Correspondance - Tome I

Gustave Flaubert · Chapitre 36 sur 50

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Correspondance - Tome I

Caroline Flaubert à Son Frère Gustave ............. 54

Lormier vous dit bien des choses, mais je ne sais quoi. Adieu ! mon bon farceur, n’oublie pas cependant en mon absence : « L’homme le plus habile », et « les deux cours d’Anglais ». Maman embrasse bien des fois son fieux et son vieux gars d’époux. Je te recommande mon Néo et ma chèvre et te prie d’embrasser Laure quand tu la verras.

Ton Rat qui n’oubliera jamais

son bonhomme

au milieu de ses plaisirs.

CAROLINE.

Réponds-moi, sinon je croirai que tu ne penses plus à ton beau cher Rat.

Achille part pour son examen.

 

P.-S. – Achille a brillé de même qu’aux autres examens.

 

CAROLINE FLAUBERT À SON FRÈRE GUSTAVE

[Paris, 9 mai 1839.]

Bonhomme, j’ai attendu tous les jours une lettre de toi ; mais vain espoir ! Point de lettre ! J’espère cependant que j’en aurai une demain parce que c’est aujourd’hui fête ; nous avons été mardi voir Mlle Mars. Oh ! cher Bonhomme ! Que de fois j’ai pensé à toi ! Que de fois j’ai dit à maman : « Si nos bonshommes étaient là ! Ho ! Hélas ! » Une chose me tourmente. J’ai bien envie de vous voir ; mais on ne peut entendre Rachel avant lundi. Demande à ce bon père s’il ne s’ennuie pas trop et s’il veut nous permettre de rester ici

– 54 – jusqu’à lundi. S’il en était ainsi tu pourrais avoir des nouvelles de Rachel. Nous avons vu hier Cher Ami ; il nous a demandé de tes nouvelles ainsi que la grosse miss Lise. Nous avons été à l’Exposition des tableaux ; c’est superbe ! Bonhomme ! Mais à Versailles, nous n’avons pu rien voir dans les Galeries tant il y avait de monde et après deux heures de sueur, les eaux ont joué pendant un quart d’heure. Malgré l’ennui que nous avons eu à attendre, nous en avons été grandement récompensés par la beauté des eaux. M. Gourgaud a été très sensible à ta bonne et aimable lettre et très content de ta place en discours. Je ne sais si l’on a renvoyé mon piano ; si cela est fait, je te prie d’écrire une lettre à M. Neukomme pour lui dire de ne pas revenir mardi. Ensuite j’ose espérer que papa voudra nous laisser entendre Rachel. Je t’embrasse comme nous nous embrassons quand nous lisons de l’anglais et que maman jette sur nous un regard de pitié ! Bonsoir ! Embrasse bien, bien des fois notre excellent vieux gars de père.

Ton rat,

CAROLINE FLAUBERT.

 

« Il y a deux cours d’anglais… » « l’homme le plus instruit… » « C’est un palais !… » N’oublie pas tes bonnes facéties et grimaces.

 

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