Commandant en chef - Tome 2
Chapitre 70
70
VLAD KOZLOV resta sur le seuil de la chambre de Terry Walker, le visage impavide, tandis que l’Australien souhaitait, d’une voix larmoyante, bonne nuit à sa femme et son fils dans le talkie-walkie.
La routine avait été fixée dès la deuxième nuit de Kozlov dans les îles. Tous les soirs à dix-neuf heures trente, ses quatre gorilles et lui ramenaient Walker et Limonov dans la villa louée située au sommet de la colline de Saint-Bernard, où Kozlov s’enquérait aussitôt de la situation auprès des deux hommes chargés de garder la planque. Puis les six hommes de Steel Securitas se répartissaient par groupes de deux. Deux hommes dormaient pendant que deux autres se chargeaient de la surveillance intérieure de la villa tandis que les deux derniers patrouillaient dehors.
Limonov mangeait un morceau avant de se retirer dans sa chambre, puis Kozlov pénétrait dans la chambre de Walker, lui confiait le talkie-walkie pendant trois minutes, le temps pour lui d’appeler sa famille. Une fois le délai écoulé, il récupérait l’appareil et quittait la chambre, y bouclant Walker pour la nuit.
Ce soir n’avait pas été différent de tous les autres jusqu’à ce qu’il retourne à la cuisine se servir une vodka sortie du congélateur. Il la portait à ses lèvres quand le téléphone sonna.
Il s’éclaircit rapidement la voix.
« Tout se déroule comme prévu, monsieur le président.
– Walker ne vous pose pas de problème ?
– Aucun.
– Et Limonov ? Il se comporte comme prévu ?
– Oui, monsieur.
– Donc… pas le moindre problème ?
– Non, monsieur. Enfin… si. Nous avons eu un pépin de sécurité mais il a été réglé.
– Je vous paie pour que nous n’ayons aucun problème de sécurité.
– Toutes mes excuses, monsieur le président, mais vous me payez pour les régler. Un homme, un Américain, s’est pris d’une curiosité particulière pour le bateau à bord duquel nous détenons la famille de Walker. J’ai envoyé des mercenaires le dissuader mais il a persisté. Quand il est devenu clair qu’il allait devenir un problème, nous avons très discrètement éliminé celui-ci.
– Qui était-ce ?
– Mystère, mais on s’est assuré qu’il était seul. Il est sorti de l’histoire, plus de souci à se faire.
– Ne sois pas idiot, Kozlov ! aboya furieusement Volodine. Il aura des complices qui vont se lancer à sa recherche.
– Même si c’est le cas, jamais ils ne nous suspecteront et ils ne risquent pas de nous retrouver.
– Écoute-moi ! Je t’ordonne de demander des renforts. Tu sais que cette affaire est pour moi d’un intérêt tout particulier. Si jamais il devait arriver quoi que ce soit…
– Il ne peut rien arriver et il n’arrivera rien, monsieur le président.
– Tu m’interromps encore une fois et je demande à Grankine d’envoyer quelqu’un te trancher la langue. »
Une brève pause. « Извините. Izvinitie. Pardon.
– Si jamais il arrive quoi que ce soit, je t’en tiendrai responsable. Je te laisse imaginer ce que cela signifie.
– J’imagine, monsieur le président. Je vais contacter des spécialistes qui viendront apporter du renfort, une nouvelle couche de renfort, à nos activités aux îles Vierges britanniques.
– Tu le fais maintenant.
– Oui, monsieur le président. »
L’hélicoptère Sikorsky MH-60 Romeo progressait lentement, cent cinquante mètres au-dessus des eaux bleues de la Baltique orientale. La couleur grise de sa carlingue se fondait dans le gris du ciel, un aspect bien pratique pour une machine qui ne voulait surtout pas se faire remarquer depuis la surface ou même de sous la surface, via un périscope.
Cet hélicoptère, indicatif Casino-Un-Un, n’était pas seul en vol ; il partageait le ciel avec son frère jumeau, Casino-Un-Deux, qui patrouillait à vingt-trois nautiques plus à l’ouest.
Leur rôle était la détection de sous-marins, leur pistage et, en définitive, leur destruction. Pour parvenir à cet objectif, à intervalles de quelques minutes, Casino-Un-Un s’approchait à moins de cent cinquante mètres de la surface, puis faisait descendre au bout d’un ombilic un sonar basse fréquence AN/AQS 22 qu’il plongeait sous les eaux. Le signal du sonar actif traversait le milieu liquide pour essayer d’y repérer les deux submersibles identifiés la veille au soir.
Jusqu’ici, aucun des deux appareils n’avait détecté le moindre contact sous les bâtiments de surface croisant dans le secteur, bâtiments qui étaient fort nombreux.
Chaque fois que Casino-Un-Un retournait vers l’est poursuivre son balayage de la zone, l’équipage, deux hommes et une femme, avait une vue imprenable sur les opérations de sauvetage en mer qui se poursuivaient au large des côtes lituaniennes. La veille, quatre navires avaient été coulés sur une période de trois heures et découvrir ainsi la preuve manifeste du massacre qui s’était déroulé à la surface la veille au soir instillait chez l’équipage un surcroît de motivation pour la mission en cours.
Ils vivaient eux aussi à bord d’un bâtiment de surface, après tout, et du reste leur « bercail » serait bientôt en vue.
Le James Greer (DGG-102) ne jouait aucun rôle dans les opérations de sauvetage et récupération des quatre bâtiments de guerre lituaniens : la tâche incombait à d’autres. Le destroyer lanceur de missiles guidés constituait la menace la plus dangereuse pour les submersibles russes croisant dans ces eaux, si bien qu’en parallèle avec les deux MH-60 Romeo il concentrait ses efforts pour détecter, contrôler et engager l’ennemi.
Cette recherche se basait sur un certain nombre d’hypothèses. Pour commencer, la flotte russe de la Baltique était connue pour avoir un sous-marin Lada, mais ce dernier était en ce moment en radoub dans le port de Kaliningrad. Ce qui signifiait que deux Kilo améliorés, baptisés Varchavianka par les Russes, étaient les auteurs probables des cinq torpillages effectués les deux jours précédents.
Connaître l’identité des cibles signifiait qu’on connaissait leurs capacités d’attaque et de défense. Le Kilo tirait des torpilles de type 53-65, d’une portée effective de vingt-cinq kilomètres. Ce qui obligeait les deux MH-60 Romeo à scruter les eaux sur un arc de plus de vingt-cinq kilomètres de rayon depuis la proue du destroyer pour s’assurer que leur navire était à l’abri de chasseurs en maraude.
Pour l’heure, le Greer se trouvait à près de trente kilomètres au nord-ouest des deux hélicoptères, de sorte que les MH-60 Romeo lui servaient en même temps d’avant-garde, avec pas mal de marge.
Le James Greer était par ailleurs doté de sa propre batterie impressionnante d’équipements destinés à traquer les menaces sous-marines.
Un sonar de coque, une flûte sismique multifonction – antenne acoustique remorquée portant une série de détecteurs en grappe fixés sur un câble immergé pouvant atteindre plusieurs kilomètres – ainsi qu’un sonar à profondeur variable qu’on pouvait immerger sous les diverses couches hydrothermiques derrière lesquelles les submersibles se dissimulaient. Tous ces systèmes étaient pour l’instant configurés en mode passif pour éviter que le James Greer ne dévoile à l’ennemi sa position, mais comme les Romeo utilisaient de leur côté des sonars actifs, il était à peu près certain que les Kilo savaient déjà qu’un nouveau composant s’était ajouté aux navires de surface lancés à leur poursuite et qu’ils réagiraient en conséquence.
À savoir qu’ils allaient soit fuir, soit se cacher, soit passer à l’attaque.
Casino-Un-Un plongea une fois encore son détecteur dans la mer et une fois encore l’opérateur de bord annonça un résultat négatif. Les hélicos se rapprochaient des eaux russes au large de Kaliningrad et le pilote du premier soupçonna les Kilo d’avoir filé à l’abri de leur territoire, mais il n’en relâcha pas sa garde pour autant. Un Kilo planqué juste au-dessous de lui pouvait très bien entendre ses rotors et soit descendre plus bas, soit s’enfuir, soit attaquer l’hélico. On savait que ces submersibles russes embarquaient des SA-14, des lance-missiles portables, en fait des roquettes anti-aériennes tirées à l’épaule par un opérateur installé dans le kiosque.
Les Kilo n’étaient donc pas qu’une menace pour les navires de surface. Le commandant de Casino-Un-Un savait fort bien que son appareil pouvait également être la proie d’un sous-marin russe.
Le commandant Scott Hagen lut le tout dernier ordre de mission envoyé depuis Naples par le commandant de la sixième flotte et il poussa un long soupir. Il devait classer cette information à la fois comme une bonne et une mauvaise nouvelle, mais il se dit qu’à tout le moins elle allait lui mettre le feu au cul – et au cul de tous les membres de son équipage.
Comme s’ils avaient besoin d’un aiguillon supplémentaire pour retrouver une paire de sous-marins qui pouvaient à tout instant les couler.
L’USS Normandy, croiseur de la classe Ticonderoga, et l’USS Mustin, un destroyer lanceur de missiles guidés de la classe Arleigh-Burke, une génération plus ancienne que le James Greer, se dépêchaient de rejoindre un bâtiment d’assaut amphibie croisant en mer du Nord. Ce dernier était déjà flanqué d’un transport de chalands de débarquement de classe San Antonio et d’un autre de classe Harpers-Ferry. Une fois réunis, les cinq bâtiments allaient former une unité d’assaut amphibie et contourner ensemble la péninsule du Jutland, emprunter le détroit de l’Øresund séparant le Danemark de la Suède et finalement pénétrer en mer Baltique.
Il leur faudrait deux jours et demi pour arriver au large de la Lituanie et le commandant Hagen savait que si d’un côté la présence d’un gros croiseur et d’un puissant destroyer lanceur de missiles guidés apporterait une aide incommensurable dans le combat imminent contre la flotte russe de la Baltique, le fait que ces deux bâtiments précèdent deux mille marines embarqués sur les trois autres navires amphibies signifiait aussi que Hagen avait bougrement besoin d’être dans des eaux suffisamment sûres pour autoriser un débarquement amphibie quand cette unité arriverait.
Et dans ce but il avait convoqué l’un de ses subalternes. Un coup frappé à la porte de sa cabine détourna son attention et, levant les yeux, il découvrit un jeune lieutenant blond rasé de près, l’air nerveux. Hagen avait relu cet après-midi le dossier de l’homme et il savait qu’il était âgé de trente ans, mais à ses yeux il aurait aussi bien pu en avoir seize.
Maintenant, même les sous-officiers ont l’air de mômes, se dit-il. Tu vieillis, Scott.
« Entrez, Weps. Asseyez-vous. »
Le lieutenant Damon Hart obtempéra et s’installa sur la chaise en face du bureau de son capitaine.
« Je vous ai vu au PC-coms vers minuit. Vous avez travaillé toute la nuit ?
– Affirmatif, capitaine.
– Alors je serai bref, et quand j’en aurai fini, je veux que vous alliez manger quelque chose avant de vous pieuter. J’ai besoin que vous soyez en forme quand nous approcherons des eaux russes.
– Nous allons les pourchasser, capitaine ?
– Pas tout de suite. Mais puisqu’ils s’en sont pris aux Lituaniens, on n’a aucune raison de penser qu’ils vont sagement rester dans leurs eaux territoriales à notre approche.
– Non, capitaine. Mais je n’arrive pas à croire qu’ils veuillent réellement s’en prendre à nous. Nos torpilles sont meilleures, nous avons des forces aériennes qui peuvent les éliminer à distance de sécurité. Je sais que leurs moteurs diesel sont difficiles à détecter mais s’ils se démasquent, ne serait-ce qu’une seconde, on les annihilera. Ils le savent parfaitement, donc il est hors de question qu’ils prennent un tel risque.
– J’aime votre optimisme, mais vous devez renoncer ici à vous fier à toute logique. Je suis sûr que les capitaines de ces Kilo sont conscients que nos plates-formes d’armement sont plus performantes que les leurs. Mais vous ne savez pas quels sont leurs ordres. Pour autant qu’on sache, Moscou est en ce moment même au bigophone avec ces Kilo pour qu’ils lancent une charge, ambiance kamikaze sous-marin, assez forte pour nous éventrer. »
Le lieutenant acquiesça, refroidi. Damon Hart était diplômé du tout récent Centre de développement au combat par navire de surface et pose de mines de la marine américaine, un programme à la Top Gun destiné aux officiers des bâtiments de surface sélectionnés parmi la crème de la crème pour les entraîner à affûter leurs aptitudes. Puis on les renvoyait en poste, avec pour mission de relever le niveau du combat naval dans l’ensemble de la marine.
La mission présente de Hart à bord du James Greer était celle d’instructeur aux tactiques de combat naval. Son boulot était de s’assurer que tous les officiers combattants à bord sachent tout ce qu’il fallait savoir sur toutes les armes, tactiques et procédures de l’ennemi, ainsi que la doctrine de la marine américaine pour trouver et détruire les menaces sous-marines.
Le fait que Hart ait gobé sans ciller tous ces détails ne signifiait pas forcément qu’il comprenait la psychologie de son ennemi, et son capitaine voulait s’assurer qu’il était prêt au combat. La guerre ne suivait pas toujours la sagesse populaire, ou même un comportement rationnel.
Hagen reprit : « Weps, vous êtes l’officier spécialiste de guerre anti-sous-marine le mieux entraîné de la flotte et vous êtes sur mon bateau. Je vais vous dresser comme un putain de molosse jusqu’à ce que cette histoire soit terminée et vous allez, vous aussi, pousser tout le monde, moi compris, si nécessaire, pour qu’on combatte ces Russes comme il convient. Est-on d’accord là-dessus ?
– Affirmatif, capitaine.
– Bien. Maintenant, ces Kilo ont coulé les quatre bâtiments une fois la nuit tombée. Ça ne veut pas dire non plus qu’ils vont attendre le crépuscule pour frapper de nouveau, mais ils vont chercher à tirer parti du moindre avantage. S’ils frappent encore, il se pourrait bien que ce ne soit pas avant ce soir. Alors, je veux que vous soyez reposé. »
Quelques minutes plus tard, Hart cassait la croûte au mess des officiers. Il s’était planqué tout seul dans un coin, un sandwich poulet-salade à moitié mangé dans son assiette, et deux gros livres de poche sur les genoux. Au-dessous, son vieil exemplaire corné du RP 33, Fleet Oceanographic and Acoustic Reference Manual, sorte de bible de la science sous-marine pour les équipages de sous-marins et ceux des moyens de lutte anti-sous-marine selon le côté où l’on se trouvait. Il le connaissait quasiment par cœur mais il le gardait quand même toujours à portée de main lorsqu’il voulait rapidement vérifier un détail.
Sur le dessus, c’était la dernière édition d’Introduction to Physical Oceanography. Il le parcourut en mangeant son sandwich, à la recherche d’équations sur la salinité dont il pourrait avoir besoin dans cette zone de la mer Baltique.
Hart comptait lire plusieurs heures, en faisant de son mieux pour ranger dans sa cervelle, prête à l’emploi, jusqu’au moindre fragment d’information nécessaire à la traque dans ces eaux d’une cible sous-marine.
La guerre anti-sous-marine se déroule vite, il le savait, et chaque seconde comptait. S’il tombait ce soir sur un de ces Kilo, Hart n’avait pas envie de devoir sortir deux épais bouquins cornés pour se rappeler la marche à suivre.
Le train de transport de troupes ayant servi à l’infiltration des Spetsnaz dans la région de Vilnius était arrivé depuis maintenant dix-huit heures, et même si les résultats obtenus étaient encore loin d’avoir atteint les objectifs prévus pour H+18 dans la chronologie de l’opération, le plan russe avait eu l’effet désiré : semer la confusion parmi la population lituanienne. Des rumeurs faisant état de la présence dans la capitale de bataillons de Russes s’étaient répandues à la radio et à la télévision, sur les réseaux sociaux et dans toute la presse étrangère.
Comme c’était souvent le cas avec les nouvelles de « dernière minute », la vérité était bien différente de la réalité. Dès sept heures du matin, à l’aérogare et dans la tour de contrôle, les troupes russes furent défaites après une brève escarmouche avec une force combinant des éléments de l’antiterrorisme fédéral lituanien et une compagnie de soldats d’élite des forces spéciales de l’armée. Les Russes étaient mieux entraînés, ils avaient également de solides positions défensives mais les Lituaniens avaient l’avantage du nombre et de l’équipement, sans oublier des gaz lacrymogènes à foison.
L’aéroport demeura fermé presque toute la journée, suite aux dégâts subis par les radars placés sur le toit de l’aérogare ainsi qu’à cause du nuage persistant de gaz lacrymogènes qui avait envahi l’escalier de la tour de contrôle, mais une fois que les Russes eurent perdu la maîtrise des installations, leurs avions de transport qui décrivaient à l’est des cercles dans le ciel biélorusse furent contraints de regagner l’aéroport de Smolensk sans avoir pu débarquer leurs troupes.
L’action des Spetsnaz, destinée à tenir temporairement les points de contrôle dans toute la capitale, s’était mieux passée que celle de l’aéroport. Plus de quarante hommes avaient rejoint leurs objectifs, provoquant le chaos durant l’heure de pointe matinale. On eut l’impression qu’avaient éclaté dans toute la ville des escarmouches à l’arme automatique entre le groupe Alpha russe et la police lituanienne.
Mais là aussi, l’opération ennemie avait été loin d’atteindre ses objectifs. Les ordres de l’unité avaient été de passer deux heures dans les rues à créer le chaos, puis de disparaître dans un vaste parc situé au nord de la ville, où un groupe de paramilitaires serbes, spécialement entraînés, les attendraient avec des véhicules volés, des vêtements, du matériel médical et autres fournitures de rechange. Les Serbes avaient été infiltrés une semaine auparavant grâce à des visas touristiques et, à peine douze heures avant l’arrivée dans le pays du train militaire russe, ils avaient signalé qu’ils étaient fin prêts. Mais quand les vingt-six survivants des forces spéciales russes avaient enfin rejoint leur point de ralliement sur le parking jouxtant la forêt, ils n’avaient trouvé que six Serbes à bord de trois véhicules, un minimum de ravitaillement, et le récit du détricotage de leur mission par la faute d’une embuscade de la police locale la veille au soir, embuscade au cours de laquelle ils avaient perdu douze de leurs hommes, blessés ou tués.
Alors que les survivants des Spetsnaz russes et serbes s’apprêtaient à disparaître dans le parc, ils se retrouvèrent nez à nez avec un groupe, de la taille d’une compagnie, de volontaires de l’armée lituanienne, jeunes gens mal entraînés et pauvrement équipés qui n’avaient pour eux que leur nombre.
Dans le bain de sang qui s’ensuivit, les deux unités de Spetsnaz tuèrent plus de cinquante hommes mais subirent elles aussi de lourdes pertes. Les quelques survivants, tous russes, battirent en retraite, brisés et sanglants, sous le couvert des arbres, dès qu’ils furent à court de munitions.
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