Les Climats

Anna de Noailles · Chapitre 39 sur 52

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Les Climats

Vaste Amour, conducteur des éternels demains, Je reconnais en vous l’inlassable merveille, L’inexpugnable vie, innombrable et pareille: O croissance des blés! ô baisers des humains!

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LA TERRE

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          Je me suis mariée à vous               Terre fidèle, active et tendre,               Et chaque soir je viens surprendre               Votre arome secret et doux.

Ah! puisque le divin Saturne Porte un anneau qui luit encore, Je vous donne ma bague d’or, Petite terre taciturne!

          Elle est comme un soleil étroit,               Elle est couleur de moisson jaune,               Aussi chaude qu’un jeune faune               Puisqu’elle a tenu sur mon doigt!

--Et qu’un jour, dans l’espace immense, Brille, ceinte d’un lien doré, La Terre où j’aurai respiré Avec tant d’âpre véhémence!

UN SOIR A LONDRES

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Les parfums vont en promenade Sur l’air brumeux, Une âme ennuyée et malade Flotte comme eux.

Les rhodendrons des pelouses, D’un lourd éclat, Semblent des collines d’arbouses Et d’ananas.

Un temple grec dans le feuillage Semble un secret, Où Vénus voile son visage Dans ses doigts frais.

O petit fronton d’Ionie, Que tu me plais, Dans la langoureuse agonie D’un soir anglais!

Je t’enlace, je veux suspendre A ta beauté, Mon cœur, ce rosier le plus tendre De tout l’été.