assertion en prétendant que, cette fois-ci, on s’en prend directement à ses soldats.
– Selon vos instructions, reprit Burgess, j’ai déjà ordonné au chef des opérations navales de diriger vers la Lituanie toutes nos forces de surface croisant dans la région. Le premier à arriver sur zone sera le James Greer, un destroyer lanceur de missiles guidés.
– J’ai vu le Greer ce matin sur CNN, intervint Ryan. Il participe aux recherches sur la catastrophe du SA44.
– Participait. Il a déjà quitté le site du crash et fait maintenant route à toute vapeur vers sa nouvelle position. Il sera sur zone ce soir à dix-neuf heures. Le capitaine attend les ordres. Il sait qu’il doit soit protéger les eaux lituaniennes, soit jouer un rôle plus actif dans les eaux internationales. »
Ryan hocha la tête. Il savait que la décision lui revenait au bout du compte, mais il n’allait pas se précipiter.
Burgess reprit :
« Et il y a des infos du renseignement militaire concernant les trois généraux que nous avons mentionnés. Deux appartiennent au district militaire ouest, le dernier à celui du sud.
– Vous m’avez dit, nota Ryan, que le renseignement militaire avait la quasi-certitude que ces hommes apparaîtraient sur le théâtre avant tout déclenchement d’une attaque contre la Lituanie.
– C’est exact et nous avons bel et bien repéré les trois hommes. L’un d’eux se trouve en Biélorussie, l’autre à Kaliningrad.
– Et le troisième ?
– Croyez-le ou non, il est en vacances à Odessa.
– En vacances ?
– Dans un nouveau centre balnéaire exclusivement dévolu aux officiers de l’armée. Il y avait même un reportage dessus ce matin sur Canal 7. On y mentionnait son nom à côté de celui d’autres haut gradés. »
Au premier abord, Ryan trouva que ça ne tenait pas vraiment debout.
« Que serait censé être son rôle lors de l’invasion ?
– L’artillerie lourde. C’était en tout cas son affectation lors de toutes les autres opérations militaires. »
Jack se mit alors lentement à sourire. Pas par plaisir : juste d’admiration pour l’habileté de l’adversaire.
« Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Adler.
– Ce général… c’est leur Patton. »
Burgess saisit aussitôt.
« Une diversion.
– Pardon ? fit Scott Adler. Patton ? »
Ryan lui expliqua.
« Avant le débarquement de Normandie, les Allemands avaient à l’œil un seul homme : le plus audacieux des généraux américains. Ils considéraient comme acquis qu’il participerait à l’invasion.
« Eisenhower l’avait compris aussi expédia-t-il Patton tout au nord de l’Angleterre, il lui donna une armée fantôme, bref la diversion parfaite. Patton ne prit aucune part dans le Débarquement, parce que Ike avait décidé qu’il serait bien plus utile en détournant le regard de l’ennemi de la véritable opération.
« Ce général russe, poursuivit Ryan, a sous ses ordres un état-major parfaitement capable de prendre sa place. Les Russes l’envoient au “Club Med” d’Odessa, ils insistent lourdement sur le fait qu’il est à mille lieues du théâtre, pour nous porter à croire qu’il ne va rien se produire. »
Scott Adler avait saisi toutes les implications de la nouvelle.
« Au cours des dernières semaines, ils ont fait tout leur possible pour renforcer la conviction qu’ils s’apprêtaient à traverser la frontière. Et puis, tout d’un coup, ils appliquent une ruse. » Il ne demanda pas pourquoi, car il le savait. « L’invasion est décidée. L’Occident lâche l’affaire, comme escompté, et ils peuvent donc lancer leur offensive. »
Jack Ryan opina.
« Ils n’ont pas le choix. Ils veulent juste que nous baissions notre garde pour un jour ou deux, pendant que leur vieux bouc se dore la couenne sur la plage, ce qui sera le signal de leur passage à l’action.
– Je vais alerter notre délégué à l’OTAN. Il pourra insister à nouveau pour obtenir un déploiement.
– Non, rétorqua aussitôt Ryan. L’OTAN ne se déploiera qu’une fois qu’il sera trop tard. L’affaire est pliée. Ils n’agiront – si même ils agissent – qu’en cas de violation avérée de l’article 5.
– Que voulez-vous faire ? demanda Adler.
– Nous allons déployer en Lituanie la Force de rotation de la mer Noire. » Il se tourna vers Burgess. « Je veux qu’ils partent toutes affaires cessantes. Et mets également en branle les unités de marine basées en Espagne, puis donne le feu vert au régiment de Camp Lejeune. Tu as dit qu’ils pouvaient être en Lituanie dans les dix jours. Eh bien, le chrono tourne. »
Burgess se tourna vers un assistant, un colonel en uniforme dont le badge portait le nom BROWN. « Brownie, tu t’y colles », puis il se retourna vers Ryan :
« Le corps expéditionnaire de marines en exercice en mer du Nord ? »
Ryan acquiesça.
« Eux aussi. Tu les rabats sur l’est. Vers la Baltique. Évidemment, il va nous falloir éliminer quelques sous-marins russes avant que je puisse placer deux mille de nos marines dans leurs eaux territoriales. Mais il leur faudra plusieurs jours pour y parvenir. » Il se tourna vers le ministre de la Marine. « Assurez-vous que nos bâtiments qui traquent ces sous-marins disposent de tout le nécessaire. Si vous voulez que je contacte par téléphone la Suède, ou la Pologne, ou… qui vous voudrez, pour être épaulés par nos alliés, vous n’avez qu’à demander.
– Merci, monsieur le président.
– Et Bob… »
Il s’était retourné vers Burgess.
« Monsieur ?
– On tient à l’œil ce général à Odessa. Si vous vous souvenez, Patton n’avait peut-être pas participé au Débarquement mais on l’a certainement retrouvé sur le front quelques mois plus tard, tuant des Allemands pendant la bataille des Ardennes.
– Ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, monsieur le président. »
Le déploiement de la Force de rotation de la mer Noire avait fait l’objet de plusieurs jours de discussion, aussi quand l’ordre descendit par la voie hiérarchique jusqu’au QG en Allemagne du MARFOREUR – acronyme de la Force des marines en Europe –, le lieutenant-colonel à la tête de la force n’eut qu’à donner l’ordre de marche.
Le lieutenant-colonel Rich Belanger commandait le 3e bataillon du 5 e re régiment de la 1 division de marines. Plus connue sous le nom de Bataillon Darkhorse 3/5, l’unité avait passé les quinze dernières années à participer à la lutte contre les divers mouvements insurrectionnels au Moyen-Orient. À quarante-sept ans, Belanger était d’un quart de siècle plus âgé que ses hommes. Avoir passé tout ce temps à défendre son pays aurait déjà tendu à lui faire apprécier les situations sous un autre jour qu’eux mais, de surcroît, cette différence d’âge revêtait ici une importance toute particulière. Quand il n’était encore qu’un lieutenant « frais émoulu », il s’était quasiment fait une spécialité de l’étude détaillée de la doctrine militaire soviétique et du matériel militaire du bloc oriental. À l’époque, fin des années quatre-vingt, nul ne doutait de l’identité du principal ennemi des États-Unis et de la région où se déroulerait le prochain conflit.
Mais pour les jeunes gens qui composaient de nos jours son bataillon, le monde était bien différent. Ceux de ses hommes qui avaient connu le feu avaient appris la sauvagerie de la guerre en Afghanistan et en Irak ; or il s’agissait là d’un ennemi, d’un terrain non comparables et d’une expérience du combat tous bien différents de ce qu’ils risquaient de connaître ici en Europe centrale, si jamais les Russes envahissaient un pays de l’OTAN.
Dès que Belanger avait su que son bataillon devait assumer les missions de la Force de rotation en mer Noire, il s’était aussitôt attelé à la tâche de reprendre l’entraînement de ses hommes, de modifier leur disposition d’esprit et de les imprégner des nouvelles formes de combat qu’ils allaient devoir livrer, parce que lui seul savait apprécier ce à quoi ils devaient s’attendre.
L’Afghanistan, ça craignait à mort. L’ennemi était bien réel et les menaces, de tous les instants. Cela dit, jamais personne en Afghanistan ne vous aurait parlé de chars ennemis ou, pis encore, d’aviation ennemie.
Alors qu’ici, en Europe, face à la Russie, les chars et l’aviation formaient l’essentiel des préoccupations.
Bref, une tout autre sorte d’ennemi.
Un commando d’insurgés afghans pouvait décimer une escouade, mais une batterie de canons 2S19 russes pouvait emporter toute une compagnie.
Sitôt informé que sa force – et elle seule – risquait d’être positionnée dans l’est de la Lituanie, Belanger eut un comportement inattendu. Il consacra presque tout son temps à s’occuper de logistique et d’approvisionnement, laissant les derniers détails des préparatifs du combat à ses commandants de compagnie.
Il fournit aux chefs de l’infanterie le détail de ce qu’il désirait leur voir faire, se fiant à eux pour s’acquitter de la tâche. Puis il se concentra sur la mise à disposition de l’équipement critique dont il savait que personne dans la zone d’opérations européennes ne voudrait se séparer.
Il n’ignorait pas que les combats à venir allaient en exiger en quantités bien supérieures aux disponibilités sur place.
Il ordonna donc à ses officiers responsables de la logistique et des approvisionnements de récupérer toutes les armes antichars sur lesquelles ils pourraient mettre la main. Il gourmanda personnellement le responsable de la logistique pour son manque d’audace lors des douze premières heures, le menaça de corvée de chiottes pour avoir pris son temps, puis lui dit qu’il avait tout intérêt à se manier et se montrer créatif, illico.
Ça marcha.
Une semaine plus tard, l’unité Darkhorse était supérieurement approvisionnée en missiles antichars filoguidés, lance-roquettes Stinger, munitions pour mitrailleuses, obus de mortiers à charge brisante de quatre-vingt-un et cent vingt millimètres, sans oublier quantité de projectiles fumigènes. L’officier logistique avait même réussi à récupérer un stock de vieilles mines roumaines.
L’officier logistique du lieutenant-colonel Rich Belanger avait passé quasiment l’intégralité de la semaine écoulée à « augmenter » son bataillon, tant par les voies officielles, en obtenant une dotation supplémentaire de chars positionnés à Stuttgart mais non rattachés à l’OTAN, que par des voies plus souterraines, en se procurant à peu près tout le reste, des radios à cryptage renforcé aux pansements, partout où lui et son personnel en trouvaient à piquer. Ils « empruntèrent » même un complément de missiles antichars Javelin stockés dans des casemates à munitions avancées appartenant à l’armée américaine.
Belanger éplucha la liste définitive de toutes les bonnes surprises rapportées par son officier, avant de relever la tête avec un sourire.
« Vous voulez que je signe pour tout ça, capitaine ? »
L’officier fit un signe de dénégation. « Vaut sans doute mieux éviter.
– Vous, vous me plaisez bien, rit Belanger avec un clin d’œil. Je vous retire de ma liste de corvées. »
Belanger savait qu’il allait recevoir pas mal de coups de fil dans les prochaines heures mais il savait aussi qu’il était toujours plus facile d’implorer le pardon que de réclamer une permission.
Quand vint enfin le moment de sonner le départ vers la Lituanie, le bataillon Darkhorse qui s’ébranla était plus rapide et plus imposant que tout ce qu’aurait pu rêver Belanger. Quelques jours plus tôt, ils s’étaient installés en Pologne, à moins de quatre cent cinquante kilomètres de leurs positions de déploiement avancé, ce qui leur offrait l’option d’un transfert héliporté intégré. Belanger avait pour ce faire organisé son bataillon pour qu’il puisse se présenter dans la zone de combat déjà prêt à se déployer pour combattre aussitôt, si nécessaire.
Le bataillon consistait en une compagnie de QG et Service, une compagnie d’armements et de trois compagnies d’infanterie : India, Kilo et Lima. Leurs chars avaient déjà rejoint l’avant-veille la frontière polonaise, en même temps que les véhicules attachés au QG & S, de sorte qu’ils n’étaient plus qu’à trois heures de route de Vilnius.
Une douzaine d’appareils à rotors basculants V.22 Osprey et six avions-cargos C-130 Hercules se posèrent dès minuit sur des aéroports situés à Vilnius, Paluknys et Molėtai, accompagnés durant le transfert par des chasseurs-intercepteurs Harrier et des hélicoptères Cobra chargés du soutien de combat aérien pour assurer leur protection si jamais la chasse russe prenait l’air de l’autre côté de la frontière. Belanger ignorait combien de temps encore il bénéficierait de cette couverture aérienne mais il était ravi d’en profiter durant leur progression, vu qu’il ne savait pas trop ce qu’il risquait de rencontrer une fois positionné.
Le reste de la compagnie de QG & S, en même temps que les « fayots, cartouches et pansements » – ces « trois B » : Beans, Bullets and Band-Aids qui forment l’indispensable du paquetage d’un marine –, traversa la Pologne à bord de Humvee blindés et de camions de sept tonnes. Cette force terrestre n’était pas accompagnée d’une compagnie d’infanterie, mais dans toutes les unités de marines les effectifs étaient entraînés à se protéger eux-mêmes, y compris les mécanos et les spécialistes carburant qu’on avait affectés à la conduite des camions du QG & S. Chez les marines, on considérait que chaque homme était d’abord un fantassin et les chauffeurs se considéraient toujours d’abord comme des fantassins mais aussi des artilleurs capables de manier un treuil et pas l’inverse.
Rich Belanger ne voyageait pas avec la compagnie du QG. Il entra en Lituanie à bord du troisième Osprey à pénétrer dans l’espace aérien du pays, et il était équipé du même paquetage que le reste de ses hommes : une carabine M4 avec huit chargeurs de trente cartouches, un pistolet M9 et un gilet pare-balles.
La sécurité de cette opération était aussi maximale que le permettait l’organisation militaire, mais il était impossible de déplacer mille deux cents marines avec tout leur équipement dans un pays de la taille de la Lituanie en empruntant les aéroports civils, en survolant des agglomérations et avec des colonnes de chars et de Humvee sillonnant les routes sans que l’ennemi n’en ait connaissance. Belanger savait que les Russes seraient avertis de ce déploiement surprise bien avant que le jour se lève au-dessus de Moscou et il se demanda quelles en seraient les conséquences pour lui et ses hommes. La sixième armée allait-elle quitter la Biélorussie pour retourner dans la mère patrie, côté est, et rejoindre ses casernes à Kaliningrad, côté ouest, ou bien l’arrivée des marines aurait-elle l’effet opposé, encourageant les Russes à attaquer quand ils n’en auraient rien fait en leur absence ?
On avait donné à Belanger les coordonnées GPS destinées à positionner ses forces créées par le logiciel Sentinelle avancée même si, à sa connaissance, il ne s’agissait là que d’informations pondues par des planificateurs au Pentagone, le genre de gadget typique lors de ce genre de déploiement. Malgré tout, la précision et la spécificité des données fournies constituèrent une surprise pour lui, ses commandants de compagnie et leurs lieutenants.
Belanger rapatria toutefois ses hommes depuis ces positions pour les disposer plutôt juste au nord de Vilnius. Il y avait trois camps en tout, un pour chacune des compagnies d’infanterie ; chaque camp abritait, en outre, les chars d’assaut du soutien blindé, des canons automoteurs Cobra et des pelotons d’armes antichars et de mortiers fournis par la compagnie d’armement. De là, ils pourraient aisément se projeter vers des positions encore plus avancées, à mesure que s’affineraient les informations sur le positionnement des troupes russes de l’autre côté de la frontière.
Dès qu’on aurait décidé de l’endroit précis où l’avant-garde blindée russe allait faire une brèche dans la frontière, Belanger répartirait ses trois compagnies en conséquence, remplissant les trous entre les maigres forces lituaniennes déjà positionnées à la lisière orientale du pays et faisant de leur mieux pour se préparer à l’assaut des Russes.
Trois heures après être entré dans le pays, Belanger visitait son centre de commandement. Installé dans le gymnase d’un lycée, l’endroit était considérablement plus agréable que la plupart des PC d’où il avait dû opérer lors de sa demi-douzaine de rotations en Irak et en Afghanistan. Néanmoins, Rich demeurait parfaitement conscient d’être à portée des batteries de missiles ennemies installées en Biélorussie, tout comme de celles disposées à Kaliningrad.
Tout en parcourant les lieux, il réfléchit à sa situation tactique. Il était le commandant de l’espace de combat mais en réalité il savait que s’il demeurait sur des positions fixes pour combattre, ses mille deux cents hommes et lui ne seraient guère plus efficaces qu’un ralentisseur posé sur la route de l’attaque russe.
Les forces politiques dicteraient ses perspectives à long terme, mais à court terme il était en charge de son destin et il savait qu’il n’y avait qu’une seule voie vers le succès, une seule chance de survivre à ses opposants au cours des soixante-douze prochaines heures.
Tirer, puis se tirer.
Il savait que lui et son bataillon vivraient plus longtemps s’ils bougeaient sans cesse mais pour l’heure, il leur manquait juste cet élément critique d’information qui leur permettrait enfin de savoir… dans quelle direction.
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