Le règne du silence

Georges Rodenbach · Chapitre 75 sur 105

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Le règne du silence

Chapitre XI

Heures tristes de l’âme: états intermédiaires Où l’âme ne sait plus définir ses ennuis Ni trier l’ancien buis fané du nouveau buis; Heures vagues où monte un chant de lavandières, Mais quels linges leurs mains trempent-elles dans l’eau: Nappes d’autels, rochets des grand-messes pascales Ou batistes de nos armoires conjugales?

Heures d’aspect confus: automne ou renouveau?

Est-il du soir ou du matin, ce crépuscule?

Il neige: mais c’est-il des fleurs ou des flocons?

Est-ce un malheur qui vient? un malheur qui recule?

Quel est le clair-obscur où nous équivoquons?

Heures où l’âme voit, à travers les persiennes, Tandis qu’elle s’éveille en sa chambre sans bruit, Filtrer et se couler des clartés mitoyennes; Entre-t-on dans le jour? Entre-t-on dans la nuit?