Méli-mélo de romances

Anaïs Mony · Chapitre 31 sur 34

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Méli-mélo de romances

Honorine

 

J’attends patiemment la sortie de ma fille. Elle me rejoint, ses boucles rousses lui entourant le visage. Sa queue de cheval n’a pas survécu. Elle court vers moi, saute dans mes bras. Elle et moi, elle et nous, c’est fort, c’est unique, incroyable. Marie a été notre bouée de sauvetage, elle a été pour moi la réponse à ma décision. Elle a été pour lui, sa sauvegarde pour la vie. Désormais dans les yeux de Marie, je ne survis plus, je vis.

Main dans la main, nous rentrons. Sur le chemin, une silhouette que je commence à trop connaître m’attend, ma mère.

— Bonjour Honorine.

— Bonjour Sabrina !

— Bonjour Marie, tu te souviens de moi ? demande-t-elle guillerette à ma fille.

— Que veux-tu ? Je t’ai dit que je n’étais pas prête pour le moment, repasse plus tard, tu veux.

— Laisse-moi t’offrir un café ?

— Je ne bois pas de café, tu devrais le savoir. Je m’esclaffe, puis reprends mauvaise :

— Ah non ! Tu ne peux pas, tu n’étais pas là. Bonne fin de journée, rajouté-je.

J’attrape ma fille, la prends dans mes bras. Un besoin urgent de la sentir contre mon corps, contre mon être. Définitivement, je ne suis pas prête à la laisser entrer dans ma vie. Mon abandon, le couvent, tout… je ne peux rien oublier.

 

Arrivée à l’appartement, je suis surprise de trouver Kenaël et Louis. Inquiète de les voir déjà là, je demande :

— Que se passe-t-il ?

Les deux hommes sourient, leur ressemblance est frappante, bien que seuls courent en eux les gènes de leur mère. Je repose Marie qui se précipite dans les bras de son oncle et s’écrit à ma grande surprise :

— Tonton c’est ce soir qu’on est tous les deux ?

— Eh oui ! ma puce. Papa et maman vont s’en aller et à nous la soirée pizza, Barbie.

— Trop bien ! s’esclaffe la petite rouquine.

Interloquée, j’ose demander à mon homme ce qui se trame :

– alors, où va-t-on ?

— C’est une surprise. Ta valise est faite, on décolle.

Il embrasse notre fille, laisse les dernières consignes à son frère puis va dans l’entrée m‘attendre. J’adore quand il fait ça, des surprises. Je joue le jeu, j’embrasse ma fille, fait durer le câlin plus que nécessaire puis lui dit :

— Soit sage avec ton oncle, à demain ma puce.

— Non, maman ! pas à demain. Demain, je vais au parc avec tonton Louis, me répond ma fille de sa douceur d’enfant. Encore une fois, je regarde Kenaël, il hausse les épaules, je rajoute :

— Pas à demain, alors ! Je t’aime ma chérie.

— Moi aussi.

Main dans la main, un dernier regard vers mon enfant, je la laisse le cœur serré. Je n’aime pas la laisser, c’est difficile. Mais je sais que mon diable a une bonne raison pour me couper d’elle. Ça me rappellera nos débuts, je le suis les yeux fermés.

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Kenaël

 

J’ai cru qu’elle n’allait jamais lâcher Marie. Honorine et Marie, toute ma vie dans ces deux âmes.

Pour ce jour si particulier, j’ai sorti le grand jeu. Nous nous rendons à l’aéroport, direction les Bahamas. Ce que ne sait pas Honorine, c’est que nous partons une semaine. Une semaine loin de notre Marie. Une semaine pour nous unir devant celui qui veille sur nous. Une semaine, qui je l’espère, sera notre voyage de noces.

Pendant ces cinq années, nous avons pas mal voyagé. Mais jamais sur une île paradisiaque. Elle ne sait pas non plus que dans ma valise se cache la robe de marié dont elle rêvait. Et quand elle découvrira l’autel au milieu de la plage, elle n’aura plus qu’à dire oui.

Le vol dure environ douze heures. Douze heures en première classe à être choyés comme des personnes importantes. Honorine ne pose pas de question, elle m’a toujours fait confiance. Je sais qu’elle jubile intérieurement, dans ses yeux je revois l’excitation que jadis je lui avais donnée en la sortant du monastère. Son regard pétille, elle brûle de savoir, mais se contient. À destination, elle trépigne d’impatience, elle n’en peut plus d’attendre. Enfin, elle me demande :

— C’est les Bahamas, tu es fou. Mais en quel honneur ? Tu…

Je la coupe par un baiser plus qu’ardent. De mes lèvres s’élève un désir auquel je ne peux répondre maintenant. De son retour, je comprends qu’elle en a autant envie que moi. L’excitation du voyage, de la surprise la rend brûlante d’envies. Sous mes caresses, son corps répond instinctivement. Nous devons patienter. Nous avons un mariage à célébrer.

Dans notre chambre, rien n’est laissé au hasard. Tout respire le romantisme. Elle ne peut que comprendre. Je lui sors la robe, sa robe. Les larmes aux yeux, elle explose.

— Tu… on va… C’est oui… oui, pour l’amour de Dieu !

— Je t’aime, ne l’oublie pas, dis-je la gorge serrée par l’émotion avant de reprendre :

— Je n’avais pas prévu ça exactement comme ça, mais bon, ça fera l’affaire.

—Ça n’a pas d’importance Kenaël. Tu sais que quoi que tu fasses, c’est merveilleux. Elle respire exagérément puis d’une voix sensuelle, me glisse à l’oreille :

— On a le temps pour passer sous la douche pour l’avant-lune de miel ?

Sans répondre, je l’attrape et la balance comme un sac sur mon épaule.

— Bien sûr qu’on a le temps.

Sans enlever nos vêtements, nous nous glissons sous l’eau tiède, presque froide. La chaleur extérieure et celle intérieur de nos désirs nous rendent bouillonnants. Sans plus attendre, nous nous enlaçons, emmêlant nos langues, nos enveloppes charnelles. Nos mains parcourant nos corps, nous nous déshabillons. Corps contre corps, nous nous laissons aller à de douces caresses. N’en pouvant plus, je la saisis par les fesses. L’appuyant sur le mur, je la pénètre. Fiévreusement, mes va-et-vient la font se cambrer, la font crier. Son teint se fait roser. Sans préambule, elle jouit, m’entrainant avec elle. L’apothéose de nos orgasmes nous achève.

Après nos ébats sous la douche, nous avons retrouvé notre sang-froid. Nous nous sommes séparés pour nous retrouver devant l’autel. Vêtues réciproquement de nos habits de cérémonie, nous nous retrouvons sur la plage. Honorine est époustouflante, magnifique, merveilleuse. Une arche recouverte d’orchidées blanches nous abrite du soleil éclatant. Face à nous le prêtre nous attend, souriant de célébrer un mariage peu ordinaire. Les vacanciers se sont regroupés pour observer le spectacle. J’observe ma dulcinée, son visage se peint d’émotions contradictoires, je m’inquiète. Je recule, la saisis par le bras :

— Que se passe-t-il ? Tu ne veux plus ?

Une larme au coin de l’œil finit de me terrasser. Elle ne veut plus, c’est ça. Elle s’en rend compte et ne veux plus de moi, impossible…

— Kenaël, tu m’écoutes ?

— Quoi ? répondis-je surpris et affolé.

— Il me manque Marie, j’aurais voulu qu’elle soit là, avec nous pour célébrer ça, tu comprends.

Je souffle, aussitôt toute l’inquiétude, l’angoisse se dissipe.

— J’ai la solution pour cela. J’y avais pensé, lui dis-je.

Elle me regarde, étonnée, je me saisis de mon téléphone, appelle en face Time mon frère. De nouveau devant l’autel, le téléphone face à nous, le prêtre nous marie. L’échange des vœux est incroyable. Honorine ressemble à une déesse dans sa robe sirène.

Dans les yeux de Marie s’illumine une fierté sans faille, lorsque de la bouche de sa mère, de ma femme un « oui » en sort.

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