Méli-mélo de romances

Anaïs Mony · Chapitre 27 sur 34

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Méli-mélo de romances

Chapitre 2

 

Machinalement, je regarde mon téléphone et constate que l’heure indiquée est bien tardive. Cela fait plus de deux heures que nous discutons. C’est surtout Victoria qui discute. Un vrai moulin à parole. En aucun cas, cela ne me dérange, sa voix est douce, sensuelle. Elle m’apaise, me fait du bien. Je l’écoute attentivement, elle est journaliste, elle a vingt-sept ans. Depuis ce soir, elle est célibataire après une année de vie commune. Apparemment, sa moitié a trouvé mieux ailleurs. Décidément, tous des connards ! Elle me sort de ma constatation par une question :

— Bon, assez parlé de moi, parlons de toi. Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

Je me trouve prise au dépourvu. Habituellement, les hommes que j’accoste ne prennent pas le temps de me poser des questions, encore moins savoir qui je suis, ce qu’ils veulent c’est mon postérieur. Je réfléchis. Je suis obligé de réfléchir à ce que je vais lui répondre. Paraître cool, sans trop l’être. Ne pas en dire trop ou pas assez. Merde, pourquoi me prendre autant la tête ?

— Moi ? Eh bien, je travaille dans l’immobilier. J’ai vingt-six ans et je suis de ces filles qu’on appelle communément une salope, lâché-je le plus sérieusement possible.

Elle me regarde ahurie. Elle ne s’attendait pas à ça. Mais il est vrai que j’en suis une, je l’assume, du moins c’est ce que je veux me faire croire. Cette ordure m’a rendu comme ça. Victoria va s’en aller, j’ai dû la choquer. Elle paraît si douce, si sensible. Je la regarde sans vraiment être-là, je m’oublie. J’essaie de me l’imaginer en version masculine. J’essaie de m’imaginer ce que cela me ferait de passer la nuit avec quelqu’un de doux, de tendre. Une main sur ma cuisse me fait revenir à la réalité, c’est elle. Victoria a un regard brûlant de désir. Un instant je reste figée, sans comprendre.

— Je ne t’ai pas précisé que la personne qui vient de me broyer le cœur était une femme ? dit-elle taquine.

— Non, en effet, répondis-je étonnée.

— Cela te dérange ? me demande-t-elle impatiente.

— Disons que je ne suis pas lesbienne. Je suis plutôt du genre hétéro. Mais je n’ai rien contre… c’est juste que…

Merde, je suis déstabilisée. Ça ne m’a jamais attiré les femmes, jusqu’à maintenant. Victoria dégage quelque chose d’interdit, de sensuel, de désirable et de tellement doux. J’ai besoin de douceur, au moins le temps d’une nuit, je voudrais ressentir les bienfaits de vraies caresses. Quelque chose me dit que je pourrais trouver ce que je cherche avec elle. Pourquoi ne pas tenter ? Après tout, ça ne doit pas être pire qu’avec un mec. Elle ne me lâche pas, soutient mon regard. Pour finir de me convaincre, elle me susurre à l’oreille :

— Je sais que tu n’es pas comme moi, mais laisse-moi te faire découvrir l’amour au féminin. Je hoche la tête, prise au jeu. Je paie nos consommations, elle me prend la main et m’entraine chez elle.

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