L'assassin de papa

Donald E. Westlake · Chapitre 3 sur 30

Pages du PDF

L'assassin de papa

Chapitre III

 

 

Lorsque je sortis de l’hôpital à la fin du mois, j’avais deux yeux, dont un en parfait état de marche. Il me permit de voir un type descendre d’une Plymouth arrêtée de l’autre côté de la rue, et s’avancer vers moi. Je ralentis le pas. Je me sentais nu comme un ver tout à coup. Je n’avais pas oublié le type qui avait passé une main par la fenêtre d’une Chrysler – une main qui tenait un revolver…

Mais ce type-là ne lui ressemblait pas. Il était mince et de taille moyenne. Il avait dû maigrir depuis peu et apparemment n’avait pas eu les moyens de renouveler sa garde-robe. Son veston trop large flottait bizarrement sur ses épaules, comme pour suivre une mode déjà délaissée avant d’avoir vraiment pris. Sous ses cheveux blond cendré, son crâne devait être jaunâtre. Tout était pointu chez lui : le nez, le menton, le regard et les pommettes, mais derrière cette façade on sentait affleurer une pulpe molle.

Il se planta devant moi, en regardant la cravate que Miss Benson avait choisie pour moi. Elle avait dû m’acheter quelques affaires, car mes deux valises avaient brûlé dans la voiture. Je lui avais donné de l’argent pour cela, prélevé sur ce que Bill m’avait envoyé.

Le type voulait me parler, mais il semblait en même temps craindre de se faire remarquer.

— Ça va, dis-je en l’esquivant et en traversant la rue pour aller jusqu’à la Plymouth.

J’aurais normalement dû avoir peur de lui, mais c’était lui qui avait la trouille. Il me suivit en trottinant, car ses jambes étaient plus courtes que les miennes. Je l’entendais s’essouffler derrière moi.

Je fis le tour de la Plymouth et y montai par la portière de droite. Il se glissa au volant à côté de moi, l’air plus inquiet que jamais, et sortit de sa poche un paquet de Philipp Morris. Je lui pris le paquet pour me servir à mon tour et nous allumâmes nos cigarettes dans un silence pesant. On sentait qu’il s’efforçait de se garder de tous les côtés à la fois.

— J’avais une dette envers ton dab, dit-il soudain d’une voix saccadée. C’est pour ça que je suis ici.

— Quel genre de dette ?

— Oh ! ça remonte loin, et ça n’a plus d’importance maintenant. Ce qui compte, c’est que tu es son fils. Je voulais seulement te dire que tu devrais te tailler. Change de nom et disparais de la circulation. Va t’installer dans l’Ouest par exemple. Mais va surtout pas à New York !

— Pourquoi ?

Il faisait rouler sa cigarette entre ses lèvres, la mettant en piteux état. Ses yeux tressautaient dans leurs orbites comme des billes folles.

— Ça va barder, dit-il enfin. T’as pas intérêt à te trouver mêlé à tout ça.

— Tout ça, quoi ?

— J’ai payé ma dette, dit-il très vite. Maintenant, on est quittes. Si on savait que je t’ai causé, je me ferais descendre. Je me suis suffisamment mouillé comme ça. Trop, même…

— De qui parlez-vous ? De ceux qui ont tué mon père ?

— Tire-toi, je te dis.

Il devenait plus nerveux de seconde en seconde.

— La dette est payée, la conférence terminée. Maintenant, décarre ! Allez, descends de ma bagnole.

De mon bras gauche posé en travers de sa poitrine, je le clouai sur la banquette. De ma main droite, je le palpai sans rien découvrir sur lui qui ressemblât à une arme. Sa respiration était rapide et il regardait de tous côtés dans la rue comme s’il s’attendait à y voir apparaître des blindés d’une seconde à l’autre, mais il ne disait rien.

J’accentuai la pression de mon bras sur sa poitrine, et ouvris la boîte à gants du bout des doigts de ma main libre. La petite porte s’abattit et je pris le flingue qu’elle venait de démasquer. Je ne m’y connais guère en armes, mais je pense que ce devait être un 32, un revolver à barillet aux reflets bleuâtres avec un canon court et une crosse lisse. Le barillet contenait six chambres. Les quatre que je voyais de chaque côté du canon étaient garnies. Mais je ne pouvais pas savoir s’il en allait de même pour les deux autres. Juste au-dessus, là où mon pouce s’était tout naturellement posé, je remarquai un petit taquet. Je poussai dessus et j’entendis un déclic.

Je ramenai mon bras gauche en avant et me retournai à demi sur le siège pour faire face à mon interlocuteur, le revolver braqué sur lui. Il me lança un bref coup d’œil avant de regarder une fois de plus la rue.

— Je voulais te faire une fleur, un point c’est tout, dit-il. Maintenant ça ne va plus ! Je la boucle. Tu ferais aussi bien de descendre.

— Mets ton moteur en marche.

Il me regarda d’un air incrédule.

— Dis, tu te fous de moi, non ? Où veux-tu m’emmener ?

— Chez moi, à Binghamton. Deux cents kilomètres par la nationale 17. Allez, roule !

— Je marche pas, riposta-t-il d’un ton définitif.

— Je suis en état de légitime défense, lui expliquai-je patiemment. Je dirai que je t’ai arraché ton flingue des mains, en reconnaissant que tu étais un des types qui ont assassiné mon père.

Il me regardait fixement, mais c’était mon œil droit, mon œil de verre, qu’il fixait. Avec un frisson il mit sa bagnole en marche.

Le trajet me parut long. Nous ne parlions guère et l’autoroute ne me semblait que trop familière. Je croyais me retrouver dans la même situation que le mois précédent, assis à la même place, dans la même voiture. Je me retournais sans cesse et chaque fois qu’une bagnole nous dépassait, je faisais la grimace. Mais personne ne fit mine de nous canarder.

Nous mîmes un peu plus de trois heures pour arriver en vue de Binghamton. Nous franchîmes la rivière au premier pont, en contournant la majeure partie de la ville. Mais il était quatre heures passées et c’était l’heure de pointe. On n’allait pas vite.

On avait beaucoup construit en trois ans. Des immeubles collectifs s’élevaient maintenant un peu partout, entre des pavillons qui affectaient le style des ranchs de l’Ouest.

Bill habitait un de ces pavillons, sur la nationale 26. Il n’était pas chez lui ; le garage était vide et la porte relevée. J’obligeai mon type à faire entrer sa Plymouth dans le garage. Nous descendîmes et je fis de nouveau passer le flingue dans ma main gauche pendant qu’il rabaissait la porte basculante du garage. Pendant tout le trajet, je n’avais cessé de changer le revolver de main, de peur qu’une crampe ne me gagne, afin de parer à toute éventualité.

La porte séparant la cuisine du garage était également ouverte. La maison était pleine de moustiques, et l’évier rempli d’assiettes sales. Le living-room était jonché de bouteilles de bière vides et de vieux journaux. Des bouteilles, il y en avait deux caisses pleines dans le garage et au moins une douzaine au frais dans le réfrigérateur. C’était du reste à peu près tout ce que celui-ci contenait.

La maison comportait deux chambres à coucher, mais elles étaient vides toutes les deux. Dans la plus petite, aux murs roses, il y avait un berceau et une commode blanche ; tous les tiroirs étaient ouverts et vides. Mais la chambre voisine présentait un désordre typiquement masculin, et les vêtements de Bill s’étalaient partout, sur le lit, sur les chaises, par terre. Donc, il n’avait pas déménagé. Il avait dû mettre la gosse en pension quelque part. Probablement chez tante Agathe.

Nous nous installâmes dans le coin du living-room qui formait salle à manger et fîmes une belote avec les cartes de Bill. Le revolver aux reflets bleus paraissait tout à fait insolite sur la table de formica rose moucheté de gris. Mon bonhomme perdait sans arrêt : il n’arrivait pas à se concentrer. De temps en temps, il me suppliait de le laisser partir, mais sans grande conviction.

Petit à petit, la nuit tomba. Un lampadaire brillait dans la rue. Dans la maison d’en face, une fenêtre s’alluma, irradiant une chaude clarté blonde.

Il était plus de dix heures quand Bill rentra. À en juger par la façon dont il conduisait, il devait être complètement saoul. À jeun, Bill est un conducteur brutal, mais sûr. En revanche, quand il est ivre, il prend ses tournants sur les chapeaux de roue. Il entra, son blouson de joueur de basket ouvert sur son tricot de corps, me regarda bouche bée en branlant la tête, et s’appuya au mur de la cuisine.

— Non, bon Dieu, me fais pas de coups pareils ! dit-il d’une voix tremblante. J’ai cru que c’était Ann…

Il porta une main tremblante à sa poitrine.

Je n’y avais même pas songé. Évidemment, il avait raison. Qui d’autre que sa femme aurait pu l’attendre chez lui, toutes lumières allumées ? Je me levai en rattrapant juste à temps le flingue que j’avais sur les genoux.

— Je n’avais pas réfléchi, Bill, dis-je en guise d’excuse.

— Bon Dieu ! répéta-t-il.

Il hocha la tête en se passant la langue sur les lèvres, puis, s’écartant du mur d’un mouvement brusque, il alla ouvrir la porte du réfrigérateur. Il prit une bouteille qui lui échappa, et il se baissa pour la ramasser à tâtons, après avoir refermé la porte.

Je crus qu’il allait s’étaler. J’agitai mon arme dans la direction de mon partenaire de belote.

— Va lui déboucher sa bouteille, lui ordonnai-je.

Bill le regarda faire, le sourcil froncé. Il saisit la bouteille et but avidement au goulot.

— Qui c’est, celui-là ? dit-il en agitant sa bouteille dans la direction de mon prisonnier.

— Il m’attendait à la sortie de l’hôpital, expliquai-je.

Et là-dessus, je lui racontai toute l’histoire.

— Et c’est tout ce que j’ai pu en tirer, conclus-je.

— Ah ! oui ? On va bien voir !

Bill fit passer la bouteille dans sa main gauche, s’avança vers notre invité et lui balança son poing en pleine gueule.

C’était la première fois que je voyais un type se faire mettre k.-o. ainsi, d’un seul coup de poing. Mon bonhomme s’affaissa comme une marionnette dont on aurait coupé les fils.

— C’est malin ! protestai-je. Si tu crois qu’il peut parler maintenant…

— Je ne voulais pas taper si fort.

Bill siffla le fond de sa bouteille de bière, la posa sur le buffet et alla se remplir un verre d’eau au robinet.

— Non, bien sûr, dis-je aigrement.

Je posai mon flingue sur le réfrigérateur, m’agenouillai à côté du type et lui flanquai quelques claques pour le ranimer.

— Fais-toi donc un peu de café, lançai-je à Bill en tournant à moitié la tête. Et cesse de te conduire comme un gamin !

— Je regrette, Ray, grommela-t-il. Parole ! Mais j’ai passé par de si sales moments…

— Depuis combien de temps ?

— Oh ! je sais… Ça fait deux semaines jour pour jour qu’Ann…

De nouveau, il était à deux doigts de la crise de larmes.

— Allez, tu ferais mieux de préparer du café, répétai-je. Fais-en trois tasses.

Sur le plancher, mon bonhomme détourna la tête pour esquiver une nouvelle gifle.

— Assez, gémit-il. Assez…

— Relève-toi, dis-je. Il ne recommencera plus.

Il n’était pas entièrement convaincu, mais il se remit tout de même debout. Ses jambes flageolaient. Bill surveillait l’eau pour la retirer du feu avant qu’elle bouille.

— Quand tu seras calmé, lui dis-je, viens nous rejoindre dans le salon. Et amène le café.

Je repris mon flingue sur le réfrigérateur.

— Je suis désolé, Ray, répéta Bill. Je te demande pardon.

— Si tu te remets à chialer, lui dis-je, je te laisse choir ! Tant pis pour toi.

Je poussai le type devant moi dans le living-room. J’allumai toutes les lampes et nous nous installâmes dans des fauteuils. Dans la maison d’en face, la fenêtre encadrait le tableau d’une famille paisible et heureuse, en train de regarder la télévision, tout à fait comme un placard publicitaire. Tout cela avait l’air tellement normal que, moi aussi, ça me donnait envie de chialer.

— Comment t’appelles-tu ? demandai-je au gars.

— Smitty.

— Tu te fous de moi ?

— Parole ! Je peux le prouver. J’ai sur moi une carte d’entrée dans une bibliothèque.

Ça, je demandais à voir ! Pas tellement pour vérifier son identité, mais l’idée que ce type pouvait être abonné à une bibliothèque me faisait doucement rigoler.

Il me montra sa carte. Elle provenait d’une bibliothèque de prêt de Brooklyn, et était établie au nom de « Chester P. Smith, 653, Quatre-vingt-dix-neuvième Rue Est ; escalier C, appartement 2 ». En dessous, la signature pouvait aussi bien se lire Napoléon Bonaparte que Chester P. Smith.

Bon, il avait donc une carte de bibliothèque. Dans le même portefeuille, je trouvai encore quarante-trois dollars. Mais je n’y vis pas le moindre permis de conduire. Et je venais de me faire véhiculer pendant deux cents kilomètres par ce type…

— Je veux bien t’appeler Smitty, dis-je en lui relançant le portefeuille, mais le nommé Chester P. a dû râler d’être obligé de se faire faire une nouvelle carte !

Il rangea son portefeuille sans répondre. Deux minutes plus tard, Bill arriva avec trois tasses de café. Quand il s’approcha de Smitty, celui-ci eut un mouvement de recul. Bill sourit avec autant d’amabilité qu’une huître qui s’ouvre, posa la tasse sur la table à côté du fauteuil, et alla s’asseoir sur le divan, à côté de moi.

— Maintenant, ça va, me dit Bill au bout d’une minute.

— Tant mieux ! soupirai-je.

Un silence tomba. Bill s’éclaircit la gorge.

— Qu’est-ce qu’on attend ? demanda-t-il soudain.

— Que Smitty consente à se déboutonner, répliquai-je.

D’un geste inquiet du pouce, Smitty désigna la grande baie.

— On ne pourrait pas tirer les rideaux ? demanda-t-il.

— Fais-le toi-même, répliquai-je.

Il obéit et vint se rasseoir d’un air de chien battu. Puis il se mit à boire son café, lentement, le buste penché en avant, en faisant la grimace car Bill l’avait fait très fort. Le gars Smitty devait le préférer avec de la crème, mais il n’osa pas en réclamer.

— Et maintenant, si tu nous racontais toute l’histoire, Smitty ? lui dis-je aimablement.

— Je ne peux pas, fit-il en nous regardant par-dessus sa tasse d’un air presque attendrissant. J’ai voulu te faire une fleur, pour payer ma dette à votre vieux, et vous me cassez la gueule ! J’aurais mieux fait de me tenir peinard.

Je me tournai vers Bill :

— Dis donc, Bill, recommandai-je, tâche de cogner un peu moins fort la prochaine fois. C’est emmerdant : après, il faut le ranimer…

Bill se leva en souriant, avec l’air avide d’un homme qui a un vieux compte à régler.

— Avec ça, on a de quoi s’amuser, fit-il en nous montrant un poing hérissé de poils roux, tavelé de taches orange et armé d’énormes jointures.

— Allez, quoi, merde ! Foutez-moi la paix, geignit Smitty.

Sa voix avait monté d’un ton. Il s’était reculé sur son fauteuil.

— Attends, on va commencer par le plus facile, dis-je. Qu’est-ce que mon père avait fait au juste pour toi ?

Il ne quittait pas des yeux le poing de Bill.

— Tétais même pas né à l’époque, dit-il. C’était du temps de la prohibition. Je ramenais un camion du New Hampshire quand la police d’État m’a piqué…

— Un camion de quoi ? demanda Bill.

— De gnôle, pardi ! Les mecs pour qui je travaillais m’ont laissé tomber, mais votre dab a accepté de me défendre. Et à l’œil encore !

— Comment te connaissait-il ? demandai-je.

— On travaillait pour les mêmes patrons.

— Tu mens, gronda Bill, en faisant un pas en avant.

— Attends un peu, coupai-je. C’est bon, Smitty ; maintenant venons-en à l’actualité.

— Je t’ai déjà tout dit. Il va y avoir un coup de chien à New York. Tas intérêt à ne pas t’en mêler.

— Mais moi, justement, je veux m’en mêler, répliquai-je. Je veux tout savoir : les noms, les adresses, tout… Ils ont tué mon père. Et ils ont tué sa femme, ajoutai-je en lui montrant Bill.

Pendant une brève seconde Smitty parut surpris ; puis son visage se referma.

— O.K., dit-il. Dans ce cas tu dois comprendre.

— Comprendre quoi ?

— Qu’il faut que tu te barres !

— Il faut que je me barre, parce que la femme de Bill a été assassinée ?

— À quoi ça t’avancera de te trouver mêlé à tout ça ?

— Je le suis déjà, que ça me plaise ou non. Alors, parle-moi plutôt de ce coup de chien qui se prépare à New York.

Il hésita. Il pesait le pour et le contre, en nous regardant tour à tour, Bill et moi.

— C’est une affaire du Syndicat, souffla-t-il enfin. Je ne vous en dirai pas plus long. J’ai déjà trop parlé comme ça.

— Quel syndicat ?

— L’Organisation, les gangs, quoi, la mafia, si tu aimes mieux.

— Qu’est-ce que j’ai à voir avec ton syndicat ?

— C’est à cause de ton père, comprends-tu ?

— Quel rapport ?

— Il travaillait pour eux.

Bill s’approcha de Smitty et le frappa à deux reprises avant que j’aie le temps de réagir. Je me précipitai sur lui pour l’arrêter.

— Bill, domine-toi un peu, nom de Dieu ! sans ça je l’emmène et tu pourras aller te faire voir. Tu veux chialer dans ton coin comme un môme, ou te rendre utile ?

— Ça va, ça va…

Il se dégagea et alla se rasseoir sur le canapé.

Smitty s’était abrité derrière ses deux bras levés. Il finit par les abaisser comme s’ils lui faisaient mal. Il ouvrait des yeux ronds.

— Mais je n’y suis pour rien, dit-il. Qu’est-ce qu’il lui prend ? Je voulais te faire une fleur… Qu’est-ce qu’il a ?

— Je te l’ai dit : il vient de perdre sa femme…

— Ben, j’y peux rien, moi. Je suis venu t’avertir, un point c’est tout. J’aurais mieux fait de rester tranquille.

— Qui a fait le coup, Smitty ? lui demandai-je. Qui a tiré sur mon père ? Qui a écrasé la femme de Bill ?

Il secoua la tête.

— Non ! Vous êtes cinglés, tous les deux. Si je l’ouvre, vous irez leur courir après et ils sauront que c’est moi qui vous ai rancardés. Je suis venu te trouver par amitié, en souvenir de ton dab, mais je tiens à ma peau.

— Leurs noms, Smitty ?

— Ils sauront que ça vient de moi. Non ! Je ne dirai plus rien.

— Bill… lançai-je.

La nuit fut longue. Nous avions tiré les rideaux. Bill le mettait k.-o. et ensuite je le ranimais. Mais quelque part dans le monde, il existait quelqu’un capable de terrifier beaucoup plus Smitty de loin que nous ne pouvions le faire de près. La dernière fois, je renonçai à le ranimer. Je l’enfermai à clé dans un placard, et nous allâmes dormir.

 

OceanofPDF.com