Correspondance - Tome I
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À ERNEST CHEVALIER
[Rouen, 24 mars 1837.]
Cher Ami,
Je ne connais guère de ga[r]s qui ait un Byron. Il est vrai que je pourrais prend celui d’Alfred, mais par malheur il n’y est point et sa bibliothèque est fermée. Elle était encore ouverte hier mais tu penses bien que son père qui est parti aujourd’hui pour Fécamp a serré cette clef ainsi que celle des autres compartiments de son logis, ainsi Amen.
J’ai hier été chez Degouve-Denuncques, mon Commis sera inséré jeudi prochain et mercredi je corrigerai avec lui les épreuves.
Le père Langlois et Orlowski ont dîné hier à la maison et ils ont passablement bu, mâqué, blagué. Achille, moi et Biset sommes invités pour dimanche à aller ribotter, fumer et entendre de la musique chez Orlowski. Tous les réfugiés polonais y seront. Ils sont 30. C’est une fête nationale, tous les dimanches de Pâques il en est ainsi chez l’un d’eux. On mange des saucisses, des boudins, des œufs durs, de la cochonnaille et il n’est permis d’en sortir que saouls et après avoir vomi 5 ou 6 fois.
J’ai une nouvelle agréable à t’apprendre. Je puis t’en garantir l’authenticité, elle vient du sieur Ducoudray, pion de M. Mainot et élève en médecine. Il porte un chapeau, une redingote et une chemise. Il m’a donc dit ce matin à l’amphithéâtre que… que… eh bien, que le censeur des études M. Cabrié qui [a] une chemise sale, des bas sales, une âme sale et qui enfin est un salo[p]… il m’a dit bref qu’il avait été surpris dans un bordel bordelant et qu’il allait être traduit devant le Conseil Académique.
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