Méli-mélo de romances
Maya
Ce mec est un Dieu, ce n’est pas possible !
Jamais, je n’ai ressenti pareille excitation, pareil désir. Cette douceur, cette alchimie qu’il y a entre nous me rassure, me fait dire que j’ai bien fait de tenter l’expérience. Camille est hors norme, dans tous les sens du terme. Blottie dans ses bras, je m’extasie des dernières heures.
— Agréable comme réveil, me dit-il endormi.
— Camille, il faut qu’on se lève. Tu dois rentrer pour ta fille.
Il grogne, tel le loup mal léché qu’il simulait pendant la soirée, mais se résigne et se redresse. Son regard croise le mien et se voile.
— Rassure-moi, tu ne vas pas me virer, parce que j’ai couché avec la patronne, me demande-t-il très sérieusement.
— Oh non, ne crains rien. Ma nounou est trop d’enfer pour que je la vire.
Un sourire lumineux anime son visage et il se rhabille avec son déguisement. J’en fais autant, bien que la maison ne soit qu’à deux pas. Il me raccompagne en bon gentleman qu’il est et m’offre un dernier baiser. J’en voudrais plus, beaucoup plus, mais il croirait que je suis nymphomane. Ma frustration et moi nous abstenons d’ébruiter nos envies. Avant de partir, Camille me lance :
— J’ai trouvé le meilleur Chaperon rouge à manger qu’il m’ait été donné de croiser.
— Et moi, le plus gentil loup. Merci pour cette merveilleuse soirée que tu m’as fait passer. Merci d’avoir compris pour Joe et encore navrée de t’avoir posé cette question.
— Cette question ? Christelle ?
— Oui, je n’aurais peut-être pas dû et…
Il me coupe en me prenant les mains pour que je l’écoute attentivement :
—Maya, après Lyly, tu es la personne qu’il me fallait pour panser mes plaies. Je suis honnête, ma femme restera ma femme, c’est comme ça. Son départ, notre fille fait que je ne peux l’oublier et ça je veux que tu en aies conscience. Mais sache que si je te le dis c’est parce que tu comptes à mes yeux et désormais mon cœur a de la place pour quelqu’un et ce quelqu’un, je veux que ce soit toi ! Il nous faudra du temps, c’est certain, mais en attendant profitons de tout ça, de la simplicité des choses. Tu veux bien ?
Ces mots me percutent de plein fouet, mettant à rude épreuve mes convictions sur les hommes. Il ne fait définitivement pas partie du genre humain masculin normal.
— J’en ai conscience et je le comprends parfaitement, dis-je en l’embrassant de nouveau… Si tu as besoin de plus de temps, je peux le comprendre.
— Non, j’ai attendu assez longtemps !
— Si tu veux, tu peux dormir ici cette nuit, dis-je pour détourner la conversation.
— J’aimerais tellement Maya, mais je n’avais pas prévu de rentrer si tard. La baby-sitter est déjà en train de m’attendre.
— Ok. Alors on se revoit dans deux jours ?
— Dans deux jours ?
— Oui, je travaille, je te déposerai Laël…
— Ah oui, bien sûr… mais je me demandais si tu ne voulais pas passer à la maison demain soir, je te ferai à manger et nous pourrons passer une soirée “normale” sans déguisement, vêtus décemment et sans citrouille ni squelette qui foutent la trouille à une demoiselle affublée d’une cape.
Je suis étonnée par sa demande. J’avais peur qu’il ne se montre différent après ce soir, mais Camille reste Camille. Avec plaisir, j’accepte cette invitation. Nous terminons notre nuit par un baiser ardent. En partant, il me dit :
— Je crois que cet Halloween restera le meilleur de mon existence.
— Et moi, je crois que j’ai trouvé la nounou d’enfer qu’il me fallait…
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