Le règne du silence
Chapitre XIV
C’est tout là-bas, parmi le Nord où tout est mort: Des Beffrois survivant dans l’air frileux du nord; Les Beffrois invaincus, les Beffrois militaires, Montés comme des cris vers les ciels planétaires; Eux dont les carillons sont une pluie en fer, Eux dont l’ombre à leur pied met le froid de la mer!
Or, moi, j’ai trop vécu dans le Nord; rien n’obvie A cette ombre à présent des Beffrois sur ma vie.
Partout cette influence et partout l’ombre aussi Des autres tours qui m’ont fait le cœur si transi; Et toujours tel cadran, que mon absence pleure, Répandant dans mes yeux l’avancement de l’heure, Tel cadran d’autrefois qui m’hallucine encor, Couronne d’où, sur moi, s’effeuille l’heure en or!