Correspondance - Tome I

Gustave Flaubert · Chapitre 7 sur 50

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Correspondance - Tome I

À Ernest Chevalier ............................................................ 8

Si tu savais il y a un élève au père Langlois qui est Alexis qu’on appelle Jésus. il a manqué l’autre jour de [tom]ber dans les lieux. au moment [où il] mettait sa facades sur la lunette les planches [ont] craqué et s’il ne s’était pas retenu il serait tombé dans [l’excrément] les excrémens du père Langlois. Adieu.

GUSTAVE FLAUBERT.

Réponse vite par la prochaine occasion.

 

À ERNEST CHEVALIER

[Rouen, avant le 22 avril 1832.]

Victoire Victoire Victoire Victoire Victoire tu viendras un deux ces jours mon ami le théâtre les afiches tout est prêt. Quand tu viendras Amédée edmond Mme chevalier maman 2 domestiques et peut-être des élèves viendront nous voir joué Nous donnerons 4 pièces que tu ne connais pas mais tu les auras bientôt apprises. Les Billets de 1er 2me 3me sont fais il y aura des fauteuils il y a aussi des tois des décorations La toile est arrangée peut-être il y aura-t-il 10 à douze personnes Alors il faut du courage et ne pas avoir peur il y aura un factionnaire à la porte qui sera le petit Lerond et sa sœur sera figurante Je ne sais si tu as vu Poursognac Nous le donnerons avec une pièce de Berquin une de Scribe et un proverbe dramatique de Carmontelle il est inutile que je te dise leurs titres tu ne les connais je crois pas si tu savais quand on m’a appris que tu ne venais pas j’ai été d’une colère effroyable. Si par hazard tu ne venais pas

– 8 – j’irais plutôt a patte comme les chiens du roi Louis Fils-Lippe tiré de la caricature (Journal) à Andelys te chercher et je croit que tu en ferais autant. Car une amour pour ainsi dire fraternel nous unis. Oui moi qui a du sentiment oui je ferais mille lieues s’il il le fallait pour aller rejoindre le meilleur de mes amis, car rien est si doux que l’amitié oh douce amitié combien a-t-on vu de fois par ce sentiment [car] sans la liaison comment viverions-nous On voit ce sentiment jusque dans les animaux les plus petits sans l’amitié comment les faibles viveraient-ils comment la femme et les enfans subsisteraient-ils.