Les Climats
Ce soir mélancolique où les cieux sont troublés, Où l’air appesanti couve son noir orage, J’entends ces voix d’amour et ces cœurs exilés Secouer la fureur de leurs mille mirages!
Le vent qui fait tourner les algues dans les flots Et m’apporte l’odeur des nuits de Dalmatie, Guide jusqu’à mon cœur ces suprêmes sanglots. ## O folie, ô sublime et sombre poésie!
Le rire, les torrents, la tempête, les cris S’échappent de ces corps que trouble un noir mystère. Quelle huile adoucirait vos torrides esprits, Bacchantes de l’étroite et démente Cythère?
Cet automne, où l’angoisse, où la langueur m’étreint, Un secret désespoir à tant d’ardeur me lie; Déesse sans repos, sans limites, sans frein, Je vous vénère, active et divine Folie!