Mi-figue mi-raison T1

Fanny D.L · Chapitre 10 sur 65

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Mi-figue mi-raison T1

Chapitre 7

 

J’hésite à envoyer un message à Mika pour annuler, mais je sais que

je vais avoir droit à ses appels insistants. Je fais un effort et fonce me préparer, sans même me poser cinq minutes. Je finis à peine de me maquiller quand j’entends le klaxon.

Dans la voiture de Mika, je remarque que je n’ai même pas mangé.

Je sors une barre de céréales de mon sac.

— Tu es magnifique Emi, dit Mika en me reluquant de haut en bas, mais tu devrais arrêter de manger aussi peu avant de perdre tes jolies formes. — Laisse tomber Mika !

Je n’ai pas du tout envie d’écouter sa morale sur la nourriture saine. C’est vrai que je mange mal depuis que je vis seule. Je ne suis pas bonne cuisinière et pas une grosse mangeuse non plus.

J’arrive dans le bar, bras dessus, bras dessous avec Mika. Je perçois

Stella qui me fait de grands signes et certains collègues que je connais de vue. Je regarde autour et vois un homme qui nous regarde arriver. C’est Sam.

Tout à coup, je suis contente de m’être maquillée et bien lissé les cheveux. Je bois pas mal de verres et discute avec de nouveaux collègues. Certains me draguent ouvertement mais je reste polie en évitant de rentrer dans de grandes discussions. Je suis carrément obsédée par la présence de Sam, qui ne m’a plus du tout regardée depuis mon entrée.

Stella vient me rejoindre toute excitée, elle a passé sa soirée à

discuter avec un garçon.

— Tu as fait une belle rencontre à ce que je vois. Je lui souris largement.

— Ouais, il est sympa mais pas du tout avenant. Elle se penche pour me chuchoter à l’oreille :

— Je vais utiliser ma technique pour les timides et lui demander de me ramener chez moi… ça marche à tous les coups ! Nous rions et elle repart avec deux verres.

Je me dirige vers les toilettes et Sam lève enfin les yeux sur moi

quand je passe à côté de lui. Je profite de ce coup d’œil. — Oh Sam, bonsoir !

Je suis fière de moi, ma gêne est partie, je suis à l’aise. Sûrement l’effet de l’alcool.

— Bonsoir Emilie, dit-il en détournant le regard. Merde, il ne cherche pas à parler plus. Tant pis, je tente la discussion. — Alors, comment se passent tes débuts dans nos services ? — On se tutoie ?

Il hausse un sourcil sans le moindre sourire. Oups, ce n’est pas une blague. — Euh… dans l’entreprise on se tutoie tous… Il ne me laisse pas finir.

— Ça se passe très bien, votre équipe est accueillante et fêtarde à ce que je vois.

Je lui souris timidement. Il me rend mon sourire, ouf ! Je me rends compte tout à coup qu’il est vraiment plus que beau, un charme à tomber par terre. — Je ne vais pas tarder, je te souhaite une bonne fin de soirée Emilie. Je suis soulagée qu’il me tutoie mais déçue qu’il parte déjà. — Tu pourrais me déposer ?

Mon Dieu, c’est moi qui ai demandé ça ? Il me fixe, étonné. — J’habite à seulement deux rues d’ici, c’est pour ça que je me permets… — Tu ne rentres pas avec ton petit ami ?

— Oh, tu parles de Mika ? Non, c’est juste un ami. — C’est étonnant, tu tiens tes amis par le bras comme ça ? Hein ? Pourquoi sa question sonne comme un reproche ? Il ne me laisse même pas le temps de répondre. Il se lève et prend sa veste. — Je pars maintenant si tu veux.

Il a l’air agacé. Apparemment, la technique de Stella ne fonctionne pas toujours. J’acquiesce et nous sortons du pub. Merde, je me rends compte une fois dehors que je n’ai même pas prévenu Mika. Sam ne m’attend pas et commence déjà à marcher dans la rue. Tant pis, je lui enverrai un texto une fois à la maison.

Nous montons dans la voiture, une BMW coupé cabriolet, waouh ! Un peu trop tape à l’œil à mon goût mais je dois avouer qu’elle est classe. — Jolie voiture.

— Merci.

Nous parcourons une centaines de mètres sans dire un mot. Je romps le silence :

— Tu n’es pas bavard.

— Pas trop non.

— Écoute, désolée de t’avoir demandé de me ramener, j’ai vu que ça te dérangeait.

— Ça ne me dérange pas, Emilie.

Il me regarde intensément avant de fixer la route à nouveau. Je fonds. Quel regard, quel charme ! On arrive devant chez moi. Oh non, déjà ! — Tu veux boire un dernier verre ?

— Je ne bois pas Emilie et il me semble que tu as assez bu comme ça. Quoi ? Je n’y crois pas ! Non mais pour qui il se prend, mon père ? — Qui t’a parlé d’alcool ? lui dis-je, agacée.

— Écoute Emilie, ça ne va pas être possible.

— Ah…

Je baisse les yeux sur mes doigts entremêlés.

— Une petite amie ou peut-être une femme ?

Il se tourne vers moi et me fixe :

— Non, rien de tout ça. Bonne soirée Emilie.

Je sors rapidement de la voiture, vexée à en mourir. Je reste sur le

trottoir en regardant sa voiture partir. Quelle humiliation ! Je n’y crois pas, mais qu’est-ce qu’il m’a pris ? Je me rends compte que je ne me suis jamais pris de veste de ma vie.

Il dit qu’il n’a personne dans sa vie mais que ce n’est pas possible.

Pourquoi ? Le fait que je ne lui plaise pas m’embête particulièrement. Quelle idiote, je le connais à peine. Je passe le reste de ma soirée à ressasser notre conversation. Je me couche sans prendre la peine de me démaquiller et mets un temps fou à m’endormir.

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