Les Climats

Anna de Noailles · Chapitre 50 sur 52

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Les Climats

J’ai vu, un soir d’automne, au bord d’un chaud rivage, Un grand voilier, chargé de grappes de cassis, Ne plus pouvoir voguer, tant le faible équipage, Captif sous un réseau d’effluves épaissis, Gisait, transfiguré par le philtre imprécis D’un arome, grisant plus encor qu’un breuvage.

O Heine! ce parfum languissant et fatal, Cette vigne éthérée et qui pourtant accable, N’est-ce pas le lointain et pressant idéal Qui vous persécutait, quand de son blanc fanal La lune illuminait, dans les forêts d’érables, Vos soupirs envolés vers sa joue de cristal!