Le règne du silence

Georges Rodenbach · Chapitre 7 sur 105

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Le règne du silence

Chapitre VII

Les vitrages de tulle en fleur et de guipures Pendent sur les carreaux en un blanc nonchaloir; On y voit des bouquets comme des découpures Adhérant sur la vitre au verre déjà noir.

Mais le tulle est si loin, encor qu’il les effleure, Et ne s’y mêle pas, en vivant à côté; Les blancheurs des rideaux n’étant au fond qu’un leurre Qui laisse aux carreaux froids toute leur nudité!

Et leurs frimas figés, flore artificielle, Ne font pas oublier aux vitres d’autres soirs Où de réelles fleurs naissent des carreaux noirs, Des fleurs que la gelée élabore et nielle, —Au lieu de ce grésil de linge mensonger—

Songe de fleurs qui ne leur est plus étranger, Blancheurs où leur cristal se sent brusquement vivre, Ramages incrustés dans le verre, et brodés Sur les carreaux qui s’en sont tout enguirlandés, Rideaux incorporés en dentelles de givre!