Méli-mélo de romances
Chapitre 1
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Assit sur les marches du perron, il la regardait jouer. Qu’il fasse beau, qu’il pleuve ou même sous la neige, Maël ne se lassait pas. Jamais. Entre elle et lui, une petite cour sombre et un portail noir desséché par les saisons et arraché par la vieillesse et l’usure, les séparaient.
Elle savait qu’il la regardait, qu’il l’épiait, la convoitait. Pourtant, elle ne lui prêtait pas la moindre attention, du moins c’est ce dont elle voulait se persuader. Mais au fond d’elle, elle savait qu’elle lui plaisait et elle aimait ça. Elle aimait qu’on la regarde, qu’on la bade, qu’on l’envie, qu’on l’apprécie, qu’on l’estime surtout. Elle aimait jouer des pans de sa robe lorsqu’une brise légère venait la caresser et la soulever.
Julie était rayonnante, éblouissante. Elle respirait le bonheur, la joie de vivre et par-dessus tout, la vie. Simple, rose et vivante. Maël, lui, vivait à travers elle. Depuis toujours, d’aussi loin que ses souvenirs le lui permettaient, il aspirait son aura. Il espérait que rien ne les séparerait jamais. Il espérait qu’un jour, il ait le cran de se lever de son perron gris, usé et bouffé par les décennies passées et qu’il marcherait lentement sur les pierres rougeâtres, posées-là, sur un tapis de sable dissolu. Il avancerait, passerait le portail qui ne tenait plus que sur un gond et il viendrait face à elle. Il lui dirait ces mots, ceux que son cœur lui chante, ceux que son cerveau tisse et ceux que son âme lui crie. Il prendrait ses mains, les passerait dans ses cheveux et comme dans les films, lui glisserait sa mèche volante derrière son oreille. Il se pencherait et délicatement, Maël poserait ses lèvres fines sur celles, roses et fraiches de Julie.
Mais il le savait, jamais, il ne le trouverait ce courage. Jamais.
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