Correspondance - Tome I

Gustave Flaubert · Chapitre 49 sur 50

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Correspondance - Tome I

À Ernest Chevalier ......................................................... 78

Adieu, vieux bougre.

Le vidangeur et le monarque au bordel, roman à la manière de Gœthe.

— Ah mâtin ! – les bottes et les souliers, drame.

 

À ERNEST CHEVALIER

[Rouen, 14 mars 1840.]

Maître paresseux,

Es-tu dessoûlé du Carnaval, es-tu dissous dans un verre de vin blanc, à la mode d’une pierre précieuse que les anciens faisaient fondre dans du vinaigre ? Pierre précieuse oui ou non, bûche, croûte, animal, tout ce que tu voudras, écris-moi et tu seras bien vu, bien remercié de ta peine.

Je te sais bon gré de m’avoir envoyé tes copies de philosophie : elles me sont d’un grand secours surtout pour la physique. Je m’attendais à y trouver intercalée quelque lettre de toi mais rien pas plus de nouvelles de mon homme que s’il était parti au diable. Quelle rosse tu fais, grand homme ! Je te pardonne ton retard, parce que je sais que la cause en est louable et que tu auras festoyé aux gras jours et parachevauché les commères, pâtin ! – Je te prie donc de ne point me faire d’excuses dans ta lettre que j’attends immédiatement, et de ne pas perdre une feuille de papier en prologue et préliminaires. Je te demande par exemple un volume que tu rempliras de toute ta verve, de ton humour, laisse aller ta plume, casse-lui le bec et envoie un gros paquet à ton vieux.

 

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