Comme un coup de poignard

Ariane Charland · Chapitre 26 sur 32

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Comme un coup de poignard

Quatrième partie - La boucle

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Jeanne

 

Qu’est-ce qui est plus pathétique qu’une larve qui passe ses journées à jouer à des jeux vidéo ? Une larve qui passe ses journées à regarder son frère jouer à des jeux vidéo.

Je partage mon temps entre le cégep, le café et le divan du salon. Je fais semblant de lire les ouvrages prescrits par mes professeurs, mais, du coin de l’œil, j’observe les tribulations de l’avatar (vous voyez, je commence à devenir geek) de Guillaume. C’est comme un téléroman. Je me demande comment ça va finir. La guerrière aux oreilles d’elfe va-t-elle tuer tout le monde ou périr d’un coup de sabre dans les intestins ?

Notez que, dans la description de mon emploi du temps, il n’est nulle part fait mention de rendez-vous chez la sexologue ou d’exercices de physio. J’ai arrêté. Vous avez vu comme moi ce que ça donnait, c’est-à-dire rien. Je suis un cas désespéré.

Je n’ai pas revu Luka depuis le soir où je lui ai demandé de me violer, il y a un mois et demi. Non mais, quelle conne ! Comme si le viol n’était qu’une affaire banale. Comme si les filles qui se sont fait violer souffraient moins que moi. Comme si tous les gars étaient des violeurs en puissance.

Pour ne plus avoir à côtoyer ma grosse face d’idiote, Luka a démissionné du café. Il n’a même pas donné deux semaines de préavis. Il est parti, pouf !

Mon frère ne voit plus Zoé, lui non plus. Elle a encore repris avec son ex. Ti-Guy ne semble pas trop mal s’en porter, si ce n’est qu’il a augmenté sa consommation de jeux vidéo. Comme moi, quoi.

– Je pensais que tu travaillais cet après-midi, marmonne Guillaume sans quitter l’écran des yeux.

C’est un autre effet de sa rupture avec Zoé. Il ne parle plus, il marmonne. Je regarde l’heure et réponds en marmonnant (parce que j’ai moi aussi attrapé cette maladie) :

– J’ai encore le temps.

Ça fait deux heures que nous sommes écrasés sur le sofa. C’est samedi. Nos parents nous ont invités à aller voir avec eux les citrouilles au Jardin botanique, mais nous avons refusé. Ils sont partis en nous suggérant de nous bouger le derrière si nous ne voulions pas nous transformer en fossiles.

– Tu ne voulais pas prendre ta douche, avant ? m’interroge Guillaume.

– Pour quoi faire ?

– Tu as dit que tes cheveux sentaient les cheveux.

– Ah, oui, c’est vrai.

Je déteste quand l’odeur de mon revitalisant s’estompe et que mes cheveux se mettent à sentir le vieux chandail de laine. Je déplie mes jambes qui, si je me fie aux craquements qu’elles produisent, avaient déjà entamé leur processus de fossilisation. Je me lève en m’étirant, ce qui produit de nouveaux craquements. Les coussins du divan gardent l’empreinte de mon corps.

Une fois douchée, changée et plus ou moins peignée, je salue mon frère d’un grognement et je cours pour ne pas manquer mon autobus. L’automne est arrivé, le mois d’octobre après lui, et le temps s’est rafraîchi. Je sors même la tuque que j’ai commencé à traîner dans mon sac. En plus de réchauffer, ça aplatit les cheveux, et Dieu sait que les miens en ont besoin !

Quand j’entre au café, Maya-Anne m’accueille avec un air de bœuf, Jason me salue d’un minuscule hochement de tête et Franck proclame à tous que sa cowgirl préférée est arrivée. C’est le surnom qu’il me donne depuis qu’il a entendu mon frère m’appeler Calamity Jane. Il prend un air patibulaire et fait mine de me viser avec un revolver imaginaire. Il doit avoir l’âge de mes parents, mais, avec ses cheveux trop longs et sa carrure de bonhomme allumette, il ressemble à un adolescent. Quand je suis de bonne humeur, je le double, tire deux coups sur lui, puis souffle sur mon index et mon majeur pour en chasser la « fumée ». Aujourd’hui, je lui fais une grimace.

– Il était temps ! lance Maya-Anne quand je passe devant elle.

Je regarde l’horloge. Mon quart de travail commence dans exactement deux minutes.

– Je ne suis même pas en retard !

– C’est juste que je ne te fais plus confiance, depuis que tu nous as appelés trois quarts d’heure après le début de ton shift pour nous dire de nous démerder tout seuls avec la file qui allait jusqu’au trottoir.

– Premièrement, c’était une demi-heure et, deuxièmement, c’est arrivé une fois ! Tu n’es jamais malade, toi ?

– Moi, quand je ne rentre pas, j’appelle avant le début de mon shift, pas après.

– Ç’aurait changé quoi ? Tu aurais pu bitcher dans mon dos trente minutes de plus ?

Maya-Anne n’a pas le temps de répliquer. Franck, qui faisait payer un client, vient jouer l’arbitre.

– Oh, les filles, on se calme ! Qu’est-ce qui se passe ?

– Rien, répondons-nous en même temps.

J’entre dans le bureau, passe ma carte d’employée dans le lecteur optique, lance mon sac n’importe où et vais prendre ma place derrière le comptoir. La caisse indique midi tapant.

– Pile à l’heure ! T’es contente ?

Sans daigner commenter, Maya-Anne va se changer. Son quart devait se terminer à quatorze heures, mais, comme il n’y a pas beaucoup de clients, Franck lui a offert de partir plus tôt. Je reste donc avec Jason, à qui j’adresse un petit geste de la main.

– Ça va ?

– Oui, super. Toi ?

– Super.

Je sais qu’il joue parfois au poker ou au basket avec Luka et ses amis, et ça me rend mal à l’aise. En fait, le café au complet me rend mal à l’aise, parce que tout me rappelle Luka.

Maya-Anne sort de la salle de bain habillée comme s’il faisait encore trente-cinq degrés à l’extérieur. Elle enfile un imperméable noir qui, lorsqu’elle le ferme, donne l’illusion qu’elle est nue en dessous.

– Bye, Franck ! Bye, Jason !

À moi, elle n’adresse qu’un sourire acide avant de passer la porte d’entrée. Jason lui reluque les jambes jusqu’à ce qu’elles ne soient plus visibles à travers la vitrine. Ensuite, il s’arrange pour se tenir occupé en allant chercher de la vaisselle propre dans la cuisine. Franck me rejoint. Il désigne son employé, qui rapporte une pile de tasses multicolores.

– Travaillant, le petit nouveau !

– Le petit nouveau, le petit nouveau, répète Jason. Ça fait deux mois que je travaille ici !

Jason va placer les tasses près des différentes machines à café. Je m’apprête à aller l’aider, mais Franck me retient.

– Ça va, entre toi et Maya-Anne ?

– Oui, pourquoi ?

– Vous semblez à cran depuis quelques semaines. Vous passez votre temps à vous envoyer des piques. Un peu plus et c’est des éclairs qui vous sortiraient des yeux. Je ne voudrais pas que ça nuise au bizness, tu comprends ?

– Tu n’as pas à t’en faire. On n’est peut-être pas les meilleures amies du monde, mais on est capables de ne pas s’entretuer dans ton café.

– Ce n’est pas à cause d’un mec, j’espère. Deux jeunes filles intelligentes comme vous !

– Mais non ! C’est elle qui me picosse tout le temps à cause de la seule fois où je ne suis pas rentrée.

– Tu la picouilles aussi, Jeanne.

J’essaie de conserver mon sérieux. Franck a le don de déformer les expressions québécoises. C’est à se demander s’il le fait exprès.

– Essaie d’être plus gentille avec elle, veux-tu ?

– Mais je suis gentille !

– Pas toujours.

Je m’engage à faire des efforts et Franck me lâche enfin. Mais qu’est-ce qu’il a, à la défendre ? C’est vrai que je suis un peu sèche avec elle, mais elle est capable d’en prendre. C’est elle qui se croit supérieure avec son visage parfait, ses cheveux parfaits et son corps parfait. C’est elle qui couche avec tous les gars qu’elle veut et qui le crie sur tous les toits. C’est elle qui couche avec Renaud. C’est elle qui a couché avec Luka. Peut-être même qu’ils ont recommencé à baiser en cachette. Après tout, qu’est-ce que j’en sais ?

– L’écrivain arrive ! annonce Jason.

Renaud tire la porte vitrée et entre.

– Salut, la compagnie !

Il porte déjà sa chemise noire et son nœud papillon, même si son quart ne commence que dans deux heures. Il a repris son emploi au café quand Luka est parti. Renaud a pris la place de Luka. Mon cerveau a encore du mal à enregistrer cette donnée.

Le futur grand écrivain québécois s’installe sur son tabouret habituel et allume son ordi. Il arrive souvent plus tôt pour écrire. Je m’accoude en face de lui et jette un coup d’œil au carnet de notes qu’il a ouvert sur le comptoir. Son écriture est tellement tassée que je n’arrive pas à la déchiffrer.

– Tu viens de manquer ta blonde, lui signalé-je.

– Je sais, je l’ai vue sortir. Et ce n’est pas ma blonde.

– Ah, pardon, ta fuck friend. Elle était d’humeur charmante, comme d’habitude.

Renaud quitte son tabouret pour aller se servir un café.

– Ce n’est plus vraiment ma fuck friend non plus.

– Comment ça ?

– Longue histoire.

Je vais prendre la commande d’un client, tandis que Renaud retourne à son roman. Le temps passe lentement. Jason finit de travailler, Renaud commence. Franck devrait partir, lui aussi, mais il fait un double quart. Charles et Delphine ont démissionné peu de temps après Luka pour aller travailler dans l’Ouest canadien, et il ne leur a pas encore trouvé de remplaçants, malgré le fait qu’ils aient donné leurs deux semaines de préavis, eux. Jason va se changer aux toilettes et en ressort en coton ouaté et bermuda de sport.

– Tu vas jouer au basket ? demande Renaud en faisant mousser du lait pour le cappuccino d’une femme accompagnée d’un chihuahua.

– On va juste lancer une couple de ballons.

Mon souffle se fait plus court, tout d’un coup. La simple mention du mot basket suffit à me faire faire de l’hyperventilation. Je sais que je ne devrais pas le demander, mais je le fais quand même :

– Avec qui tu y vas ? Antonin ?

Subtil, non ? Jason hausse les épaules.

– Peut-être. Je ne sais pas trop qui sera là.

Quand il s’en va, Renaud passe un bras autour de mes épaules.

– Tu as juste à l’appeler, si tu veux avoir de ses nouvelles.

Il n’a pas besoin de préciser de qui il parle. J’appuie ma tête sur lui.

– Je sais.

Du trottoir, Jason nous voit. Il s’était arrêté pour sortir son téléphone de son sac. Je me dégage de Renaud, mais le mal est fait. Enfin, le mal… Il n’y a pas de mal à être amie avec son ex, non ? Même si c’est très bizarre. Jamais je n’aurais pensé que Renaud puisse être aussi… amical. J’espère que Luka ne joue pas au basket avec Jason, ce soir.

Soledad m’a dit qu’elle ferait quelque chose avec Antonin, sans apporter davantage de précisions. Et, quand elle ne m’expose pas ses plans en détail, c’est que ma meilleure copine verra sans doute les amis de son chum. La semaine passée a marqué les trois mois de leur réconciliation, ce qui, en théorie, signifie que nous avons toutes les deux gagné notre pari. Je l’ai félicitée, mais nous n’avons pas acheté de mousseux. L’enjeu de la gageure, c’était que je me retrouve dans le lit de Luka, pas que je me ramasse avec le cœur en miettes.

À dix-huit heures, alors que je m’apprête à prendre ma pause repas, le téléphone du café sonne. Je décroche. C’est Maya-Anne. Je fais la grimace.

– J’ai oublié mon inhalateur, dit-elle. Est-ce que tu le vois quelque part ? Je pense que je l’ai laissé à côté des thés.

– Tu fais de l’asthme ?

– Juste quand je suis stressée. Mes parents sont en plein divorce et ce n’est pas toujours drôle.

– Oh ! Euh ! Je ne savais pas.

Soudain, je repense à toutes les vacheries que j’ai dites, tout bas et tout haut, et je me sens coupable. Maya-Anne soupire, et ça produit un grésillement dans mon oreille.

– Maintenant tu le sais. Est-ce que mon inhalateur est là ?

Je n’ai qu’à tourner la tête pour le voir, appuyé à la verticale entre la boîte de thé vert et celle de thé oolong.

– Oui, il est là. Veux-tu venir le chercher ?

– En fait, euh, je sais que c’est beaucoup te demander, mais penses-tu que tu pourrais me l’apporter avant de rentrer chez toi ? Je n’ai pas envie de voir Renaud.

– Pourquoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

– C’est un con, c’est tout.

Sa voix se met à chevroter et je me surprends à vouloir la consoler.

– Qu’est-ce qu’il a fait ?

– Je n’ai pas envie d’en parler, OK ? Peux-tu m’apporter mon inhalateur ? J’habite vraiment tout près du café, ce sera à peine un détour.

– Oui, d’accord, donne-moi ton adresse.

Je note la rue et le numéro sur une facture abandonnée. Maya-Anne me remercie et on raccroche.

– C’était qui ? me demande Renaud.

– Ton ex-fuck friend. Elle a oublié son inhalateur, mais elle ne voulait pas venir le chercher à cause de toi. Elle faisait même un peu pitié.

– Son inhalateur ? Elle fait de l’asthme ?

– Juste quand elle est stressée, apparemment.

Renaud s’adosse au réfrigérateur, l’air soucieux.

– J’espère que ce n’est pas ma faute.

– Non, c’est à cause du divorce de ses parents.

– Ses parents divorcent ?

– C’est ce qu’elle a dit. Elle t’a aussi traité de con. Elle pleurait presque. Ç’avait l’air de bien marcher, entre vous. Qu’est-ce que tu lui as fait pour qu’elle ne veuille plus te voir ?

Renaud se frotte le front et regarde autour pour s’assurer qu’aucune oreille indiscrète ne nous épie. C’est un samedi soir tranquille. Deux clients bavardent à une table, un troisième joue à un jeu vidéo en ligne, un quatrième envoie des textos, et Franck s’est enfermé dans le bureau pour faire de la comptabilité. Renaud me regarde, puis baisse la tête. Il émet un rire embarrassé.

– Je peux te confier quelque chose ? commence-t-il.

– Euh, oui, bien sûr.

– C’est un peu gênant.

En effet, j’ai rarement vu Renaud aussi anxieux.

– L’autre jour… Enfin, l’autre soir… j’étais avec Maya-Anne dans son lit et…

Je lève une main.

– Je ne suis pas sûre de vouloir connaître les détails, si tu vois ce que je veux dire.

– Je n’ai pas bandé, Jeanne. J’étais avec Maya-Anne et je n’ai pas bandé.

– Oh ! Euh ! OK !

– Elle m’a demandé si c’était à cause de toi, m’informe-t-il.

– Hein ! Rapport ?

– J’ai répondu oui.

– Tu as répondu quoi ? m’exclamé-je.

–  J’ai répondu que je pensais à toi et que c’est ce qui m’empêchait de… tu sais.

Je m’esclaffe. C’est plus fort que moi.

– Excuse-moi, dis-je en essayant de me maîtriser. C’est juste que je ne comprends pas.

Renaud rit un peu, lui aussi.

– C’est correct. Je ne comprends pas, moi non plus. Je ne pense pas que je t’aime encore ou quelque chose comme ça. En fait, c’est quand elle m’a posé la question que je m’en suis rendu compte. Je n’arrive pas à t’oublier, Jeanne. Je n’arrive pas à oublier notre relation.

Il se tait. On se dévisage. Il a des yeux bleus dans lesquels on peut se perdre. Je me rappelle pourquoi je suis tombée amoureuse de lui et pourquoi j’ai tellement cherché à lui plaire au détriment de ma propre personne. Renaud a un côté excessif qui peut être à la fois attirant et terrifiant.

C’est lui qui rompt le contact. Il se verse un autre café et change de sujet. Je n’écoute pas. Mes oreilles bourdonnent et j’ai hâte de sortir d’ici.

Heureusement, Franck termine sa comptabilité et vient nous divertir. Il a toujours mille anecdotes à raconter sur sa colossale parenté disséminée aux quatre coins du globe. Ce soir, on a droit à l’histoire d’un de ses neveux qui possède un petit élevage bovin dans le Tyrol, en Autriche. Un jour, une de ses vaches s’est évadée et il a dû la pourchasser à travers les champs. Il mime son neveu qui galope en tenant son chapeau tyrolien et, chaque fois qu’il appelle la vache, il crie « yodel-ay-hee-hoo » d’une voix de fausset.

Même les clients se bidonnent. Franck s’est trompé de vocation. Il aurait dû devenir humoriste. Je suis persuadée qu’il invente la moitié des trucs qu’il nous raconte.

À la fin de mon quart de travail, je vais chercher l’inhalateur de Maya-Anne que j’avais rangé dans le bureau pour ne pas l’égarer. Renaud me suit et s’accote sur le cadre de la porte.

– Tu vas chez Maya-Anne ?

– Je n’ai pas trop le choix. Je n’ai pas envie qu’elle fasse une crise d’asthme.

– Je vais le lui rapporter, moi, si tu veux, me propose-t-il en me regardant boutonner ma veste.

– Tu finis trop tard.

– Ce n’est pas grave. Ce n’est pas à toi de faire ça.

– Ça ne me dérange pas. Elle habite juste à côté.

Et je le lui dois bien, après ce que Renaud m’a confié ! Je me promets d’être plus aimable avec elle. Après tout, il fut un temps où nous nous entendions bien. Nous avons été engagées à la même période, alors on s’entraidait beaucoup.

Renaud bloque encore la porte.

– Tu mérites un bon gars, tu le sais, ça ? Un gars meilleur que moi.

– Tu dis n’importe quoi !

– Je pensais que ce serait Luka, mais il est aussi con que moi s’il t’a laissée pour les mêmes raisons.

– Luka n’a rien à se reprocher. C’est moi qui ai été conne.

J’enfile ma tuque en sortant du café et je serre ma veste autour de moi. Il fait noir et froid. J’envoie un message texte à Maya-Anne pour lui dire que j’arrive. Elle répond presque tout de suite :

Passe par la cour. Je suis dans le spa. Ça m’aide pour mon asthme.

J’hésite entre rire et jeter son inhalateur dans une bouche d’égout. Un spa, rien de moins ! Mademoiselle se prélasse dans l’eau chaude pendant que je fais ses commissions.

Je tourne dans sa rue et trouve sa maison. J’ai eu peur que l’entrée de la cour soit sombre et peu accueillante, mais deux lanternes sur pied l’éclairent. Je pousse la porte de bois et c’est là que je les vois, debout sur la terrasse, si près l’un de l’autre que je mets une seconde à les reconnaître.

Maya-Anne en culotte de bikini et Luka en boxer.

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