Le règne du silence

Georges Rodenbach · Chapitre 59 sur 105

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Le règne du silence

Chapitre XIII

Les cloches dans le ciel ont assez de nuances En pleurant les décès, pour chanter les naissances; Les cloches, ce mobile et divin truchement, Versant comme des pleurs sur un enterrement, Effeuillant comme des bouquets sur les baptêmes.

—Urnes de lilas blancs!—Urnes de chrysanthèmes!—

Tantôt on y perçoit les bruits d’un corbillard Qui s’en irait dans la banlieue et le brouillard; Puis, à d’autres moments, oscillant en mesure Sous les nuages blancs en rideaux de guipure, Les cloches, dorlotant les cœurs d’enfants nouveaux, Ont le balancement musical des berceaux!