Les Climats
Pleureuses des beaux soirs voisins de l’Orient, Déchirez vos cheveux, égratignez vos joues, Pour tous les insensés qui marchent en riant, Pour l’amante qui chante, et pour l’enfant qui joue.
O folles! aux judas de votre âpre maison Posez vos yeux sanglants, contemplez le rivage. C’est l’effroi, la stupeur, l’appel, la déraison, Partout où sont des mains, des yeux et des visages.
Folles, dont les soupirs comme de larges flots Harcèlent les flancs noirs des sombres Destinées, Vous sanglotez du moins sur votre morne îlot; Mais nous, les cœurs mourants, nous, les assassinées,
Nous rôdons, nous vivons; seuls nos profonds regards, Qui d’un vin ténébreux et mortel semblent ivres, Dénoncent par l’éclat de leurs rêves hagards L’effroyable épouvante où nous sommes de vivre.