J'irai danser sous la Lune
Un an plus tard
ÉPILOGUE
Un an plus tard
Le parking de la MJC n’a jamais été aussi fréquenté. Et pour cause ! Aujourd’hui, c’est l’ouverture officielle de la nouvelle bibliothèque de mon village. Oh, comparée aux immenses médiathèques des grandes villes, notre salle remplie de livres est un poids plume, mais l’enthousiasme des bénévoles nous rappelle que dans cette histoire, la taille n’a pas la moindre importance.
La plupart des habitants sont venus soutenir ce projet de longue haleine, porté par une poignée de gens passionnés, dont je fais partie. Il y a même quelques élus. Accompagnée de ma famille, je vais m’asseoir à côté des Dominguez. Un seul absent de leur côté, et pas des moindres : Carmen. J’aimerais pouvoir la serrer contre moi une dernière fois, mais il est trop tard. Je lève les yeux pour tomber sur le visage glacial de belle-maman, qui rouspète parce qu’elle n’est pas au centre de tous les regards. Aujourd’hui, ce n’est pas elle, la star. Elle va s’asseoir derrière nous, histoire de ne pas louper une miette de ce qui se trame.
– Jolie robe. Dommage que tu n’aies pas songé à la mettre pour mon anniversaire, samedi dernier.
Il y a du progrès. Elle a glissé un compliment au début de sa phrase.
– Je ne la mets que pour les occasions spéciales, envoyé-je. Mais je vous remercie, vous êtes aussi très belle, et pas seulement aujourd’hui.
Ne s’attendant pas à ce que je fasse preuve de sympathie envers elle, Marie se met à marmonner des sons inintelligibles, le rouge aux joues. Peut-être que sous les couches de glace, cette femme possède un cœur, finalement.
Madame le maire monte sur l’estrade, un micro à la main, afin d’inaugurer la bibliothèque, vantant les mérites de la culture, principalement de la lecture. C’est à cet instant que mon ange gardien fait son apparition. Un sourire lumineux sur son visage bronzé, Carmen salue le public. Contrairement à ce que je redoutais, elle est sereine. Confiante. Et elle rayonne.
L’élue lui donne le micro, et la grand-mère s’installe sur une chaise, au milieu de l’estrade, un livre à la main. Et pas n’importe lequel. Le mien. Le nôtre. Celui de notre histoire, de notre quête.
– Tous les voyages démarrent par un premier pas, lit-elle. Certains feront tout de suite de grandes enjambées qui les mèneront rapidement à destination. Moi, j’ai d’abord embouti la voiture de ma voisine. Et j’étais à des lieues d’imaginer que le voyage de ma vie commencerait par un amas de tôle froissée. Mais les plus belles choses ne se découvrent-elles pas par accident ?
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