Comme un coup de poignard

Ariane Charland · Chapitre 24 sur 32

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Comme un coup de poignard

Jeanne

 

Je me pointe au parc à vingt heures trente. Je suis encore loin du terrain, mais je reconnais Luka parmi les joueurs. Les battements de mon cœur s’accélèrent. Mon sang quitte mes extrémités. J’ai chaud et froid en même temps. La douleur dans mon sexe se fait sentir.

Luka me voit approcher et rate un panier. Je lui fais un petit salut de la main. Il me répond par un signe de tête sans interrompre son jeu. Je me demande si son cœur bat aussi vite que le mien. On ne s’est pas vus depuis ce matin. Après notre brève conversation téléphonique, il m’a envoyé un message texte pour m’inviter ici ce soir. Il a pris la peine de préciser que ses amis seraient là, histoire que je ne me fasse pas d’illusions en m’imaginant une soirée romantique au clair de lune, et il m’a autorisée à en parler à Renaud, vu qu’Antonin avait invité Maya-Anne.

J’ai mis du temps avant de lui répondre, consciente que, la veille, il ne m’aurait pas expliqué tout ça par écrit, mais de vive voix. En fait, il n’aurait rien eu à m’expliquer. Il m’aurait appelée pour me dire qu’il s’ennuyait de moi, qu’il voulait me voir et qu’on ferait quelque chose après la partie de basket, seuls ou avec nos amis.

Je contourne le terrain pour m’approcher des gradins où Soledad et Naïla mangent des croustilles en bavardant. Naïla, c’est la copine de Thierry et la sœur de Karim, un autre ami d’enfance de Luka et d’Antonin. Elle parle doucement et a un rire de clochettes.

– Jeanne ! s’exclame Soledad. Tu arrives juste à temps pour nous aider.

Je m’assois sur l’avant-dernier gradin, juste en dessous du leur.

– Ç’a l’air sérieux !

– De la plus haute importance, ironise Naïla.

– Pour commencer, dit Soledad, il faut que tu nous promettes que tu ne répéteras notre conversation à personne.

Son ton conspirateur pique ma curiosité et parvient même à me faire oublier Luka (ou du moins à le faire reculer un peu pour qu’il ne prenne plus toute la place dans mes pensées). Je promets et Soledad prend une grande inspiration.

– Si tu devais inventer une nouvelle saveur de chips, ce serait quoi ?

Je m’esclaffe sans avoir à me forcer.

– C’est quoi, cette question-là ?

Les filles joignent leur rire au mien. Naïla me tend le sac de croustilles, mais je refuse. Toute la journée, j’ai eu une masse dans l’estomac.

– Soledad a proposé bagel au fromage à la crème, mais ça ressemble trop à cheddar et crème sure, tu ne trouves pas ? Ce serait mieux pizza hawaïenne, non ?

– Pizza hawaïenne, franchement ! s’indigne Soledad, la bouche pleine. C’est bien trop funky ! Qu’est-ce que t’en penses, Jeanne ?

– Je pense que ça manque de bacon. Pizza hawaïenne au bacon, j’en achèterais ! Ou bagel, fromage à la crème et bacon.

– Ou bagel BLT, approuve Soledad. Bacon, laitue, tomate… et fromage à la crème.

– Faudrait le faire breveter avant que quelqu’un nous pique nos idées, dis-je à la blague.

– Et on appelle où, pour ça ? s’informe Naïla. Au Bureau international des brevets pour saveurs de croustilles, craquelins et autres grignotines ?

On rigole, mais mes yeux sont sans cesse attirés vers le bas. Luka, lui, ne lève jamais les siens ; son attention reste rivée au ballon.

Renaud et Maya-Anne arrivent et grimpent nous rejoindre. On se sourit, on se fait la bise, Soledad offre une tournée de chips, mais il y a de la tension dans l’air. Maya-Anne me regarde d’un œil noir. Je me demande si elle est au courant que j’ai passé l’après-midi avec son amant. Elle s’assoit sur le même gradin que moi et me dit, pleine d’ironie, que j’ai l’air d’aller mieux. Je lui confirme que oui, et elle esquisse une moue dubitative.

Renaud, assis près d’elle, passe un bras sur ses épaules et demande à Soledad et à Naïla, les gardiennes du sac de croustilles, s’il peut en avoir une autre poignée. La bouche pleine, il commente la partie.

– Oh ! Nice ! Ouch ! Il n’aurait pas dû s’approcher autant, il avait une meilleure chance de marquer à l’extérieur de la ligne.

Je ris, parce que ça fait drôle de l’entendre parler de basketball.

– Qu’est-ce que tu connais là-dedans, toi ? m’étonné-je.

– Je me débrouille.

Il m’adresse son maudit sourire arrogant, celui-là même qui m’a séduite il y a deux ans, puis que je me suis mise à détester. Maintenant, je ne sais plus ce que j’en pense. Tout est bizarre, aujourd’hui. Je suis en froid avec Luka et je recommence à trouver Renaud sympathique. Quelque chose cloche avec l’univers. Ou avec moi.

– Pourquoi tu ne vas pas jouer avec eux ? lui suggéré-je, espérant qu’il comprenne que je préférerais qu’il s’en aille.

– J’attends qu’ils finissent leur partie. Luka vient de compter et celui au t-shirt bleu a marqué quand on est arrivés, mais je ne connais pas leur total ni jusqu’où ils doivent se rendre.

– Celui au t-shirt bleu, dit Naïla, c’est mon frère, Karim. Il est à la traîne, avec douze points. Ça en prend vingt et un pour gagner.

Elle commence à lui expliquer qui est qui et combien de points chacun a amassés jusqu’à présent. Thierry prend possession du ballon et marque aussitôt, ce qui le fait passer à vingt et un points et, selon ce que j’ai compris, gagner la partie. Je m’attends à ce que les autres le félicitent, mais Antonin intercepte le ballon et le lui renvoie avec un sourire malicieux.

– Je croyais qu’il venait de gagner, remarqué-je, révélant ainsi mon ignorance totale du jeu.

– Oui, mais il doit faire un autre panier pour prouver qu’il le mérite, m’apprend Soledad.

– Qu’est-ce qui se passe, s’il rate ? s’informe Maya-Anne.

– Il retombe à treize points, révèle Naïla.

Maya-Anne hoche la tête et je me sens trop poire de ne jamais avoir posé ce genre de questions. Pourtant, Luka m’en parle tout le temps.

Thierry lance. Le ballon atterrit à l’intérieur de l’anneau, où il rebondit à toute allure d’un côté et de l’autre. Plus personne ne parle. Tout le monde retient son souffle. Le suspense ne dure qu’une ou deux secondes. Le ballon passe dans le filet et les exclamations fusent.

Renaud se lève. Avant de descendre, il se tourne vers nous.

– Vous ne jouez pas, les filles ?

– Non, répondons-nous en chœur.

– Vous avez peur de perdre ? On pourrait vous laisser jouer entre vous, si vous ne voulez pas vous mesurer à nous.

Il fait exprès de nous provoquer.

– On n’a pas peur de perdre, rétorque Soledad, ça ne nous intéresse pas, c’est tout.

– Ah, je vois. Vous préférez nous admirer. Je vous comprends.

Je lui lance une croustille.

– Ce n’est pas pour vous regarder qu’on s’installe ici. C’est pour pouvoir parler sans être dérangées.

– Puis, renchérit Naïla, les parties de basket, c’est juste une excuse pour se réunir. Le ballon, c’est un « nonosse » qu’on jette aux garçons pour les faire patienter pendant qu’on discute.

Renaud fait mine d’y réfléchir.

– Si tu ne descends pas, l’avertit Maya-Anne, les gars vont commencer sans toi.

Renaud nous salue et saute en bas des gradins. Il serre des mains et s’insère dans le groupe comme s’il en avait toujours fait partie. Luka lève les yeux vers moi et me sourit. C’est un sourire spontané qui me fait sourire en retour. Je ne sais pas si la même vague de soulagement déferle dans sa tête et dans son ventre, mais, de mon côté, j’ai l’impression que ma cage thoracique n’est plus assez grande pour contenir mes poumons.

Je ne connais rien au basket, mais j’aime bien regarder Luka jouer. Dans ses mains, le ballon semble vivant. Il le passe entre ses jambes, l’envoie derrière son dos d’une main, le rattrape de l’autre, fait semblant de se tromper de direction, contourne ses adversaires et charge le panier.

– Pff ! siffle Maya-Anne. Regardez Luka qui fait son frais !

– Ils font tous leur frais, dis-je en me retenant de la jeter en bas des gradins.

Soledad fait de nouveau passer le sac de chips et on continue à parler tout en suivant la partie du coin de l’œil.

Soledad nous fait part de ses « problèmes » avec Antonin. Je mets « problèmes » entre guillemets parce que, même si je l’adore, je dois admettre que Soledad a une légère tendance à la dramatisation. Hier soir, Antonin est allé la rejoindre dans un bar où elle prenait un verre avec des amis du cégep. Plus tard dans la soirée, ils ont décidé d’aller danser. Jusque-là tout était parfait, mais, en plein sur la piste de danse, il a rencontré une fille qu’il connaissait du secondaire. Ils ont flirté toute la soirée et Antonin a complètement oublié l’existence de sa blonde, pourtant à deux pas de lui. Pour se venger, Soledad s’est mise à draguer le premier venu. Celui-ci a cru qu’elle était célibataire et il l’a embrassée. Elle s’est laissé faire, convaincue que son preux chevalier accourrait pour la tirer des griffes de ce méchant dragon, mais le preux chevalier a préféré embrasser une autre princesse, soit son ancienne copine d’école. C’est donc Soledad qui l’a tiré des griffes de cette princesse-sorcière. Ils se sont engueulés, sont rentrés chez elle et ont baisé. Fin de la tragédie.

– On a toujours nos meilleures baises après une engueulade, conclut Soledad. C’est pathétique.

Je compatis avec mon amie, mais c’est difficile de ne pas soupirer.

– Pourquoi vous n’arrêtez pas ça, vos histoires de relation ouverte ?

– J’ai peur qu’il me laisse.

– Il ne te laissera pas, il t’aime trop !

– Peut-être, je ne sais pas. Son orgueil de gars a du mal à accepter que ma liste de partenaires sexuels soit plus longue que la sienne. Mais ce n’est quand même pas ma faute si j’ai eu une vie avant de le rencontrer ! J’aime le sexe, bon. Il n’y a pas de mal à ça ! Je pense aussi qu’il est jaloux de Luka et de tous les one-night qu’il a eus depuis qu’ils sont au cégep. Excuse-moi, Jeanne, c’est ton chum.

Elle m’adresse un regard piteux. Je hausse les épaules en prenant un air confiant, même si ma tension artérielle augmente chaque fois que je pense aux multiples histoires d’un soir de Luka.

– Ça va, je suis au courant qu’il n’a pas toujours été sage !

– Ça, tu peux le dire ! s’exclame Maya-Anne en appuyant ses coudes sur le gradin du dessus, ce qui met en évidence son décolleté plus que plongeant.

– Il n’avait pas encore rencontré la bonne, c’est tout, intervient Soledad.

Maya-Anne esquisse un rictus moqueur dans ma direction.

– C’est vrai que je n’aurais pas pensé qu’il se caserait aussi vite. J’espère pour toi que ça va durer.

J’ai envie de lui écraser une poignée de chips dans la face. J’essaie d’adopter un ton détaché.

– Bof, tu sais, on prend ça au jour le jour. On est bien ensemble pour l’instant, c’est ce qui compte.

– Oui, c’est ce qui compte. Aujourd’hui vous êtes bien ensemble, mais ça peut changer demain ou le jour d’après ; personne ne peut le prévoir.

– Exactement !

Exactement ? Mais qu’est-ce que je raconte ? C’est tout à fait le contraire de ce que je pense ! Luka, je ne le veux pas juste aujourd’hui ou demain. Je le veux après-demain, la semaine prochaine et dans six mois. Je le veux le plus longtemps possible.

– En tout cas, poursuit Maya-Anne, je trouve ça parfait, une relation ouverte comme celle de Soledad et d’Antonin. Ça ressemble à ce que j’ai avec Renaud. Pas d’attaches, pas de déceptions.

Soledad marmonne un « mouais » sans grande conviction avant d’enfourner une pile de croustilles.

– Je serais incapable d’avoir ce genre d’entente avec Thierry, dit Naïla. Je ne pourrais pas supporter qu’il couche avec une autre fille. J’y penserais tout le temps. Ça me rendrait folle. De toute façon, même si ça fait trois ans qu’on sort ensemble, je ne crois pas qu’il ait jamais eu envie de me tromper, et c’est pareil de mon côté.

– Ah bon ? s’étonne Maya-Anne. En trois ans, tu n’as jamais flashé sur un autre gars que Thierry ? Même pas sur un de ses amis sexy ? Luka, peut-être ?

Elle le fait exprès. Je la hais.

– Désolée de te décevoir, réplique Naïla en riant. Et puis, je connais Luka depuis l’école primaire !

Maya-Anne hoche la tête, mais n’a pas dit son dernier mot.

– Ah oui ? Et vous n’avez jamais, je ne sais pas, moi… joué au docteur ?

Naïla rougit.

– J’ai eu un kick sur lui quand j’avais, genre, huit ans, mais c’est tout. Je ne l’ai jamais vu tout nu et ce n’est pas dans mes plans à court, moyen ou long terme.

Maya-Anne prend un air mystérieux.

– Eh bien ! Tu ne sais pas ce que tu manques ! Hein, Jeanne ?

J’hésite entre lui arracher la tête ou m’enfuir en pleurant. Je me contente de rejeter mes boucles frisottées en arrière en adoptant, moi aussi, un air de femme fatale.

– Ah ! Je ne révèle pas ce genre de secrets en public.

Pendant un instant, je crains que Maya-Anne n’insiste, mais elle se met à parler du garçon pour lequel elle-même avait le béguin à l’âge de huit ans et qui, aujourd’hui, est devenu le plus grand raté de l’histoire contemporaine.

La conversation se poursuit et continue de tourner autour du sexe, comme de raison, parce que c’est le sujet universel dont personne ne se fatiguera jamais. Je fais celle qui s’y connaît et qui n’a plus rien à apprendre de personne. Oui, oui, mettre un condom (avec la bouche ?) ; oui, oui, le Kamasutra, la levrette, le missionnaire (et la pieuvre ?) ; oui, oui, le point G (G pour « j’ai ça, moi ? ») ; oui, oui, les pauvres filles qui n’ont jamais eu d’orgasme…

Si Maya-Anne n’avait pas été là, j’aurais pu en mettre un peu moins et m’ouvrir un peu plus. Je ne crois pas que je serais allée jusqu’à parler de ma vestibulodynie à Soledad et à Naïla, mais j’aurais pu tâter le terrain, m’approcher tranquillement de la vérité et tâcher de voir si elles sont elles-mêmes aussi expérimentées qu’elles l’insinuent. J’ignore pourquoi je cherche à si bien paraître devant Maya-Anne. Je m’en fous, de cette fille ! Tant mieux pour elle, si elle adore le sexe et qu’elle adore en parler. Ça ne change rien à ma vie, non ? Pourquoi est-ce que je m’en fais autant pour son opinion ?

Peut-être parce qu’elle a couché avec Luka. Peut-être parce qu’elle couche avec Renaud. Peut-être parce qu’elle est plus belle que moi. Peut-être parce qu’elle est forte, déterminée et indépendante. Peut-être parce qu’elle sait ce qu’elle veut et qu’elle n’a peur de rien. Peut-être parce qu’elle incarne la féminité, mais pas la même que Chloé dans L’écume des jours. Peut-être parce que j’aimerais lui ressembler. Peut-être parce que j’en ai assez d’être défectueuse, d’être la seule à ne pas pouvoir coucher avec son chum, la vieille fille aigrie de dix-huit ans…

La tête pleine de peut-être, j’entends Luka pousser un cri victorieux. Je comprends qu’il a gagné la partie quand il donne un coup de poing dans les airs. Nos regards se croisent. Il a son sourire craquant. Je me lève en disant aux filles :

– J’en connais un qui va avoir toute une récompense ce soir !

C’est ridicule et à peine digne du pire des douchebags, mais elles trouvent ça drôle. Je descends les gradins, fends le groupe de gars sur le terrain, m’approche de Luka et lui prends une fesse.

– Bravo, champion !

Il se tourne vers moi. Ses yeux brillent. Il me soulève de terre. J’enroule mes jambes autour de sa taille. On s’embrasse. Il goûte le sel. Il sent la sueur, mais la bonne sueur ; celle qui rappelle l’odeur de la terre après la pluie. Deux ou trois gars nous sifflent, mais je ne sais pas lesquels. J’espère que Maya-Anne nous voit et qu’elle est jalouse.

Comme dans les films, on continue à s’embrasser dans l’autobus qui nous conduit chez sa sœur, dans les marches qui mènent à l’appartement vide, dans le couloir sombre qui débouche sur la chambre d’amis. On titube, on rit, nos mains s’égarent sous nos vêtements, son t-shirt tombe par terre, ma blouse suit, on trébuche sur le lit, lui sur moi, sa bouche dans mon cou. Je prends son visage pour qu’il me regarde et je chuchote :

– J’ai envie de toi.

Il grogne, me mordille la lèvre. Je détache le cordon de son bermuda et lui murmure à l’oreille :

– Baise-moi.

Je ne sais pas ce qui me prend. Je crois qu’il ne le sait pas non plus, parce qu’il devient sérieux.

– Tu… Tu ne crois pas qu’on devrait parler de ce qui s’est passé ce matin ?

J’entrelace mes doigts derrière sa nuque pour le ramener vers moi.

– Il ne s’est rien passé.

– Je pensais que je t’avais fait mal, lâche-t-il pendant que je l’embrasse.

– On s’en fout.

– Pas moi. Je ne veux pas te faire mal.

– On s’en fout, je te dis.

Ma langue s’aventure dans sa bouche, mais il me repousse gentiment.

– On ne s’en fout pas. Je ne m’en fous pas.

– Bien sûr que tu t’en fous ! Je te demande de me baiser. Quand une fille te demande de la baiser, tu la baises.

– Tu veux dire, « baiser » baiser ?

J’essaie de lui enlever son short, mais il prend ma main et se couche sur le côté.

– Je ne comprends pas, admet-il.

– Il n’y a rien à comprendre. Baise-moi comme tu as baisé toutes les autres avant moi.

– Tu n’es pas toutes les autres. Tu es toi. Je veux juste…

– Je te demande de me baiser, Luka, pas de te poser cinquante-six mille questions !

– Je ne veux pas te faire mal. Tu l’as dit toi-même, l’autre jour : les exercices commencent à faire effet, mais tes muscles ne sont pas encore prêts.

Cette fois, je m’énerve vraiment. Il a baisé Maya-Anne, il a baisé Juliette, et il refuse de me baiser, alors que je suis presque en train de le supplier ?

– On s’en fout, si mon corps n’est pas prêt ! Je m’en fous, OK ? Je suis tannée d’être la seule fille au monde qui n’est pas capable de coucher avec son chum ! Baise-moi ! Force le passage, s’il le faut ! Viole-moi !

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