Correspondance - Tome I
À Ernest Chevalier ......................................................... 31
Tout ce qu’il te plaira à tes connaissances d’Andelys que je partage.
Tu diras à M. Delestre que d’après ton dire je m’intéresse beaucoup à sa position morale, bien entendu.
Nota : tu recevras avec ma lettre une de Lucas que l’Ottoman a décachetée et que je t’envoie, en outre une de Nion et une autre d’Edmond. Ainsi tu vois que tu vas avoir à t’amuser pour quelque temps ; rends-moi la pareille et écris-moi souvent. Lucas est revenu aujourd’hui au Collège.
À ERNEST CHEVALIER
25 août 1837.
Je te prie de m’excuser…
À ERNEST CHEVALIER
[Rouen,] vendredi 23 septembre.
[Vendredi 22 ou samedi 23 septembre 1837.]
Je désirerais bien savoir, Maître sot, pourquoi depuis si longtemps on n’a pas eu de vos nouvelles. Si c’est une farce m[â]tin elle n’est guère bonne et moi en revanche je vais te donner des miennes. Or donc il est 8 h[eures] du matin et il y a 2 h[eures] que je suis débarqué de Paris. J’ai d’abord été à Trouville, puis de là à Nogent, et de Nogent me voici t’écrivant sur mon tapis vert. Tu me feras penser la première fois à te donner une relation très détaillée de mon voyage au Paraclet. Ancienne demeure de la grosse Héloïse et de
– 31 – maître Abailard, espèce de bourru et d’imbécile qui n’a gagné à tous ses amours que d’avoir un testicule de moins. Or notre cher philosophe du douzième siècle n’était plus couillon. Aie soin de me faire souvenir de ma promesse, il ne nous reste plus que peu de jours pour arriver au capout des vacances. Je vais les employer à travailler vigoureusement pour en finir avec deux choses dont l’une m’embête et la 2e m’amuse. C’est mon esquisse historique sur La Lutte du sacerdoce et de l’empire – Chéruel en partant m’avait dit : avec le plan que vous avez formé il vous fau[dra] au moins 2 bons mois et je n’ai presque rien fait. En 8 jours cependant la besogne sera bâclée.