Mi-figue mi-raison T1
Chapitre 21
Il pleut ce soir et j’ai oublié mon parapluie à la maison. Je me
couvre la tête avec mon écharpe noire et court jusqu’à l’entrée pour éviter les gouttes. Je vais pour retirer mon écharpe de ma tête et décide de la laisser comme ça. Je frappe à la porte. Sam m’ouvre et me fixe, les yeux écarquillés.
— Bonsoir Monsieur, je me dévoile rien que pour vous ce soir. Il sourit et me fais signe de rentrer. Il enlève doucement ma veste et l’écharpe de ma tête.
— Tu vois comme c’est excitant ?
— J’avoue…
Je m’approche de lui pour l’embrasser mais il m’arrête avec ses mains. — Un peu de patience, tu n’as pas faim ?
Je fais la moue mais finis par lui sourire.
— Si, je meurs de faim.
— Tant mieux, il faut que tu manges plus.
— Qu’est-ce que ça veut dire ?
— Que tu es trop maigre.
— Moi, trop maigre ?
Je rigole presque.
— Oui, à mes yeux tu es plutôt maigre.
Je le fixe la bouche ouverte. Moi qui complexe avec mes formes, je ne sais pas comment prendre sa réflexion.
— Tu voulais connaître mes critères, en voilà un. — Tu aimes les grosses ?
— Disons que j’aime les formes. Ma future femme devra bien manger et faire la cuisine.
— Alors pourquoi tu couches avec moi si je ne te plais pas ? C’est vrai, il ne montre pas que je lui plais. Il ne m’a jamais fait un seul compliment.
— Emi, tu ne respectes aucun de mes critères. Tu crois vraiment que je vais m’attarder à celui-là ? Assieds toi, on va passer à table.
Je sais parfaitement tout ce qu’il vient de me dire, mais l’entendre me fait tout de même un pincement au cœur. Je laisse tomber, Samy n’est pas vraiment du genre romantique. Je le suis à table. — Tu t’es fait livrer ?
— Je ne cuisine pas Emi.
— Ah oui, c’est ta femme qui cuisinera pour toi. — Exactement.
Il sourit, Dieu ce qu’il est beau quand il sourit ! Il a des dents bien blanches et parfaitement alignées.
J’avais l’intention de lui parler de Mika mais je n’ai pas envie de plomber l’ambiance alors je laisse tomber.
— Tu fais quelque chose samedi ?
— Oui, je passe la soirée avec mes deux frères. — Tu as beaucoup de frères et sœurs ?
— J’ai trois frères et deux sœurs.
— Ah oui, chez vous c’est des familles nombreuses. Il rigole.
— Encore un stéréotype mais tu as raison. Et toi ? — Je suis fille unique.
— Je m’en doutais.
J’arrête de mâcher le riz que j’ai dans la bouche et le fixe l’air interrogateur, mais il change de sujet.
— Et tes parents ?
— Je ne parle jamais de mes parents. Pourquoi tu t’en doutais ? — Pourquoi tu ne parles jamais de tes parents ? Il ne lâchera pas.
— Je ne parle plus à mon père depuis mes quinze ans. — Pourquoi ?
J’arrête de manger. D’habitude, je ne réponds jamais. Seules Fanny et Mina connaissent mon histoire.
— Il a trompé ma mère.
Je n’arrive pas à croire que je le lui ai dit. J’ai un pincement au cœur rien que de parler de lui.
— Et tu lui en veux ?
— Oui.
— Ce n’est pas toi qu’il a trompé.
Je soupire et change de conversation.
— Et toi, tes parents ?
Il me regarde avec son sourire en coin.
— Ils sont tout pour moi.
— Génial, tu t’entends bien avec eux ?
— Ils sont assez vieux, je les respecte beaucoup. Ma mère est une femme vivante et adorable. Mon père est beaucoup plus réservé, il ne parle pas beaucoup.
Il avale quelques bouchées de riz.
— Et avec ta mère ?
— On ne s’est jamais très bien entendues.
— Depuis son divorce ?
J’ouvre grand les yeux, comment peut-il savoir ça ? Et pourquoi s’intéresse-t-il tellement à ma famille ?
— Oui c’est ça.
— On passe au dessert ?
— Oui, qu’as-tu commandé de bon ?
Je rigole.
— Rien, Emi.
Oh ! Mes jambes commencent trembler. Il se lève de sa chaise et se positionne derrière moi. Il me caresse le cou, se penche et me chuchote doucement à l’oreille :
— Je t’attends dans ma chambre.
— Salut, belle au bois dormant.
Je suis allongée dans le lit de Sam, blottie dans sa couette. Je me lève en sursaut.
— Je me suis endormie ?
— Oui, tout de suite après, me répond-il avec un large sourire. Il est debout à côté de moi et déjà tout habillé. — Oh non, je suis désolée.
— Il est une heure du matin, je vais te ramener. Quoi déjà ? Je me rhabille en vitesse, énervée contre moi-même.
Nous sommes dans la voiture en direction de chez moi.
— Tu n’aurais pas dû me laisser dormir.
— Tu étais fatiguée et j’avais du travail à finir. On se couche trop tard en ce moment.
— Ce serait plus simple si je pouvais rester dormir chez toi… — Emilie, je ne reviendrai pas sur les règles, si tu as un problème avec ça, dis-le maintenant.
Son ton est devenu autoritaire, oups.
— Non non, pas de problème.
Il ne dit plus rien jusqu’à chez moi. Il a l’air agacé. — Et voilà, passe une bonne nuit.
— J’ai droit à un bisou ?
Il jette un rapide regard sur moi et lève un sourcil. — Ce n’est pas mon style de faire des bisous Emi, rentre chez toi. Il se remet à regarder la route. Je me penche vers lui pour détacher ma ceinture et lui colle rapidement un baiser sur la joue, il me regarde les yeux écarquillés.
— Désolée mais ça ne fait pas parties des règles, fallait le dire avant ! Il me sourit, ouf, il ne l’a pas mal pris !
— Bonne nuit Emi, me dit-il tout bas.
— Bonne nuit Sam, à demain.
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