Le règne du silence

Georges Rodenbach · Chapitre 63 sur 105

Pages du PDF

Le règne du silence

Chapitre XVII

Douceur parfois d’aller le dimanche à l’église Édulcorer ses yeux aux offices du soir, Être l’Ame qui s’est carguée et qui s’enlise, Être l’Ame soudain fraîche comme un parloir, Ce pendant que l’encens, avec mélancolie, En rubans bleus à notre enfance nous relie…

 

Et douceur pour les Yeux de retourner encor Dans les vitraux profonds qui sont des jardins d’or Où des anges, vêtus de lin, tiennent des palmes Et de rigides lis comme des jets d’eau calmes.

 

Et douceur pour les Doigts, repris du culte ancien, D’allumer sur le noir candélabre, à Complies, Quelque cierge qu’on suit des yeux, qu’on sait le sien; Mais si malingre, ô ma Lueur, tu te déplies!

Toi propitiatoire auprès de Dieu pour moi, Dieu qui sait gré du moindre acte d’un peu de foi, Et pardonne en faveur de la douleur des cires: Prix de nos fautes! Pleurs des cierges dans les nefs Dont la flamme s’immole en des supplices brefs, Bonnes cires qui sont si doucement martyres!