Les Climats

Anna de Noailles · Chapitre 15 sur 52

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Les Climats

O tragique douceur de la cité sanglante, Rue où le passé vit sous les vents endormis: Un masque court, ombre galante, Au bal des amants ennemis.

Je m’élance, et je vois ta maison, Juliette! Si plaintive, si noire, ainsi qu’un froid charbon. C’est là que la fraîche alouette T’épouvantait de sa chanson!

Que tu fus consumée, ô nymphe des supplices! Que ton mortel désir était fervent et beau Lorsque tu t’écriais: «Nourrice, Que l’on prépare mon tombeau!

«Qu’on prépare ma tombe et mon funèbre somme, Que mon lit nuptial soit violet et noir, Si je n’enlace le jeune homme Qui brillait au verger ce soir!...»