Le règne du silence

Georges Rodenbach · Chapitre 78 sur 105

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Le règne du silence

Chapitre XIV

Le sommeil remédie aux amers nonchaloirs, Le sommeil remédie au mal qui nous arrive Et ceint de nénuphars le front à la dérive; Câlin, il nous entraîne entre ses talus noirs Et, doucement, on sent de l’eau dans sa mémoire En qui s’est délayé tout ancien souvenir, Et c’est noyer son mal que d’ainsi s’endormir!

On s’enfonce dans l’eau tranquille qui se moire Pour aller reposer dans le néant du fond Où plus rien, jusqu’à nous, du passé ne pleuvine; Et c’est,—ce bon sommeil où notre âme se fond—

D’une facilité d’oubli presque divine.