Les Climats
Ces glauques flamboiements, cette poussière d’or, Cet…
Ces glauques flamboiements, cette poussière d’or, Cet azur, embué comme une pensée ivre, Ces soleils oscillant comme un vaisseau qui sort De la rade, chargé de baumes et de vivres, Flotteront-ils au toit d’un couvent florentin, Sur les verts bananiers des Iles Canaries, Dans un vallon d’Espagne, où jamais ne s’éteint L’écarlate lampion des grenades mûries, Tandis que nous entrons dans l’hiver obsédant, Dans l’étroite saison, où, seule, la musique Fait un espace immense, et semble un confident Qui, saturé des pleurs de nos soirs nostalgiques,
Les porte jusqu’aux cieux, avec un cri strident!
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LES RIVES ROMANESQUES
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Soir paresseux des lacs, douceur lente des rames Qui, sur l’eau susceptible, élancez des frissons, Romanesque blancheur des terrasses, chansons Que des nomades font retentir, où se pâme Le vocable éternel du triste amour, quelle âme Tromperez-vous ce soir par votre déraison?
L’absorbante chaleur voile les monts d’albâtre, Un généreux feuillage abrite les chemins, Les hameaux ont l’odeur du laitage et de l’âtre; Et les montagnes sont, dans l’espace bleuâtre, Hautes et torturées comme un courage humain.
Au loin les voiliers las ont l’air de tourterelles, Qui, dans ce paradis liquide et sommeillant, Renonçant à l’éther laissent flotter leurs ailes Et gisent, transpercés par le flot scintillant.
Et la nuit vient, serrant ses mailles d’argent sombre Sur l’Alpe bondissante où le jour ruisselait, Et c’est comme un subit, sournois coup de filet Capturant l’horizon, qui palpite dans l’ombre Comme un peuple d’oiseaux aux voûtes d’un palais...
Un vert fanal au port tremble dans l’eau tranquille; Tout a la calme paix des astres arrêtés; Il semble qu’on soit loin des champs comme des villes; L’air est ample et profond dans l’immobilité; Et l’on croit voir jaillir de sensibles idylles De toute la douceur de cette nuit d’été!