Mi-figue mi-raison T1

Fanny D.L · Chapitre 26 sur 65

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Mi-figue mi-raison T1

Chapitre 23

 

— Salut maman.

— Bonjour Emi, comment s’est passée ta journée ? — Très bien. Maman j’ai oublié de te prévenir, Mika va passer. — Oh génial !

Je perçois son sourire en coin. Finalement, ça m’arrange qu’elle pense qu’il y ait quelque chose entre nous, au moins elle ne me posera aucune question sur ma vie sentimentale. Nous sommes toutes les deux installées sur son canapé et comme d’habitude, nous n’avons rien à nous dire. — Comment vont tes amies ?

Elle finit par rompre le silence. J’avais remarqué qu’elle cherchait un sujet de conversation.

— Ça va.

— Comment se passe la vie de jeune mariée de Mina ? — Elle semble très heureuse et nous a annoncé une grande nouvelle… Je souris largement.

— Ce n’est pas vrai, me dis pas qu’elle est déjà enceinte ? — Si maman, elle est enceinte.

Je lève les yeux au ciel.

— C’est n’importe quoi ! D’abord elle épouse cet… arabe qu’elle connaît à peine.

— Maman ! protesté-je, consternée. Mina est musulmane, je ne vois pas le mal en épousant quelqu’un qui partage ses croyances. — Tu ne vois pas le mal ?

Elle hausse un sourcil.

— Bref, tu as raison, qu’ils restent entre eux ces gens-là. Je la fixe, abasourdie. Je sais que je devrais laisser tomber mais je n’y arrive pas.

— Ces gens-là ? Maman, tu parles de ma meilleure amie ! — Ta meilleure amie qui a un mode de vie absurde. — Ça suffit ! j’hurle.

Maman me fixe quelques secondes, choquée puis me répond calmement :

— Pourquoi on se dispute ? Du moment que tu n’épouses pas un arabe, pour moi tout va bien.

Elle ricane. Je me lève énervée et pars m’assoir dans la cuisine. Je sais que ça n’ira jamais plus loin entre Samy et moi mais la réflexion de ma mère me fait quand même du mal. Je me rends tout à coup compte que j’ai toujours pensé être tolérante, mais en fait je ne l’étais pas. Comment ai-je pu accepter ce genre de critiques auparavant ?

Maman me rejoint dans la cuisine.

— Qu’est-ce qu’il se passe Emi ?

— Rien maman, laisse tomber.

— Je ne comprends pas tes sautes d’humeur avec moi. Tu ne veux jamais me parler de ta vie privée, pourquoi ?

— Parce-que ça finit toujours comme ça.

— C’est toi qui provoque les disputes, je te signale. Je soupire et prend ma tête entre mes mains.

— Chérie, je ne cherche pas la guerre, au contraire. Parle-moi s’il te plait, tu sais que tu peux tout me dire.

La sonnette de la maison retentit.

— Sauvée par le gong ! dis-je en me levant rapidement pour aller ouvrir à Mika.

— Salut Mika !

Je lui saute dessus et le prends dans mes bras. Je suis tellement heureuse qu’il soit venu.

Il me fixe étonné, avec un grand sourire. Je repense à ce que m’a dit Samy et le lâche rapidement.

— Bonsoir Mika.

— Bonsoir Carole, comment allez-vous ?

Il lui tend un joli bouquet de fleurs.

— Oh merci, tu es adorable.

Nous passons la soirée à discuter de tout et de rien. Non, en fait Mika et maman discutent de tout et de rien. Je reste assez silencieuse, encore énervée des propos de maman. Je l’ai toujours déçue depuis toute petite. Quelle déception si elle apprenait que je fréquentais un arabe. Je ne sais même pas si elle accepterait encore de me parler. — Emi ?

Mika me sort de ma rêverie.

— Oui, excuse-moi.

— Tout va bien ?

— Oui, je suis fatiguée en ce moment. D’ailleurs on va y aller, j’aimerais me coucher tôt.

Maman me rejoint dans le sas d’entrée pendant que je mets mon manteau. — Bonne nuit Emi. Félicite Mina pour moi, j’espère que tout se passera bien pour elle.

Je lui souris et l’embrasse sur la joue.

— Merci maman.

Je sais qu’elle ne le pense pas mais son effort me touche tout de même. Quand nous sortons de chez ma mère, Mika se place en face de moi et me fixe, les mains dans les poches.

— Tu veux qu’on aille chez toi ou chez moi ?

— Mika je suis vraiment fatiguée, je vais rentrer. — Emi, il est à peine vingt-deux heures et je voulais te parler, tu te souviens ?

— Oui et bien je t’écoute.

— Quoi, ici ?

— Oui.

Il s’approche de moi et murmure lentement.

— Tu es sûre ?

Je recule d’un pas.

— Bon, tu voulais me dire quoi ?

Il se rapproche de moi et, sans que j’aie le temps de réfléchir, il pose ses lèvres sur les miennes. Je repousse son torse assez violement et recule d’un pas.

— Mika qu’est-ce que tu fais, ça ne va pas ?

J’essuie ma bouche avec ma manche.

— Quoi, je te dégoûte ?

Je le fixe sans savoir quoi répondre.

— Toi, qu’est-ce que tu veux ?

— Que tu arrêtes tout ça ! Je ne veux que ton amitié, tu le sais très bien ! — Comment pourrais-je le savoir ? Il va falloir m’expliquer. Tu m’as sauté dessus quand je suis arrivé et là, tu me repousses. — Je t’ai sauté dessus car j’étais contente de te voir, en tant qu’ami ! Il baisse les yeux et s’assoit sur le bord du trottoir.

— Emi, je suis fou de toi.

— Ne me fais pas ça Mika, s’il te plaît.

— Quand je t’ai connue c’était trop tôt, ensuite tu es sortie avec ce Pablo. Puis, tu étais mal et tu ne voulais personne dans ta vie alors j’ai attendu que tu sois prête. Il me semblait que tu étais enfin prête… — Qu’est ce qui t’a fait croire que je l’étais ?

— Tu t’es laissée draguer par Sam ! Je ne t’ai jamais vue flirter avec quelqu’un depuis Pablo.

J’ai envie de lui répéter qu’il n’y a rien entre Samy et moi mais apparemment, mon attirance pour lui ne passe pas inaperçue. — Je sais très bien que ce n’est pas possible entre Sam et toi… — Pourquoi ça ?

Quelle question ! mais c’est sorti tout seul…

— Bah, c’est un musulman et toi une…. Antimusulmane. — Je ne suis pas antimusulmane !

Je crie presque. Il lève les yeux pour me regarder. Mince, je n’aurais pas dû crier. Je me calme et m’assois à côté de lui.

— C’est vrai que dernièrement je ne voulais aucune relation. Je lui prends la main.

— Mika, je t’aime beaucoup. Tu es un vrai ami pour moi. Mais ça s’arrête là. Je suis désolée.

Je perçois de la tristesse dans ses yeux, j’aimerais que ce moment s’arrête vite.

— Pourquoi tu ne nous laisses pas une chance ? Je peux être patient. — Je suis désolée Mika, tu dois passer à autre chose. Il se lève, l’air exaspéré.

— Au moins là c’est clair. Bonne nuit Emi.

Il part en direction de sa voiture, j’hésite une seconde à le rattraper mais ça vaut mieux comme ça. Pauvre Mika, je ne voulais pas de tout ça. Je me sens très mal. Je reste là, assise sur le trottoir en face de chez ma mère. Je décide d’envoyer un message à Samy.

« On peut se voir ? »

J’attends quelques minutes avant de recevoir une réponse. « Il est tard, on se verra demain »

« S’il te plaît Samy »

« Ça ne va pas ? »

« Non »

« J’arrive »

Son dernier message me fait sursauter d’un bond. Je me lève rapidement et cours jusqu’à ma voiture. Si jamais il arrive avant moi, il ne m’attendra pas.

En arrivant chez moi, je fonce à la salle de bain me repoudrer le nez

quand on frappe à la porte. J’ouvre et le prends rapidement dans mes bras en le serrant de toutes mes forces.

— Oh merci d’être venu, je suis tellement contente de te voir. Il ne me serre pas dans ses bras mais peu importe, je reste là quelques secondes à savourer sa présence et son odeur que j’aime tant. Il se libère délicatement de mon étreinte.

— Tu me laisses rentrer ?

Il a son petit sourire en coin qui me fait craquer. Je lui fais signe de rentrer, il s’installe sur mon canapé.

— Viens par ici.

Je m’assois près de lui et pose ma tête sur son torse. Je commence à déboutonner sa chemise. Il m’arrête en me prenant le poignet. — Je croyais que ça n’allais pas ?

— Justement, j’ai besoin de réconfort.

Je vais pour continuer mais il m’en empêche.

— Dis-moi d’abord ce qui ne va pas, Emi.

— C’est Mika. Il m’a embrassée ce soir.

— Il a tenté de t’embrasser ou il t’a embrassé ? — Hein ?

— C’est deux choses différentes.

Il se lève, agacé.

— Je n’ai pas vraiment eu le temps de réagir, je l’ai repoussé tout de suite. — Tu n’a pas vu qu’il allait t’embrasser ?

Là c’est sûr, il est énervé.

— Attends, c’est quoi le problème ? Je croyais que j’avais le droit de faire ce que je voulais !

— Le problème est que tu le cherches, à aucun moment tu lui as montré que ce n’était pas possible !

— Je le cherche ?

— Tu le prends par le bras, tu lui fais des câlins… Tu crois qu’il se dit quoi lui ?

Je sens que notre conversation vire à la dispute et je n’ai pas du tout envie de ça. Pas maintenant. Pas avec lui. En plus je sais qu’il a raison au fond. Je lui demande calmement, en souriant :

— Serais-tu jaloux ?

Il éclate de rire.

— Moi, jaloux ? Emilie, je te dis uniquement ce que je pense. Il n’y a aucune jalousie.

— Très bien, alors laisse tomber.

Je suis vexée de sa réponse. J’aurais aimé qu’il le soit. — Bon écoute, ne t’inquiètes pas. Il s’en remettra. Mais à l’avenir, essaie de faire attention quand tu vois qu’un mec a le béguin pour toi. — Je ne veux pas perdre son amitié.

— Ça, c’est le problème de l’amitié entre une femme et un homme, ce n’est pas possible.

— Tu ne crois pas en l’amitié entre un homme et une femme ? — Absolument pas.

Il se rassoit sur le canapé l’air amusé. Ouf, il est calmé. — Tu n’a donc pas d’amies femmes ?

— Uniquement toi et regarde comment ça finit. Il sourit largement et je lui rends son beau sourire. — Jamais eu de meilleure amie ?

— Si bien sûr. Mon ex petite amie. C’était ma meilleure amie. Ma prochaine meilleure amie sera ma femme.

Ce qu’il vient de dire parait absurde mais je trouve ça magnifique et le fixe quelques secondes avec de grands yeux.

— Qu’est-ce qu’il y a Emi ?

— Rien… J’aime ta façon de penser parfois.

Il s’approche de moi, pose sa main sur ma joue et me murmure à l’oreille : — Tu aimes quoi d’autre ?

— Je vais te montrer…

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