Méli-mélo de romances

Anaïs Mony · Chapitre 19 sur 34

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Méli-mélo de romances

Chapitre 3

 

La personne insiste…, je fais un saut et tombe du canapé, la tête dans le cul. Étalé au sol, je suis complètement paumé. Merde, quel rêve ! Quel réalisme ! La personne à la porte s’acharne et tape toujours. À la télévision, le générique de Body Guard tourne en boucle avec, sur le côté droit le logo, de la Saint-Valentin.

— Ah oui ! la Saint-Valentin, c’est aujourd’hui, pfff !

Je gueule :

— J’arrive !

Je me lève en mode Bridget Jones, mais version masculine. Seul un caleçon paré de bananes me couvre, le reste est nu. Les cheveux en pétard, une haleine de chacal, je me dirige vers la porte. Je suis toujours perturbé par ce rêve. Et cette femme, quelle femme !

Putain, j’ai vraiment l’air d’un pauvre type. Seul, un soir de Saint-Valentin, rêvant d’une nana parfaite.

J’ouvre la porte, Veronica se tient devant moi, un carton de pizza dans la main.

— Luc ! Une pizza chèvre miel, ça vous tente ?

— Euh, oui certainement, bafouillé-je en me grattant la tête, cherchant ce qu’elle fait ici, chez moi.

Je me sens vraiment con. Quasiment à poil devant cette bombe, l’esprit en vrac. Pourtant, c’est bien la créature de mon rêve. Elle me détaille des pieds à la tête, un sourire illumine son visage, elle me dit :

— Sympa les bananes sur les tablettes de chocolat !

Je ne sais que dire, pris de court. La tête toujours prise dans un épais nuage, je fouille ma mémoire immédiate. Seul mon rêve perdure derrière mes paupières. J’essaie vainement de me souvenir qui je suis vraiment. Ce dont je suis certain, c’est que je ne suis pas chanteur et que je n’ai aucun besoin de garde du corps. Certainement, les personnages du film avec Whitney Houston et Kevin Costner ont tissé mon songe.

— Vous me laissez entrer ? me demande la belle brune, me sortant de ma torpeur.

— Pardon, dis-je surpris.

— Je ne voulais pas vous laisser tout seul pour la Saint-Valentin, me dit-elle d’un ton amical. Comme vous le savez, je n’ai rien de prévu pour ce soir.

Je ne dis rien, elle se faufile.

— Euh, oui… bien, d’accord, entrez !

Mon appartement est un vrai bordel. Je range rapidement, lui faisant une place sur le canapé. Je la plante là et cours à la douche me rafraîchir l’esprit. Encore paumé, je n’arrive plus à me souvenir qui je suis.

— Merde, c’est quoi ce trou noir ? Qu’est-ce que j’ai bu ?

À force de chercher, la mémoire me revient enfin, lorsque je l’entends chanter. Je sors rapidement de la salle de bain, une simple serviette m’enveloppant.

Je la trouve assise, une bière à la main. Elle gratte quelques mots sur un bout de papier déniché je ne sais où.

— Désolée, dit-elle continuant d’écrire. En vous voyant, l’inspiration que j’ai perdue ces derniers jours pour ma chanson m’est revenue.

Je ne réponds rien, je lui souris, soulagé.

Tout se remet en place. Le garde du corps ce n’est pas elle, c’est moi. Je suis garde du corps d’une célèbre chanteuse de Pop. Aucune relation charnelle ne m’est permise donc ! Quel dommage, quel gâchis ! Finalement, je finis par m’asseoir à ses côtés. Je la dévisage, constate à quel point cette femme est belle. Je repense à cette douce chimère qui a enjoint ma nuit et qui m’a remplie de joie et d’amour.

— Qui y a-t-il Luc ?

— Euh… rien. Je… j’ai fait un drôle de rêve, répondis-je tout sourire, vous étiez dedans.

Intriguée, elle pose son stylo bille, me regarde, m’observe serait plus précis, et me demande :

— Ah ! intéressant ! Et qu’en est-il ?

— Vous connaissez le film Body Guard ?

— Évidemment, qui ne le connaît pas !

Elle ne dit plus rien, semble comprendre quelque chose, qui depuis longtemps, se trouvait sous ses yeux. Moi, sans le vouloir, je viens de lui avouer que j’avais envie d’elle. Sans me lâcher du regard, ses yeux s’emplissent de désir, comme dans mon songe. Elle s’approche, de ses mains fraîches ouvre ma serviette, se délecte de la vue que je lui offre. Sans perdre une seconde, sa bouche rencontre la mienne et m’embrasse ardemment.

Elle se détache quelques secondes pour chuchoter ces quelques mots à mon oreille :

— Bonne Saint-Valentin, Luc !

 

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