Le Retour de Russie
Chapitre 24.
24.
– Retournons à nos moutons, dit Napoléon tandis que l’on reprend le chemin vers l’ouest.
Il est assez triste de se retrouver seuls à marcher, même si l’on est contents de ne plus avoir à craindre les cosaques. Avec le vent dans la figure, la neige arrive également et se met à tomber de plus en plus fort. De gros flocons, comme de mini-avalanches. Nous voilà bientôt dans un nuage blanc. Non seulement on ne voit plus nos pieds, mais on a du mal à garder les yeux ouverts, tant il y souffle de purée blanche.
– C’est un déluge, dit Napoléon. Je n’ai jamais vu ça.
– Même à l’époque ?
– Il fait moins froid qu’en 1812, et heureusement, mais pour la neige, on est servis !
Impossible dans ces conditions de savoir où l’on va. Le blanc est partout, comme un mur. Nous avons à l’asile des pièces capitonnées de duvet blanc pour que les fous ne se blessent pas. Ici, tout mon corps tape contre la neige verticale.
Imaginez nager sous l’eau dans un océan de lait froid. On avance à l’aveuglette et l’on se cogne aux arbres. Et encore, un arbre ce n’est pas si mal : on peut s’y accrocher avec les mains. En se cachant derrière le tronc, on est un peu protégé des rafales de vent. Plus dures sont les glissades, nombreuses, quand la terre blanche se dérobe de sous les pieds et que l’on se retrouve la tête dans la poudreuse. Parfois on se demande si l’on aura assez de forces pour se relever, et s’il ne vaudrait pas mieux rester couchés. Mais on sera alors rapidement ensevelis par la neige. Enterrés vivants ! À cette idée, on puise dans nos réserves, on se redresse et l’on avance encore, pour retomber quelques mètres plus loin.
– Je n’en peux plus, dit alors Napoléon. Je vais mourir ici. C’est ce qui aurait dû se passer en 1812. Je n’aurais jamais dû rentrer vivant.
– Allons, courage, Sire, ai-je la force de lui dire, quand je me rends compte que je n’ai plus de voix.
J’ai l’impression de parler mais en réalité mes lèvres ne bougent pas. Ni la mâchoire. Celle qui peut fendre des noix est bloquée en position légèrement ouverte. De la neige est rentrée dans la bouche. Et je n’ai rien senti. Au même moment je m’aperçois que je suis enseveli jusqu’à la ceinture, ou pas loin. Quant à Napoléon, on ne voit plus que le bout de ses épaules. Le chapeau est écrasé sous une masse blanche.
Dire que, quand j’étais enfant, la neige, j’adorais ça ! Il en tombe peu à Paris, et c’était à chaque fois la fête. Comment aurais-je pu imaginer que je me retrouverais un jour au milieu d’une tempête dure, aux flocons coupants et collants !
Si la Grande Armée avait été là, on se serait plié en quatre pour nous protéger. Les soldats auraient coupé des branches pour en faire d’astucieux baldaquins qu’ils auraient maintenus au-dessus de nos têtes, d’autres se seraient mis autour de nous pour bloquer le souffle du vent. Je regrette alors amèrement de ne plus les avoir avec nous. Mon attitude est profondément égoïste : au cours des derniers jours, bon nombre de ces soldats sont morts pour nous sauver, et je n’ai même pas eu une pensée pour eux.
À notre tour, nous sommes en train de mourir.
À force de s’accumuler sur nos têtes, la neige est devenue noire : il fait nuit et l’on capitule. Je m’assieds à côté de Napoléon, je veux faire un dernier feu avec ce qui me reste comme petit bois sec. C’est alors que je tombe sur la clochette : je l’avais mise dans la boîte d’allumettes.
Je la sors et la fais tinter.
Il s’en échappe un son clair, joyeux comme un petit rire, et qui porte loin. Il est aussitôt repris par un écho. C’est tellement chaleureux que l’on ne peut s’empêcher de nous redresser et de sourire.
– L’écho nous répond, dit Napoléon.
Le tintement enchanteur a l’air de venir d’une direction précise.
– C’est par là qu’il faut aller ! comprend-on aussitôt.
De toute façon, c’est notre dernier espoir.
S’accrocher à un écho : voilà ce à quoi nous sommes réduits.
La clochette grelotte au bout de ma main, l’écho lui répond, c’est une musique envoûtante qui nous dirige maintenant.
– Comme le fil d’Ariane, dit Napoléon.
Je ne vois pas de quelle Ariane il parle. Aucune Ariane à l’hôpital, à ma connaissance. Ce doit être une amie d’enfance qui aimait jouer avec les bobines de fil.
La neige n’a pas cessé, non, mais rling ! dling ! bling ! Le chant plein de gaieté de la petite cloche nous fait comme un tunnel. Car il est plus facile d’avancer quand on sait que l’on est sur le bon chemin. (C’est une certitude qui nous a envahis, on ne sait pas pourquoi. La musique, sans doute.) On fend donc la nuit, la neige, le froid collant, on jette nos dernières forces pour avancer, on essuie les yeux et je fais un effort pour refermer la mâchoire.
Soudain la lune sort de derrière un nuage et tout s’éclaire. La neige argentée n’est plus aussi coupante, on distingue les arbres, plus espacés, et l’on sent que l’on marche sur du plat et du dur. On regarde en bas : c’est une route. Encore un effort et ça y est ! Nous sommes sortis de l’enfer. On est vivants ! On marche maintenant sur un chemin dégagé en laissant derrière nous la tempête. Car il ne tombe maintenant que quelques flocons sur ce paysage majestueux et calme.
– Incroyable phénomène, dis-je. Il y a une demi-heure, on mourait asphyxiés par la neige, et nous voici maintenant sur une route tout ce qu’il y a de civilisée. Regardez, il y a même de l’asphalte !
– Qu’est-ce que c’est que ça ? dit Napoléon.
Il montre au loin devant nous. Une sorte de crochet en métal est planté dans le bas-côté. Il est fin et monte à la hauteur des arbres. À l’extrémité du crochet, une sphère en verre pend au-dessus de nos têtes.
– C’est un lampadaire, constate Napoléon.
On s’approche, la sphère s’illumine. Une ampoule s’allume. Il y a de l’électricité ! La lumière éclaire nos silhouettes tordues par la fatigue, nos visages brunis par le froid et les privations, nos haillons pathétiques. On s’arrête dans la lumière, on touche le lampadaire, on a l’impression de nous éveiller après un long sommeil. J’en profite pour prendre des notes dans mon carnet. Écrire tout en étant éclairé de façon continue et régulière est un plaisir que je n’ai pas connu depuis… depuis… Je n’arrive pas à compter le nombre de jours depuis le début de notre voyage car j’ai perdu la notion du temps.
– Mais alors, dit Napoléon, s’il y a de l’électricité, c’est qu’il doit y avoir des maisons modernes pas loin.
On trouve un chemin, on s’y engage et l’on distingue rapidement les toits d’un village intact. Ici, rien n’a brûlé. Tout a l’air normal. Un chien se met à aboyer à notre approche, et, en passant devant les fenêtres d’une maison, on aperçoit une télévision allumée. Le spectacle nous semble tellement beau que l’on s’arrête pour regarder.
Le chien ne se calmant pas, une dame entrouvre la porte.
Elle nous regarde longuement, et nous dit des choses en russe. À l’intonation, on comprend qu’elle nous demande de ficher le camp. Le chien aboie de plus belle.
Je me rends compte alors que l’on doit ressembler à deux pitoyables clochards. Et je dis (en français) :
– Nous sommes des Français qui avons subi le mokro qui s’est figé en holod, de plein fouet, avec des températures de moins vingt degrés, ensuite est venu le golod comme jamais on a eu faim au monde, tandis que des pojars nous ont roussi la peau, alors ne nous chassez pas, je vous en supplie, sans nous dire comment on fait pour aller à Smolensk.
Je parle lentement afin qu’elle sente dans mon discours toute l’intonation de la sincérité.
La dame nous regarde, comme choquée. Le chien aboie moins et finit par se taire. Puis elle dit (en français) :
– Entrez, je vous en prie.
Et elle ouvre sa porte.
On reste bouche bée sur le perron, on ne comprend pas, on n’ose pas y aller.
La dame nous sourit. Du fond de sa maison, on entend la télévision et une voix d’homme :
– НУ КТО ЭТО ТАМ ПРИШЕЛ, МАШ ?
Ce que je ne comprends pas, bien entendu. À quoi la dame répond des choses en russe, et nous traduit :
– Mon mari demande qui est là, et je lui dis que ce sont des Français qui se sont perdus dans la grande forêt de Smolensk. Vous êtes sûrement de ces groupes qui organisent les reconstitutions historiques de l’épopée napoléonienne ?
Son français est de bonne facture, on voit qu’elle aime le parler, je sens chez elle une grande bienveillance envers nous, malgré nos habits en loques et nos airs de morts-vivants.
– Il y a un peu de ça, oui, dit Pauline.
On n’entre pas dans les détails de notre aventure, elle risquerait de ne pas nous croire. On ne révèle pas non plus l’identité véritable de Pauline : pour le moment, on fait semblant d’oublier qu’elle est Napoléon, on a assez eu d’ennuis avec ça. Cependant, après nous avoir apporté des tartines au pâté (que l’on a dévorées avec d’infinis grognements de plaisir), la dame s’approche de moi et m’attrape par la boutonnière.
– Où avez-vous trouvé ce vêtement ? m’interroge-t-elle, et je sens une curiosité presque tragique dans sa manière de tirer sur le tissu.
– Dans la forêt, dis-je.
C’est la vérité vraie. Pour ne pas effrayer cette brave dame, je garde pour moi que le lieutenant de La Londe l’a pris sur un cadavre de grognard. À quoi bon lui infliger nos sordides aventures ?
– Je ne vous crois pas, dit la dame. C’est un manteau de 1812. Il n’en reste que dans les musées, et encore, ce n’est pas très courant.
– Il est possible que vous vous trompiez, madame, dit prudemment Pauline. Dans le cadre d’une reconstitution historique, certains fabricants de costumes peuvent faire des prouesses et imiter à la perfection les vêtements les plus sophistiqués. Regardez au cinéma, au théâtre…
– Alors venez avec moi, jeune fille, je vais vous montrer quelque chose…
Je crois voir une tristesse dans ses yeux quand elle nous demande de la suivre. On monte au grenier. Elle y conserve une grande malle qu’elle ouvre pour en sortir de vieux habits rongés par le temps. Elle les pose délicatement sur une table devant nous. Il y a là un uniforme complet d’officier de la garde (je commence à m’y connaître). Deux sabres, un pistolet, un sac en cuir noir fixé sur un large ceinturon, un dessus de selle de cheval avec une curieuse boucle en métal sombre, une baïonnette rouillée, une poire à tabac, des bottes dures comme du bois : tous ces objets ont été conservés avec amour. Je remarque que la malle sent fort la naphtaline contre les insectes et que chaque habit a été soigneusement plié. Il y a chez cette dame un grand respect pour les vieilleries (alors que moi, je commence à en avoir plein le nez).
– L’officier portait tout cela quand elle l’a recueilli, dit la dame, le regard perdu dans sa mémoire.
– De qui parlez-vous, madame ? demande Pauline.
– Elle, c’est Olga Pavlovna, mon arrière-arrière-arrière-trisaïeule de 1812. Notre village, à l’écart des combats, n’a été ni brûlé ni évacué. En ce jour de novembre 1812, elle est allée chercher du bois pour le feu, quand elle a trouvé un officier français, couché dans la neige, blessé, fiévreux mais encore vivant. Il devait être très beau dans cet uniforme bleu et rouge.
Elle nous montre un trou dans la veste, à l’épaule, là où la balle est entrée.
– Elle aurait pu le livrer aux cosaques ou le vendre aux paysans déchaînés, mais non, elle l’a caché. Et c’est ainsi qu’il est devenu mon ancêtre. Quand la guerre s’est terminée, il est resté ici. Depuis, dans la famille, on a toujours eu un faible pour la France.
– Votre français est remarquable, dis-je.
– Attendez, je vais vous montrer à quoi il ressemblait.
Elle fouille au fond de la malle et sort une miniature ovale. Un magnifique militaire aux épaulettes dorées et aux cheveux superbement bouclés nous sourit à travers les âges.
– Mais c’est mon aide de camp ! s’exclame Pauline. Le capitaine Tournon ! Et regardez ici !
Elle prend le dessus de selle et frotte la boucle pour enlever le noir d’argent. Une inscription apparaît. « Ananas. »
On est tous stupéfaits.
– Vous connaissez donc mon ancêtre ? demande la dame.
– Et comment ! dit Napoléon.
– Le capitaine Tournon était aide de camp de Sa Majesté, dis-je (et par réflexe, je montre Pauline – heureusement, la dame n’en remarque rien). On était justement sur ses traces pour retrouver son…
J’allais dire « trésor » quand la plus élémentaire prudence me fait changer d’avis.
– … pour retrouver sa trace. Des historiens auraient aimé savoir où et comment il est mort.
La dame fouille dans ses papiers et nous montre un vieil extrait de registre paroissial. Le capitaine Eugène Tournon est mort en 1840, à l’âge de cinquante-trois ans, à Moscou, où il enseignait le français à de riches aristocrates.
– 1840, c’est l’année du rapatriement de mes restes à Paris, dit pensivement Napoléon.
– Comment ? dit la dame.
Je change vite la conversation :
– Résumons. Le capitaine Tournon n’est donc pas mort en 1812. (C’est pourquoi on ne l’a pas vu parmi les ranimés.) Il est allé à Moscou pour chercher du travail. (Il n’a donc pas retrouvé le trésor.) Et vous, vous êtes revenue dans la région de Smolensk. (On se demande bien pourquoi.)
Je garde pour moi les réflexions entre parenthèses.
Plus tard, pendant le dîner – un vrai dîner, assis autour d’une table, sur un banc, avec du pain (du PAIN !) et une assiette délicatement ornée de boutons de fleurs où l’on nous a versé une soupe couleur de vin de Bordeaux où nagent de vrais oignons (des OIGNONS !) et des morceaux de viande (et des CAROTTES !) –, Pauline se risque :
– Sauriez-vous, aimable dame, si votre ancêtre avait mentionné un trésor impérial, ou une caisse quelconque qu’il aurait égarée dans le feu de l’action ?
Notre hôtesse sourit :
– L’air de cette forêt rend fou. Voilà que vous vous y mettez vous aussi. J’ignore qui est allé vous raconter notre histoire familiale, mais les caisses impériales y figurent en bonne place, en effet.
On la presse de parler.
– C’est simple, cela fait deux cents ans qu’on les cherche. À peine avait-il récupéré de sa blessure que le capitaine Tournon s’est mis en tête de sillonner le voisinage dans toutes les directions. Il n’a jamais rien trouvé d’intéressant. Ses descendants ont souffert de la même maladie, parfois sous une forme obsessionnelle. Tous ont sacrifié pas mal de temps à dessiner des cartes, calculer des trajectoires, creuser des trous. Le plus fou était mon arrière-grand-père, du temps de la guerre civile de 1920. Il est reparti de Moscou pour s’installer ici, près de ces lieux tragiques. Il lui arrivait de rester dormir dans la forêt à la belle étoile, et il rentrait à la maison tout barbouillé de terre. Depuis, la famille habite ici. L’école communale y est excellente. J’y enseigne le français.
– Aimable dame, dit alors Pauline avec son air solennel qui commande le respect, nous allons repartir à Paris. Néanmoins, pour que cette fascinante histoire soit complète, on aimerait jeter un coup d’œil sur les cartes laissées par vos ancêtres. Et aussi : vous n’auriez pas des vêtements normaux ? En échange, je vous cède mon pardessus de la garde, et le docteur vous laisse son sabre à poignée d’or.
J’ai failli protester quand je me suis souvenu que le sens élémentaire de la discipline militaire m’interdit de contredire Napoléon en public.
La dame hausse les épaules.
– Si ça peut vous faire plaisir.
Elle nous donne donc des affaires propres (prises à son mari et à son fils), on lui remet nos haillons qu’elle plie soigneusement comme si c’étaient des reliques. Des discussions qu’elle a avec son mari, je comprends qu’elle pense en tirer un excellent prix dans une vente aux enchères. Mon sabre est enveloppé dans du papier journal et caché sous le plancher.
On passe la journée suivante à étudier les archives familiales.
On établit facilement l’endroit où le capitaine Tournon a été blessé. C’est une clairière à deux heures de marche d’ici. Toutes les recherches partent de là. Il était en plein galop sur Ananas quand une décharge de fusil l’a désarçonné. En tombant sa tête a heurté le sol et il a perdu connaissance. Où est allé Ananas ensuite ? A-t-il été pris par les Russes ?
– C’est possible, dit Napoléon. Un cheval de cette allure, en bonne forme, peut se vendre cher à un officier. Mais je ne le crois pas. Les Russes étaient loin. Remarquez que la blessure n’a pas été profonde – sinon le capitaine serait mort sur place. On peut en déduire que le coup de feu a été tiré de loin, et que la balle n’avait plus beaucoup d’énergie en arrivant dans l’épaule du capitaine. Ça venait probablement des bois de l’autre côté de la clairière – ce qui expliquerait pourquoi le capitaine s’est engagé à découvert sans voir l’ennemi : il pensait être seul.
Napoléon pointe son crayon sur la carte. Il calcule l’angle de tir, il émet des hypothèses qui me dépassent, il dessine des traits à la règle. Ses gribouillis correspondent à ceux déjà tracés par les multiples descendants du capitaine qui avaient fait le même raisonnement en pure perte. Napoléon, cependant, a une idée nouvelle.
– Êtes-vous déjà tombé de cheval, docteur ? me demande-t-il soudain.
Non, bien sûr.
– Eh bien moi, si. Tous ceux qui ont fait leurs classes dans l’armée, à mon époque, sont tombés plusieurs fois. Ce n’est pas agréable. Surtout si vous êtes blessé à l’épaule… Imaginez… (Là, il ferme les yeux.) Ça y est, je sais ! En tombant du côté droit du cheval, le capitaine a dû involontairement tirer sur les rênes de sorte que la trajectoire du galop a été modifiée vers la droite.
Il reprend ses calculs, il trace une nouvelle ligne sur la carte.
– C’est par là qu’Ananas est allé. Et, si l’on poursuit sa route avec la règle, on voit qu’il met ses sabots dans cette longue dépression de terrain, ce creux qu’il a dû suivre tout naturellement, car n’oublions pas que c’est un cheval fatigué avec des caisses sur le dos. Et où aboutit-il, ce creux ? (Son crayon trace un cercle victorieux.) Dans ce marais !… Où la pauvre bête a dû couler et mourir, probablement.
Nous décidons d’y aller le lendemain.
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