Les Climats

Anna de Noailles · Chapitre 44 sur 52

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Les Climats

Et moi qui, d’un amour si grave et si puissant, Contenais la rive et le fleuve, Je sens qu’un mal divin veut détourner mon sang De la tristesse où je m’abreuve;

Je sens qu’une fureur rôde aux franges des cieux, Se suspend, pèse et se balance. Le printemps vient ravir nos rêves anxieux; C’est la fougueuse insouciance!

C’est un désordre ardent, téméraire, et si sûr De sa tâche auguste et joyeuse, Que, comme une ivre armée en fuite vers l’azur, Nous courons vers la nue heureuse.

Nous sommes entraînés par toutes les vapeurs Qui tressaillent et qui consentent, Par les sonorités, les secrets, les torpeurs, Par les odeurs réjouissantes!