Mi-figue mi-raison T1
Chapitre 47
J’en suis déjà à ma troisième clope en à peine une demi-heure. Je suis assise sur le banc de l’entrée, mon sac de voyage à mes pieds en écoutant Stella et Mika raconter leur soirée d’hier. Mon angoisse est tellement forte que j’en fais trembler volontairement mes jambes. Mika le remarque. — Ça va Emi ?
— Oui très bien, c’est juste que... C’est sûr qu’il va venir ? Mika regarde sa montre.
— Oui ne t’inquiètes pas, il ne va pas tarder il n’est même pas encore huit heures.
Je n’arrive pas à croire que je vais le revoir et monter dans sa voiture sans pouvoir lui parler ou le toucher… Je ferme les yeux en repensant à nos moments ensemble quand j’entends une voiture s’arrêter. C’est lui. Mon cœur s’emballe encore plus quand je vois Mélissa assise côté passager. Quoi ? Je suis à deux doigts d’hurler et de faire un scandale mais je me retiens de toutes mes forces. Je sais que ce n’est pas la bonne solution et que je passerais pour une folle. Je respire profondément et me répète : Calme-toi Emi, en boucle dans ma tête.
Samy sort de sa voiture en nous saluant tous d’un geste de la main
et ouvre son coffre afin que nous installions nos affaires. Je ne peux m’empêcher de le reluquer. Il est vêtu d’un pantalon couleur camelle et d’un polo bleu foncé. Il est beau et classe, ce qui est encore plus dur pour moi de ne pas l’imaginer en train de m’embrasser, de me toucher. De plus, il ne me prête aucune attention.
Mika aide Stella et moi à ranger nos affaires et nous nous installons
toutes les deux à l’arrière de la voiture.
— Bonjour.
Mon ton est dur et méchant malgré moi. Mélissa se retourne pour me saluer. — Bonjour.
Avant de regagner sa place, Samy ouvre la portière de Mélissa. — Si ça ne te dérange pas, Mika va passer devant. Vous serez entre filles derrière.
Mélissa acquiesce et nous rejoins à l’arrière sans rien dire mais je
peux lire sa déception sur son visage. Bien fait pour toi ! Je suis heureuse de voir que Samy est toujours aussi macho.
Je me décale derrière le siège de Samy. Stella se rapproche de moi
de façon à être au milieu. Heureusement, je ne serai pas à côté de cette pétasse !
Samy règle le GPS et nous informe que nous arriverons dans un peu moins de trois heures. Je reste silencieuse tandis que Stella et Mélissa parlent boulot. Samy et Mika parlent football, eux.
Au bout d’environ une heure, le silence s’installe et Samy propose
d’écouter de la musique. Il branche son téléphone et je ferme les yeux en écoutant ses fameuses musiques jouées uniquement à la guitare. Je n’arrive pas, malgré ma colère, à imaginer autre chose que lui et moi. C’est la seule pensée qui me fasse du bien alors je ne tente pas de la supprimer.
Sa playlist s’arrête et il cherche une chanson dans son téléphone. Je
sors de mes pensées en entendant les paroles de - I miss you, (tu me manques) de The Henningsens. J’ouvre les yeux et regarde dans son rétroviseur. Mon cœur cesse de battre quand je remarque qu’il me regarde aussi. C’est la première fois depuis ce matin que je croise son regard. Il est si intense que ma colère disparaît totalement.
Il regarde à nouveau la route puis me regarde quand nous entendons
les paroles « Les discussions simples me manquent ». C’est sûr, il veut me faire passer un message. Un espoir renaît en moi et je le désire plus que jamais.
La chanson se termine et Samy récupère son téléphone pour
répondre à un appel. Mika va pour brancher le sien mais une idée me vient à l’esprit sans trop réfléchir.
— Tiens Mika.
Je lui tends mon portable.
— Tu peux juste mettre cette chanson avant de brancher ton portable ? Il branche mon téléphone et lance la musique que j’avais présélectionnée. Sam raccroche et me jette un rapide regard en haussant un sourcil avant de refixer la route.
La musique démarre et personne ne semble connaître le début, joué
à la guitare. Quand je vois qu’il n’a aucune réaction, je me doute qu’il ne la connaît pas du tout. Moi aussi je veux lui passer un message, avec cette chanson qui me fait tant penser à lui : College & Electric Youth – a real hero.
Les paroles commencent : « Un véritable être humain, et un vrai
héros » et il lève rapidement la tête pour me regarder. Il me fixe quelques secondes et je lui souris légèrement en me pinçant la lèvre. Son regard est plus profond que jamais. Personne ne remarque ces simples échanges si intenses que nous partageons durant tout le trajet.
Arrivés à l’hôtel, Edward et d’autres responsables sont déjà présents
et nous proposent de nous installer tranquillement avant d’aller déjeuner en ville. Nous récupérons la clé de nos chambres à l’accueil. Je n’arrête pas de regarder en direction de Samy. Mélissa est en train de lui parler et je n’arrive pas à attirer son attention. Il faut absolument que je lui parle avant d’aller déjeuner. Je ne peux pas rester comme ça. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Est-ce que je lui manque vraiment ? Il veut peut-être qu’on recommence à se voir. Cette idée me provoque un frisson dans tout le corps.
Le temps que je récupère ma clé, Samy est déjà monté dans sa
chambre. Et merde, je ne sais même pas dans quelle chambre il est pour pouvoir le rejoindre.
Je pose rapidement mes affaires sur le lit et descends dans le hall
d’accueil. S’il descend avant les autres, nous pourrons discuter un peu avant d’aller déjeuner.
Je commande un verre et m’assoie dans un canapé très confortable
près de l’entrée. J’attends quelques minutes en fixant l’ascenseur. Mika arrive et se dirige vers moi.
— Hey Emi, déjà là ? On a eu la même idée !
Il rigole et part au bar. Samy descend enfin et hésite avant d’avancer vers moi. Je lui fais signe d’approcher. Il s’avance et reste debout à côté de moi. — Tu ne veux pas t’asseoir ?
— Non merci.
— Tout va bien ?
— Oui.
Il reste silencieux, les mains dans les poches. Apparemment, j’ai
droit au Samy de mauvais poil aujourd’hui. Ou plutôt au Samy raisonnable. En fait, il est mi-figue mi- raison ! Je souris à ma petite blague intérieure mais il s’efface quand Stella et Melissa nous rejoignent. Là c’est sûr, impossible que l’on discute.
Petit à petit, d’autres collègues arrivent et nous décidons de partir
au centre-ville pour déjeuner. Je suis tout le monde vers la sortie mais Samy me rattrape par le bras. Ce simple rapprochement et mon cœur se met à battre la chamade.
— Emilie, tu as vu le programme de cette après-midi ? Son ton est autoritaire mais je ne réponds pas en l’interrogeant du regard. — On visite le vieux Lille.
— Ah…
Je ne vois pas où il veut en venir.
— Prends ton appareil photo !
Je lui souris largement et remonte rapidement dans ma chambre
pour le prendre. Je ressens un état de bien être que je n’ai pas senti ces derniers jours. Est-ce le fait d’avoir revu Samy ou de photographier une vieille ville ? Sûrement un mélange des deux mais ce que je sais c’est que je me sens bien, grâce à lui.
Après un déjeuner sur une jolie terrasse en hauteur, nous passons
l’après-midi à visiter le vieux Lille. L’indifférence de Samy m’agace mais je suis tellement séduite par cette architecture flamboyante que j’arrive à passer outre. Je suis fascinée par le total dépaysement à seulement quelques heures de Paris. Les maisons sont toutes identiques, hautes et étroites. Les façades sont toutes en briques et en pierre. Je prends de nombreuses photos au fur et à mesure que nous avançons. Sans m’en rendre compte, je suis déjà loin devant le groupe, ce qui fait sourire Edward qui se rapproche de moi à grands pas.
— Parfait Emilie, nous aurons de bons souvenirs grâce à toi.
Samy me regarde enfin en me faisant un petit sourire satisfait, ce
qui me motive à continuer. Nous finissons la journée avec une conférence sur les projets à venir dans une salle de l’hôtel. Nous avons beaucoup marché et sommes tous épuisés. Quand Samy prend la parole, ma respiration se bloque. Je le trouve si impressionnant. Quand je regarde sur le côté, je remarque que je ne suis pas la seule à le penser, surtout quand je vois Mélissa le fixant en mordillant son stylo. Une rage me monte à la tête sans pouvoir me contrôler. J’ai envie de la gifler !
Une angoisse me traverse l’esprit : et si Samy changeait de partenaire sexuelle car je n’ai pas respecté les règles ? Il faut que je lui parle avant qu’elle ne… je secoue la tête. Rien que de l’imaginer avec elle, me rend malade.
À la fin de la conférence, j’attends discrètement que Samy remonte
pour pouvoir le suivre. Nous arrivons dans l’ascenseur à plusieurs. Martin, un collègue que je connais à peine, me demande quel à quel étage je veux. Oh non ! Je ne peux pas suivre Samy, je n’ai pas d’autre choix que de retourner dans ma chambre. Je fais les cents pas en cherchant une solution quand mon téléphone sonne. C’est un message de lui ! — Chambre 312.
Je souris en posant le téléphone sur ma poitrine et fonce le rejoindre. Quand je frappe à la porte, je suis surprise et folle de rage. C’est Mélissa qui m’ouvre, je n’y crois pas ! Comment a-t-il pu ? Je suis au bord de l’explosion, je retiens de toutes mes forces ma rage et mes larmes. — Euh excuse moi je me suis trompée, je cherchais Mika ! — Pas de problème, il est à l’étage d’en dessous je crois. Je lui tourne le dos sans la remercier. Elle referme la porte et je me mets à les imaginer tous les deux. J’imagine Samy concluant avec elle le même accord et la prenant sur son lit… Mon téléphone vibre et me sort de ce cauchemar atroce.
« Oups, c’est la chambre 315, juste en face… » Quoi ? Je ne sais pas si je dois être rassurée ou en colère. L’a-t-il fait exprès ? Je retourne sur mes pas pour frapper à la porte d’en face. Samy m’ouvre en me faisant rapidement entrer dans la chambre pour que personne ne nous voie. Il referme la porte et s’adosse contre elle en rigolant. — Tu es ridicule.
— Ah, c’est moi qui suis ridicule ? Pourquoi tu as fait ça ? — Emi, franchement…
— Ça te fait rire de me faire du mal ?
Il s’arrête de rire d’un coup et prend un air sérieux. — Excuse-moi Emi, ce n’était pas mon intention. Je soupire et vais m’asseoir sur le bord de son lit. — Tu sais que tu n’as aucune raison d’être jalouse, je pensais avoir été clair. — Je ne sais pas, je me suis dit que… étant donné que je n’ai pas respecté les règles… que tu voulais une autre… compagne de jeux.
Il n’est plus amusé, il semble en colère.
— Une compagne de jeux, tu es sérieuse ?
Il passe la main dans ses cheveux.
— Emi, je pense t’avoir suffisamment prouvé que tu n’étais pas uniquement mon objet sexuel ! Et je t’ai dit que tu étais la seule à qui j’avais fait cette proposition, mais enfin tu me prends pour qui ? — Je ne sais pas, j’ai cru…
— Non Emi, je ne suis pas de ce genre-là ! Je t’ai fait cette proposition car c’était la seule façon d’avoir une relation avec toi. Je m’en fiche de toutes les autres filles.
Il traverse la chambre pour regarder par la fenêtre. — Franchement, après tout ce que je t’ai dit l’autre soir, je ne comprends pas que tu puisses penser comme ça…
Ma colère s’est dissipée et je vois maintenant ce qu’il a voulu me
faire comprendre avec cette blague immonde. Je me lève pour le rejoindre et j’entoure sa taille avec mes bras en collant mon visage sur son dos. Il attrape mes mains pour les retirer.
— Non Emi…
— S’il te plait Sam, j’en ai besoin. Nous en avons besoin. Il laisse ses mains sur les miennes et je reste comme ça quelques secondes collée à lui.
— Sam, je te promets de changer.
Il se détache de moi et se retourne pour me faire face. — Comment ça ?
— Je vais respecter toutes les règles à la lettre, je te le promets. — Voyons Emi, ce n’est pas ce que tu veux.
— Mais si, c’est toi que je veux.
Il fait non de la tête et part s’asseoir sur un fauteuil à l’autre bout de la pièce, comme pour me fuir.
— Tu ne veux pas d’une relation comme ça Emi et moi non plus… Je réfléchis quelques secondes. Il a raison, cette relation ne me convient pas. Je l’ai acceptée car je n’avais pas le choix. — Ok, alors est-ce que tu es sûr qu’il n’y a pas d’autre solution ? Il lève la tête pour me regarder dans les yeux.
— Non aucune, on en a déjà parlé.
— Sam, j’ai parlé avec mon amie Mina et elle…
— Attends, ne me dis pas que tu leur as raconté pour nous ? — Non, bien sûr que non.
Je pense à Fanny qui est au courant de tout mais je décide de ne pas le lui avouer, surtout pas maintenant.
— Ce que je veux dire, c’est qu’on a parlé de sa vie de couple et on est venu à parler de ses parents. Son père est musulman mais pas sa mère ! — Et Alors ?
— Mina m’a dit qu’un musulman pouvait épouser une non musulmane ! — Emi…
Il prend sa respiration.
— J’aimerais te parler de trois points.
J’acquiesce avec un hochement de tête.
— Premièrement, et tu redemanderas confirmation à ton amie, mais sa mère est sûrement chrétienne ou juive.
— Euh, je ne sais pas…
— Le coran interdit le mariage avec une athée. Elle le permet uniquement avec une femme qui croit en Dieu.
— Oh je vois… dis-je en baissant les yeux au sol. — Emi, même comme ça ce n’est pas ce que je veux. La deuxième chose que je voulais te dire est que je souhaite un mariage solide avec une femme qui partage la même religion que moi, tu comprends ? — Ok…
Je souffle, tout espoir entre cet homme et moi est désormais terminé. — Et le troisième ?
— Même si je faisais abstraction de ces deux points, tu ne veux pas te marier à ce que je sache ?
— Oui mais…
Je continue de fixer le sol, n’osant même plus le regarder. C’est vrai que j’ai toujours été contre le mariage. Je suis restée avec cette image négative du mariage depuis le divorce de mes parents mais depuis que je connais Samy, beaucoup de choses ont changé. Le mariage ne me semble plus si terrible que ça.
— Je ne suis plus si contre, tu sais…
Ma petite réponse dûment réfléchie le fait sourire. — Je suis content pour toi, le mariage est quelque chose de merveilleux. Je m’approche doucement de lui mais il m’arrête.
— Emi, tu devrais y aller.
— Je sais mais je n’en ai pas envie.
Il se frotte la nuque.
— Sam, tu m’as dit dans la voiture que je te manquais ? — Oui et c’est vrai Emilie.
— Alors pourquoi me rejettes-tu maintenant ? Il se lève et s’approche de moi.
— Je voulais que tu le saches. Je n’aurais pas dû, je suis désolé. Que tu me manques ne changera rien à la situation.
— Très bien.
Je sors de sa chambre en espérant de toutes mes forces qu’il me
retienne, mais il ne le fait pas.
J’hésite à rejoindre le groupe ce soir mais tout le monde se poserait
trop de question alors je fais un effort et me prépare comme il se doit. Je mets ma petite robe noire assez courte. Je l’avais mise dans ma valise dans l’espoir de rendre Samy fou de rage. Je n’aurais pas imaginé avoir toute cette conversation avec lui avant.
Le repas de ce soir se passe dans le restaurant de l’hôtel. J’arrive la
dernière à table, ce qui me vaut le regard de tous, super ! Je m’assoie honteusement près de Mika, Stella et deux autres collègues que je connais vaguement. Durant le repas, je ne peux m’empêcher de croiser le regard de Sam à plusieurs reprises. Je passe toute la soirée à discuter, ou plutôt à écouter mes collègues discuter.
Nous décidons tous, à mon grand soulagement, de nous coucher tôt
ce soir. Nous devons nous lever de bonne heure demain avec une réunion puis une visite de la cathédrale Notre-Dame-de-Treille de Lille avant de repartir.
Je remonte dans ma chambre quand mon téléphone sonne. Un
message de Sam.
« Tu as oublié quelque chose dans ma chambre » Tiens, je regarde autour de moi. Il me semble n’avoir rien oublié.
— Bonsoir, qu’est-ce que j’ai oublié chez toi ? Sam m’attrape violement le bras pour me faire rentrer dans sa chambre et me plaque contre la porte après l’avoir refermée.
— Tu as oublié ça.
Il pose ses lèvres sur les miennes et descend délicatement en m’embrassant le cou.
— Hum.
Je ne comprends pas pourquoi ce changement soudain mais impossible de le rejeter. Je ne lui demande pas non plus d’explication de peur qu’il ne change d’avis. Je me contente de savourer ce moment. Il pose ses mains sur mes hanches qu’il serre fermement. Il recule vers son lit tout en me caressant les fesses et m’entraînant avec lui.
Il me caresse une mèche de cheveux, ce qui me rappelle ses paroles
d’il y a quelques jours: « j’aime tes cheveux ». Je suis encore totalement allongée sur lui, ma tête sur le côté lui embrassant la joue. — Toi aussi tu m’as manqué.
Il me positionne délicatement sur le côté et se met dans la même position face à moi.
— Alors je suis ton héros, hein ?
Il me caresse le bras au niveau de mon tatouage et je serre mon étreinte. — Je n’ai rien d’un héros, Emi. Si j’étais vraiment quelqu’un de bien, je te laisserais tranquille.
— Mais je ne veux pas que tu me laisses tranquille ! J’ai besoin de toi. Il secoue la tête pour montrer son désaccord et je lui attrape le menton pour l’arrêter.
— Sam, je me suis remise à ma passion, j’ai carrément eu l’opportunité d’être photographe d’un mariage ! J’ai regagné confiance en moi. J’ai connu ce que c’est d’être… amoureuse.
Il se relève d’un coup pour s’asseoir.
— Oh non Emi, ne fais surtout pas ça.
— Non Sam, ne t’inquiète pas. C’est très bien. Je ne comprenais pas pourquoi les gens se mariaient ou sacrifiaient leur vie pour leur conjoint. Maintenant, je comprends et c’est une bonne chose je trouve. J’ai une autre idée de l’amour.
— Ne parle pas d’amour Emi, s’il te plaît.
Je ne veux surtout pas le brusquer alors je n’insiste pas, malgré que j’aimerais lui dire ce que je ressens pour lui. J’aimerais lui dire que je l’aime mais c’est impossible, il ne l’accepterait pas.
— Et il n’y a pas que ça. Tu m’as aussi beaucoup appris sur ta religion et ta culture. Tu sais, j’avais beaucoup d’aprioris.
— Comme tout le monde.
Il sourit, ouf, il est calmé.
— Mais tu en as toujours.
— Bien sûr mais ce n’est plus comme avant. Je comprends mieux certaines choses maintenant.
— Comme quoi ?
Je sens qu’il me teste.
— Tu respectes ton Dieu en ne disant jamais de gros mots. Tu ne bois pas et ne fumes pas. Toutes ces choses font que tu es quelqu’un de bien. Et je dois avouer que je parle beaucoup mieux depuis que nous… enfin depuis que je te connais.
— Ça c’est un excellent point.
Il se penche sur le côté pour me déposer un baiser sur le coin de la bouche. Je ricane.
— Quoi ?
— Tu es macho et romantique à la fois.
— Je ne suis pas romantique !
J’attrape l’oreiller dans mes bras et pose ma tête dessus en le regardant. — Si tu l’es, à ta façon.
Il se recouche près de moi et ferme les yeux. Je suis rassurée qu’il
me laisse passer la nuit avec lui. Il m’a tellement manqué. Je le regarde quelques minutes avant de m’endormir paisiblement comme ça ne m’étais pas arrivé depuis un moment.
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