Correspondance - Tome I
À Ernest Chevalier ......................................................... 69
Adieu, bonne santé, arrive vite, tout à toi.
À ERNEST CHEVALIER
[Rouen, 6 novembre 1839.]
Mon cher ga[r]s,
Je me porte comme un petit cœur, ma grave maladie a eu l’avantage de me faire rater légitimement quatre classes du collège que nous aurions passées (si tu étais resté) à blag[u]er. Ce soir je retourne sous Mallet et à une heure je vais prendre ma fameuse répétition de mathématiques chez ce vénérable père Gors. « Cettuy-ci sent bien plus son gentilhomme », mais n’entends rien à cette mécanique de l’abstrait et aime bien mieulx d’une particulière inclination la poésie et l’histoire qui est ma droite balle. Les historiens, c’est mon gibier en matière de livres et parmy eux Plutarque et d’entre les philosophes Seneca ; « qui insulte Seneca m’insulte ; c’est mon homme, c’est mon Seneca ».
Ah pbmhâtin, que je suis désolé de ne pas t’avoir exposé le drame du Garçon. Cette œuvre-là n’a pas de titre, c’est le
– 69 – drame par excellence, la quintessence du drame. Quand Alfred sera à Paris tu lui diras de te la narrer.