Méli-mélo de romances

Anaïs Mony · Chapitre 15 sur 34

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Méli-mélo de romances

Camille

 

J’ai craqué devant Maya, je devrais avoir honte, je devrais me sentir mal à l’aise, gêné et m’enfuir, mais lorsqu’elle s’est levée dans sa tenue de Chaperon rouge et qu’elle m’a pris dans ses bras, j’ai compris. J’ai compris qu’elle était ma seconde chance, j’ai compris qu’elle était mon évidence, mon prochain amour. À me livrer ainsi, j’aurai pu la perdre, elle aussi. Je sais que cela prendra du temps, mais désormais que j’y suis disposé, tout ira pour le mieux.

Quand ses lèvres ont touché les miennes, j’ai ressenti un immense soulagement, comme si un poids s’envolait de mes épaules. De nouveau, j’ai eu l’impression de vivre plutôt que de survivre pour ma fille. À cet instant, c’est pour moi et moi seul que je vivais. Lâcher ces mots, lui décrire la mort de ma femme a été un exutoire. À m’écouter, elle m’a apaisé. Désormais, je ne veux pas la laisser partir et je suis prêt à mettre de côté le souvenir de Christelle.

Le repas reprend plus légèrement, mais avec une autre tension, celle du désir. Elle comme moi, voulons plus que ce baiser. Je ne veux pas paraître pressant, mais neuf mois sans sexe ça devient lourd. Pour penser à autre chose et mettre ma queue au repos, je lui parle de ma vie d’avant, de ma jeunesse, elle en fait autant. Une notification de mon téléphone me sort de ma bulle. C’est un message de la baby-sitter :

« Juste pour vous dire, que tout va bien et que je me suis permise de déplier le canapé pour dormir, bonne soirée »

« Vous avez bien fait, je risque de rentrer tard. Merci »

Pour dormir, mais quelle heure est-il ? En consultant ma montre, je constate qu’il est une heure du matin passé. Heureusement aucun de nous deux ne travaille demain. Je regarde autour de nous et m’aperçois que nous sommes les deux derniers clients.

— Ça te dit qu’on aille faire un tour sur la plage ?

— Avec plaisir me répond Maya. Allons sur la mienne.

— La tienne ? Tu as une plage privée ?

— Non, mais ma maison est en bord de mer et à cette heure-ci, c’est un peu la mienne.

Devant sa maison, la plage nous est offerte. La pleine lune nous éclaire et le vent léger la fait frissonner. Nous avons de la chance que cette fin de mois d’octobre soit douce. Nous marchons un moment sans un mot, main dans la main, quand elle me lâche, s’arrête et me fait face :

— Camille je dois t’avouer quelque chose.

Son air grave ne me rassure pas, mais je l’encourage à poursuivre :

—Tu sais que tu me plais depuis le jour où j’ai passé la porte de chez toi… mais lorsque je suis partie, tu as eu un mouvement de recul, j’ai pensé que je n’étais pas ton genre. Je pense avoir compris pourquoi tu avais réagi comme ça, mais je voudrais être certaine de ne pas me faire de faux espoirs.

— Eh bien je me suis dit que me taper mon employeur était un fantasme » lui dis-je en riant avant de reprendre plus sérieusement. « Tu m’as plue également ce jour-là, mais je dois bien avouer que j’éprouvais de la culpabilité à aimer alors que Christelle était décédée quelques mois auparavant. Et puis au fil du temps, j’avais l’impression que je ne te plaisais pas. Tu paraissais tellement distante.

— Disons que je ne voulais pas mélanger ma vie privée et les “en-dehors”. Si demain ça ne se passe bien entre nous, je serais obligée d’enlever mon fils et c’est ce qui m’angoisse le plus. Je veux son bien-être, je veux que Laël soit heureux et tu lui apportes énormément surtout que tu le vois plus que moi. Mais là, maintenant, j’aimerais être avec toi sans me poser de question, sans avoir peur du lendemain ou des conséquences, termine-t-elle en se triturant les mains.

— Je suis d’accord, profitons un peu de cette chienne de vie. On va se baigner ?

— Quoi ? Mais tu es dingue.

— Exact, on y va ?

Nous nous déshabillons. En sous-vêtements, nous courons comme deux gosses dans l’eau froide. La mer venant nous caresser de son écume, nous nous enlaçons.

D’un élan, j’entoure son visage de mes mains, ma bouche se rapproche enfin et succombe aux siennes. Sa langue joue avec la mienne, son goût de noix de coco me donne encore plus envie de la savourer. Nos caresses se font ardentes, pressantes. Nos deux corps s’enflamment. Nous nous consumons de désir. Une de mes mains lui enserre la taille pour venir la coller à moi, contre mon sexe qui pousse le tissu de mon boxer. De mon autre main, je passe ma main sous le tissu en dentelle de son tanga et m’amuse avec son capuchon. Elle geint et se frotte plus encore contre moi, mon torse, ma verge. Je découvre sa poitrine et ma bouche rencontre ses tétons et à tour de rôle, je les malmène délicieusement. Sa tête dans mes cheveux, ses mains autour de ma nuque, elle m’invite à descendre. Je la ramène sur la plage et l’allonge sur mon costume de loup. Nous finissons d’enlever le tissu mouillé qui nous recouvre pour jouir pleinement de notre peau nue.

Ma tête entre ses cuisses, je la trouve à mon goût. J’arrête et remonte en passant par son nombril, ses seins, son cou, son oreille et termine sur sa bouche. Je m’apprête à la pénétrer quand je me souviens que je n’ai pas de capote.

Sans un mot, elle comprend, attrape sa pochette et en tire un préservatif.

— Etonné ? me dit-elle.

— Je dirais prévenante.

— Attends, je vais le faire.

Déchirant l’emballage avec les dents, elle plonge son regard devenu sombre et empoigne mon sexe. Elle glisse habilement le bout de plastique. Je l’embrasse à m’y perdre et la pénètre enfin. Naturellement, elle bascule sur moi et me chevauche. Sa tête bascule en arrière et son cri de jouissance déclenche le mien. Nous terminons lovés l’un contre l’autre.

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