Les Climats
Ah! quel que soit le mal qu’elles portent vers vous, Quel que soit le désir qui les brûle et les ploie, Comblez d’enchantement leurs bras et leurs genoux, Puisque l’on ne guérit jamais que par la joie...
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SIROCO A VENISE
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Le siroco, brusque, hardi, Sur la ville en pierre frissonne; C’est la fin de l’après-midi; Ecoute les cloches qui sonnent A Saint-Agnès, au Gesuati...
L’ouragan arrache la toile D’un marché, où des paniers ronds Débordent de brillants citrons Que polit encor la rafale.
Je vois se saluer les cyprès d’un couvent; Et dans le courant d’air des ruelles marines, Un abbé vénitien, étourdi, gai, mouvant, Qui retient son manteau, volant sur sa poitrine, Semble un charmant Satan flagellé par le vent!
CLOCHES VÉNITIENNES
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La pauvreté, la faim, le fardeau du soleil, Le meurtrissant travail de cette enfant vieillie, Qui respire, tressant l’osier jaune et vermeil, L’odeur du basilic et de l’huile bouillie,
Les fétides langueurs des somnolents canaux, La maison délabrée où pend une lessive, Les fièvres et la soif, je les choisis plutôt Que de ne pas tenir votre main chaude et vive
A l’heure où, s’exhalant comme un ardent soupir, Les cloches de Venise épandent dans l’espace Ce cri voluptueux d’alarme et de désir: «Jouir, jouir du temps qui passe!»
L’ILE DES FOLLES A VENISE
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La lagune a le dense éclat du jade vert. Le noir allongement incliné des gondoles Passe sur cette eau glauque et sous le ciel couvert. ## Ce rose bâtiment, c’est la maison des folles.
Fleur de la passion, île de Saint-Clément, Que de secrets bûchers dans votre enceinte ardente! La terre desséchée exhale un fier tourment, Et l’eau se fige autour comme un cercle du Dante.