Le règne du silence
Chapitre XII
Heures troubles de l’âme aux multiples échos Où pour des riens: un peu de cloches dans la brume, La douleur des métaux, au loin, sur quelque enclume, Le bruit mouillé de deux rames à temps égaux Qui fauchent le silence au long d’une rivière, Heures troubles où pour ces riens l’âme s’émeut Et trouve un air étrange à l’ambiance entière: Ainsi le soleil luit; pourtant voilà qu’il pleut!
Et ces oiseaux, là-bas, volant devant les portes, Qui font des croix avec l’ombre de leurs vols noirs!
Le parfum qu’on croyait latent dans les mouchoirs Hante comme un retour de l’âme des fleurs mortes…
Tout devient nostalgique et commémoratif; Le jet d’eau raccourci prend la forme d’un if; La fumée, au-dessus du douteux paysage, Doucement se déroule en langoureux tissu Où menace, dans l’air, un texte entr’aperçu, Et, dans la lune pâle, on a peur d’un visage.