Méli-mélo de romances
Maya
Nous y sommes, après une semaine à me ronger les ongles. Cet homme ne m’a pas laissée indifférente et de savoir que nous sommes célibataires tous les deux ne m’empêchent pas de me faire des films.
Néanmoins, la réaction qu’il a eue lorsque nous nous sommes quittés par une poignée de main ne m’a pas donné l’impression que je lui plaisais. De toute façon, c’est certainement mieux ainsi. Je ne me vois pas me taper la nounou de mon fils et jouer le remake de la série américaine « nounou d’enfer ». Ça, c’est dans les films et moi, je vis dans la réalité, triste, mais bien réelle.
Je me sens si seule depuis que Joe s’est tiré il y a des mois de cela, me laissant avec ma haine, ma rancœur et mon désespoir. Je n’ai pas revu ni eu la moindre attirance pour personne jusqu’à lui, cet homme, cette nounou. En espérant me protéger, je me suis renfermée pour que cette douleur infâme qui m’empoisonnait se taise jusqu’à s’étouffer.
Le fait de devenir père a fait fuir Joe et je reste persuadée qu’il m’a trompée pour cette raison. Depuis, l’angoisse de me replonger dans une histoire me fait suffoquer. Je ne supporterai pas un second échec, surtout si brutal. Tant bien que mal, j’essaie de me convaincre que la meilleure solution est celle de rester seule avec mon fils sans aucune interférence.
À l’approche de la maison de Camille, mon rythme cardiaque s’accélère. Cette sensation, je la connais parfaitement, je la ressens dans mes tripes et elle me rappelle celle que j’éprouvais au début de ma relation avec Joe. J’expire profondément, car je refuse de la sentir, je refuse qu’elle s’insinue en moi et me nourrisse d’espoir. Je me concentre sur le fait que je vais laisser mon fils à un inconnu pendant deux heures. Jamais, il ne m’a quitté ces deux derniers mois, pas même une heure. Camille m’accueille, un sourire éblouissant aux lèvres.
— Bonjour Maya. Bonjour Laël nous dit-il en tendant son index vers la main de mon bébé. Tout va bien ?
— Euh oui, très bien. Il a mangé il y a tout juste deux heures, vous devriez être tranquille. J’ai mis ce qu’il faut quand même dans le sac et…
— Ça ira Maya, ne vous inquiétez pas, me rassure celui-ci en tendant les bras vers Laël. Je peux ?
— Oui, bien sûr.
Avec une appréhension, je lui confie mon petit. Des larmes sur le point d’exploser, je détourne la tête. Il doit voir mon malaise, car il me propose d’aller voir sa fille. Je le suis dans le salon qui fait office de salle de jeu. Sur un tapis d’éveil, un bébé d’environ six mois essaie de se retourner en battant des jambes et des bras. À sa tenue rose, je devine qu’il s’agit de sa fille, Lyly. Il s’assoit au sol et dépose Laël à ses côtés.
— Lyly, je te présente le nouveau venu, Laël. Laël, je te présente Lyly, ma fille. Et attention, pas touche hein !
Pendant ce temps, j’observe Camille. Dans son attitude, il me paraît fort, robuste, mais est-ce le fait de savoir qu’il est veuf ou non, je ne sais pas, mais je le trouve triste. Face à sa fille, ses yeux brillent d’une lueur que je ne saurais décrire, un mélange empreint d’une certaine mélancolie, de rage et d’amour. Je serais curieuse de savoir comment sa femme est décédée.
La nounou me sort de mes pensées en me disant :
—Vous voyez, ils s’entendent bien.
— C’est vrai, réponds-je. Ils ont l’air de s’apprécier. Bon je vais y aller, lui dis-je me mettant à hauteur pour embrasser mon petit. En me relevant, je croise le regard turquoise de Camille et m’aperçois que mon décolleté est très, trop plongeant. Piquant un fard, je me relève et me dirige vers la sortie.
— Vous avez mon numéro, n’hésitez pas à m’appeler si ça ne va pas, crié-je en quittant cette maison.
Une fois dans la voiture, j’ai envie de rire de mon attitude. On dirait une ado prépubère face à un garçon de quinze ans. La gêne dissipée, je recrache l’air accumulé dans mes poumons.
Merde ! Pour qui va-t-il me prendre ?
Deux heures pour moi, je file à la salle de sport, l’endroit idéal pour évacuer toutes sortes de tension.
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