Méli-mélo de romances
Chapitre 1
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— Vous me faites chier Veronica, vous m’emmerdez même ! dis-je fulminant.
— Monsieur, je ne vous permets pas de me parler sur ce ton, c’est bien clair ! dit-elle de son air hautain.
— C’est moi qui vous paie, alors si je veux vous insulter, je vous insulte, c’est bien clair ! réponds-je en reprenant ses propres mots.
La voir s’énerver est un tel plaisir pour moi, ça en serait presque jouissif. J’adore cette femme, son caractère bien trempé, d’ailleurs c’est la seule que je n’arrive pas à mettre dans mon pieu. Moi le Dieu du stade, le Dieu du sexe. Ma réputation me colle parfaitement bien à la peau, j’en suis ravi. Veronica n’aime pas le genre de type que je suis, pourtant je me suis juré qu’un jour je la baiserai. Elle me suppliera de lui faire l’amour encore et encore.
Sortant de mes pensées un tantinet perverses, je m’adonne à ma passion qui est également mon métier. Sur l’écriture d’une chanson, je galère à trouver les mots. La vue de mon garde du corps ne m’aide pas. Une fois de plus, mes yeux se posent sur elle. Elle me tourne le dos et me laisse tout le loisir de mater son cul parfait. Bien que le port du pantalon soit obligatoire, il lui sied parfaitement bien, mettant en valeur ses formes exquises. Rien que de la voir me donne envie, j’en ai la gaule. Cette femme est une bombe. Ses cheveux bruns toujours bien ficelés en chignon me donnent matière à réflexions. De quelle longueur sont-ils ? Comment sont-ils ? Plutôt raides ou bien ondulés ? Que de futilité, mais tant d’importance sur le corps nu d’une femme. Sa poitrine toujours bien cachée ne demande qu’à exploser sous son chemisier blanc méticuleusement repassé. Ses yeux d’un bleu marine sont juste sublimes. Contre toute attente, la dame se retourne :
— Je peux vous aider, Monsieur ?
— Ça ira, merci ! réponds-je souriant.
Après tout, lorsque je l’ai embauchée il y a plus d’un mois, elle savait à qui elle avait à faire. Finalement, je pense qu’elle s’en amuse.
— Monsieur ? me demande-t-elle en passant négligemment sa langue sur sa bouche maquillée.
— Oui ?
— Puis-je vous quitter quelques minutes, j’ai un coup de fil important à passer, c’est pour ma fille.
— Bien entendu, mais revenez-moi vite, dis-je d’un clin d’œil bien appuyé.
— Merci.
Je la regarde partir. Son déhanché est juste à se damner. La courbe de ses hanches lorsqu’elles se meuvent… Hum…, je me lève et me dirige aux toilettes, je n’en peux plus.
Lorsque je reviens à mon bureau, mon agent m’attend.
— Salut, Luc, comment vas-tu ?
— Bien, on avait rendez-vous aujourd’hui ? lui demandé-je surpris.
— Non, mais tu sais que la Saint-Valentin approche ? On voudrait un coup de pub pour la période. Il faudrait que tu nous pondes une chanson sur l’amour, un truc bien nian nian qui fait vendre.
Il expire bruyamment puis reprend :
–Tu sais, va falloir que ça marche cette fois, tu t’es ramassé sur ton
dernier album, tu n’as pas le droit de te louper cette fois-ci !
— Tu fais chier Franck, une chanson d’amour, sérieux ? Mais tu m’as pris pour les Poetic Lover ou quoi ?
— Sérieux Luc, les Poetic Lover sont morts et enterrés, tu n’aurais pas d’autres références ? dit-il le visage crispé. Quelqu’un de plus jeune, de plus moderne.
— Oh ça va, y a qu’eux qui me sont venus à l’esprit, dis-je amusé.
— Tu trouves ça drôle ? Aujourd’hui, ceux qui cartonnent sont en train de t’écraser ! Fais-nous un truc à la Ed Sheeran, tu vois, dans ce genre-là.
— Oui, mais lui il est roux, ça change tout, dis-je me foutant de sa gueule.
— Merde tu as bouffé un clown ce matin ou bien ? Luc, bouge-toi le cul, c’est clair ?
— Quoi c’est clair, c’est le mot du jour ou quoi ? Vous avez décidé de tous m’emmerder aujourd’hui, c’est ça ? m’emporté-je.
— Oh ! ça va, détends-toi, mec ! Bon, tu as deux jours, deux jours pas un de plus !
— Quoi ? Deux jours ! Mais tu te fous de ma gueule ! Comment tu veux que j’écrive une chanson sur un truc auquel je ne crois pas, qui ait de l’âme et surtout un sens ! Comment ? hurlé-je.
Veronica entre sans frapper.
— Tout va bien, Monsieur ?
— Oui, oui, c’est bon ! lui dis-je énervé.
— OK, n’hésitez pas s’il se passe quoi que ce soit vous savez où me trouver.
À peine la porte est-elle fermée que Franck me regarde les yeux pétillants.
— Putain tu ne blagues pas toi, tu te l’es faite ?
Toujours énervé, je ne saisis pas de qui il parle. Quand je tilte, l’énervement fait place à la rage.
— Non, je ne me la suis pas faite et toi non plus tu ne te la feras pas, tu as compris ? Maintenant, tu dégages, et oublie-moi pendant ces deux putains de jours !
— OK vieux, tu devrais te détendre, vraiment tu as l’air à bout.
Il ricane puis rajoute :
–Vraiment, tu devrais te la faire, ça te soulagerait !
Je le saisis par le bras violemment, et le dégage dehors. La porte se ferme avec une telle brutalité qu’elle en fait trembler les murs.
— Merde ! Merde et merde ! Deux jours pour écrire une niaiserie, fait chier !
Je gueule.
— Veronica !
Immédiatement, elle ouvre la porte.
— Oui, Monsieur ?
— Un café, je vous prie.
Elle s’attarde, reste figée sur place, je demande :
–Qui y’a-t-il ?
— Je ne suis pas votre larbin ou votre secrétaire, je suis votre garde du corps. Votre café, si vous en voulez un, vous bougez votre joli petit cul de votre fauteuil et allez-vous le chercher tout seul !
Elle referme la porte, me laissant pantois, la bouche ouverte. — Veronica !
— Oui, monsieur ?
— Je dois aller chercher un café, pouvez-vous m’accompagner, dis-je tout sourire, ravi de ma connerie.
— Oui, Monsieur.
— Pourriez-vous m’appelez autrement, Monsieur, ça fait… je ne sais pas… je n’aime pas.
— Comme vous voulez, Monsieur, dit-elle insistante. — Maître, j’aime bien Maître, dis-je en rigolant.
Elle ne sourit pas, ma blague ne l’amuse pas. Plus sérieusement je reprends :
— Luc, ça ira.
— Bien, Monsieur Luc !
— Ah non, juste Luc, c’est bon pour vous ?
— Oui… Luc !
Nous partons, moi devant, elle sur mes talons. À l’affût du moindre geste, d’une personne ou quoi que ce soit de bizarre.
Jamais, je n’aurais pensé avoir un jour une femme comme garde du corps. Avant de l’embaucher, je me suis battue avec elle pour voir ce qu’elle valait, il ne lui a pas fallu plus de cinq minutes pour me mettre KO. En plus d’être sexy, c’est une sacrée combattante, avec elle je garde mes fesses bien au chaud.
— Tout à l’heure vous aviez dit que j’avais un joli petit cul, vous le pensiez vraiment ? dis-je aguicheur.
— Oui… non du tout, j’ai dit ça comme ça, répond-elle gênée.
Je ne réponds pas. Persuadé que je l’aurais bien assez tôt.
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